• La patine,
due à des interactions physiques et chimiques, consiste en des
modifications très diverses de la surface, sans en changer notablement la morphologie :
changement de couleur avec ou sans modification du grain de la texture, soit uniquement
en surface (voile), soit profondément, parfois jusqu'au cœur de la pièce qui peut alors
être considérablement plus légère. Les agents sont si nombreux, si divers, même dans
une seule couche, et leur étude est si complexe, qu'aucune classification chronologique
fondée sur la patine n'a encore abouti, y compris dans un même site.
• Le lustre éolien est moins brillant que le lustre dû au brassage du sable dans
les griffons des sources artésiennes. L'un comme l'autre peuvent "user" un silex jusqu'à
en modifier notablement sa morphologie et même jusqu'à oblitérer toute trace de taille.
• Les actions thermiques
sont essentiellement : la gélifraction qui peut aller de
simples fissures à des cupules ou même à un fractionnement total; les variations de
température qui, combinées à celles de l'humidité ambiante donnent sensiblement les
mêmes résultats (fig. 35); l'action accidentelle du feu qui donne des cupules, des surfaces
chagrinées imitant parfois des retouches sur un bord, ou encore des fractures franches,
accompagnées de modifications de couleur et de brillance pour les objets lithiques ayant
été chauffés à une température supérieure à 250°. Ces traces pourront être les seuls
témoignages d'un incendie ou d'un "foyer".
2.2. Engin s mécanique s
De la charrue au bulldozer, les interventions humaines actuelles couvrent des
superficies de plus en plus considérables et intéressent des couches de plus en plus
profondes, aussi les pièces lithiques défigurées par les actions mécaniques d'un métal
imitant souvent des retouches sont-elles de plus en plus abondantes. Heureusement ces
pièces sont rarement exemptes de points ou de trainées de rouille et les multiples patines
permettent le plus souvent de les déceler.
2.3. Altération s due s à de s action s humaine s intentionnelle s
Les stigmates laissées par le feu peuvent être les mêmes, que la chauffe soit
intentionnelle ou accidentelle. Une fois encore l'ordre chronologique des faits nous
guide : devant une systématisation ou une grande fréquence de pièces chauffées puis
retouchées, les présomptions sont fortes d'un traitement thermique. Mais les exemples
existent de pièces chauffées accidentellement, en raison de leur présence fortuite à côté
ou sous des foyers, puis ramassées, comme pour les outils à double patine. Elles ont pu
alors servir de nucléus ou de support à un outil.
La chauffe intentionnelle des roches siliceuses afin d'améliorer leur aptitude à
la taille par pression ne se reconnaît - actuellement - que grâce au lustre d'aspect
"graisseux" visible seulement sur la partie retouchée après le traitement thermique
(fig. 59).
Certaines altérations peuvent correspondre à des procédés techniques, comme
l'émoussé d'un bord de plan de frappe (voir p. 24), le piquetage ou le poli d'un plan
de pression ou d'une surface de débitage d'un nucléus, ou même du bord d'un biface
pendant son façonnage. Un émoussé peut aussi être obtenu en vue de supprimer le
caractère tranchant d'un bord de pièce bifaciale comme c'est fréquent en Amérique du
Nord.
D'autres altérations enfin entrent dans la catégorie des traces d'utilisation, comme
les lustres et les polis d'usage, ou les émoussés de certains burins du Paléolithique supérieur.
2.4. Ajout s
Il faut garder présent à l'esprit que bois, gomme, bitume, cuir, colorant, s'ils ne
sont pas toujours visibles à l'œil, sont décelables et analysables grâce à des
microprélèvements (fig. 51). D'autre part ils ont pu subsister assez longtemps pour
permettre une patine différentielle, comme dans le cas de certains emmanchements.
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due à des interactions physiques et chimiques, consiste en des
modifications très diverses de la surface, sans en changer notablement la morphologie :
changement de couleur avec ou sans modification du grain de la texture, soit uniquement
en surface (voile), soit profondément, parfois jusqu'au cœur de la pièce qui peut alors
être considérablement plus légère. Les agents sont si nombreux, si divers, même dans
une seule couche, et leur étude est si complexe, qu'aucune classification chronologique
fondée sur la patine n'a encore abouti, y compris dans un même site.
• Le lustre éolien est moins brillant que le lustre dû au brassage du sable dans
les griffons des sources artésiennes. L'un comme l'autre peuvent "user" un silex jusqu'à
en modifier notablement sa morphologie et même jusqu'à oblitérer toute trace de taille.
• Les actions thermiques
sont essentiellement : la gélifraction qui peut aller de
simples fissures à des cupules ou même à un fractionnement total; les variations de
température qui, combinées à celles de l'humidité ambiante donnent sensiblement les
mêmes résultats (fig. 35); l'action accidentelle du feu qui donne des cupules, des surfaces
chagrinées imitant parfois des retouches sur un bord, ou encore des fractures franches,
accompagnées de modifications de couleur et de brillance pour les objets lithiques ayant
été chauffés à une température supérieure à 250°. Ces traces pourront être les seuls
témoignages d'un incendie ou d'un "foyer".
2.2. Engin s mécanique s
De la charrue au bulldozer, les interventions humaines actuelles couvrent des
superficies de plus en plus considérables et intéressent des couches de plus en plus
profondes, aussi les pièces lithiques défigurées par les actions mécaniques d'un métal
imitant souvent des retouches sont-elles de plus en plus abondantes. Heureusement ces
pièces sont rarement exemptes de points ou de trainées de rouille et les multiples patines
permettent le plus souvent de les déceler.
2.3. Altération s due s à de s action s humaine s intentionnelle s
Les stigmates laissées par le feu peuvent être les mêmes, que la chauffe soit
intentionnelle ou accidentelle. Une fois encore l'ordre chronologique des faits nous
guide : devant une systématisation ou une grande fréquence de pièces chauffées puis
retouchées, les présomptions sont fortes d'un traitement thermique. Mais les exemples
existent de pièces chauffées accidentellement, en raison de leur présence fortuite à côté
ou sous des foyers, puis ramassées, comme pour les outils à double patine. Elles ont pu
alors servir de nucléus ou de support à un outil.
La chauffe intentionnelle des roches siliceuses afin d'améliorer leur aptitude à
la taille par pression ne se reconnaît - actuellement - que grâce au lustre d'aspect
"graisseux" visible seulement sur la partie retouchée après le traitement thermique
(fig. 59).
Certaines altérations peuvent correspondre à des procédés techniques, comme
l'émoussé d'un bord de plan de frappe (voir p. 24), le piquetage ou le poli d'un plan
de pression ou d'une surface de débitage d'un nucléus, ou même du bord d'un biface
pendant son façonnage. Un émoussé peut aussi être obtenu en vue de supprimer le
caractère tranchant d'un bord de pièce bifaciale comme c'est fréquent en Amérique du
Nord.
D'autres altérations enfin entrent dans la catégorie des traces d'utilisation, comme
les lustres et les polis d'usage, ou les émoussés de certains burins du Paléolithique supérieur.
2.4. Ajout s
Il faut garder présent à l'esprit que bois, gomme, bitume, cuir, colorant, s'ils ne
sont pas toujours visibles à l'œil, sont décelables et analysables grâce à des
microprélèvements (fig. 51). D'autre part ils ont pu subsister assez longtemps pour
permettre une patine différentielle, comme dans le cas de certains emmanchements.
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