L'eau
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le corps de l'infortuné d'une rive à l'autre du Styx, le
fleuve qui sépare notre monde de celui des enfers.
Pour les croyants, la fête de l'Épiphanie représente
cette union du Ciel et de la Terre. Quand Jésus vient se
faire baptiser dans l'eau du Jourdain, Jean le Baptiste
commence par refuser, prétextant que le fils de Dieu n'a
pas besoin de baptême. Puis il finit par céder devant son
insistance. En s'unissant aux eaux du fleuve, Jésus
apportait au monde des vibrations cosmiques exceptionnellement élevées pour le bienfait de toute l'humanité.
Ce geste fort de la sacralisation de l'eau se trouve bien
évidemment dans la tradition celtique. Cet élément était
largement divinisé et les entités concernées portaient des
noms divers suivant les circonstances. En voici un
aperçu:
- Sirona : déesse des eaux, associée à la Lune et à
Vénus.
- Damona, déesse des eaux guérisseuses, tout comme
Épona dont on a retrouvé une des rares représentations anthropomorphiques dans le village thermal
de Néris-les-Bains en Auvergne.
- Sequana, déesse des eaux, a donné son nom à la
Seine, comme Matrona l'a donné à la Marne.
- Suéta : déesse de la victoire et des eaux bouillonnantes ou jaillissantes.
- Urnia: patronne des sources, etc.
Ce foisonnement dans l'invisible que percevaient nos
ancêtres peut nous amener à nous interroger sur la
richesse de leur spiritualité.
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