(Krukowski) soit donnée et qu'un numéro y soit accolé pour inventaire ou études
quantitatives, c'est affaire de convention. Mais l'observation, la
reconnaissance
technologique de
la pièce, elle, ne peut être un choix, elle est immuable et reste la
démarche fondamentale.
On peut donc parler d'une lecture objective puisqu'elle est
identique pour tous les observateurs.
1. Observatio n de s état s d e surfac e
Toute lecture de pièce doit donc commencer par l'examen attentif du ou des
états de surface, en gardant bien en mémoire que nous entendons :
- par cortex, une surface naturelle;
- par patine, l'altération d'une surface taillée [ou utilisée) intentionnellement;
- par néocortex, une surface du cortex originel modifiée par des causes naturelles,
par exemple un transport fluviatile. Le néocortex est donc le témoin d'une position
secondaire de la matière première.
Pour une étude technologique, après tri des pièces qui ne présentent que des
surfaces corticales, l'examen concerne la totalité de l'apparence de l'outil tel qu'il nous
est parvenu. Les marques indélébiles de ses aventures doivent être déchiffrées
chronologiquement.
Exemple : un nucléus possède des négatifs d'enlèvements aux arêtes et nervures
fraîches, d'autres émoussées, striées, évoquant le charriage fluviatile. Ce nucléus porte
plusieurs informations, il a été nucléus "actif, puis roulé, puis ramassé hors de son
point d'abandon, enfin à nouveau débité avant d'être abandonné définitivement. On
connaît même certains outils qui ont subi trois séries de retouches avec chacune une
patine différente.
Si cela s'avère nécessaire, un deuxième tri est opéré qui met de côté les
"pseudo-outils", dont les pièges les plus fréquents sont, entre autres, les pseudo-bifaces
ou galets "taillés" par gélifraction ou amplitude de température et d'humidité (ce dernier
cas est fréquent en milieu désertique) ; les galets "taillés" par les vagues ou par la pression
des glaciers; les pièces, parfois préhistoriques, concassées par la cryoturbation ou les
engins mécaniques ("denticulés", "grattoirs", "raclettes", "perçoirs", etc.).
Pour tout matériel étudié, il est donc absolument nécessaire de connaître les
conditions "physiques" exactes des gisements :
- site de surface;
- site enterré;
- épaisseur et lithologie de la couche elle-même ;
- pendage;
- origine des éléments (volcanique, métamorphique, sédimentaire - éolienne,
fluviatile-, glaciaire);
- pied de falaise, dépôt de pente, etc.
N'oublions pas que, même dans une zone d'habitat, le piétinement est loin d'être
négligeable; il peut devenir très important par exemple autour d'une source où des
animaux sont venus s'abreuver.
Dans tous les cas l'accumulation des observations est essentielle.
2. Exemple s d'état s d e surfac e
Loin d'être exhaustifs, ces exemples sont donnés à seul titre indicatif.
2.1. Altération s naturelle s
• Le cortex fait partie intégrante de la matière première sous sa forme naturelle
avant toute taille. Par sa présence ou son absence sur les éclats, il renseigne sur la
gestion et l'origine de la matière première.
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