particulièrement d'une (ou plusieurs) "arête", par enlèvements presque toujours bifaciaux,
appelée crête. Cependant des morphologies naturelles de la matière première peuvent
permettre un débitage laminaire grâce à une partie corticale à convexité adéquate, comme
dans certaines chaînes opératoires de l'Aurignacien par exemple.
La crête facilite le débitage de la première lame qui file le long du dièdre grossier
formé par les deux séries d'enlèvements (fig. 61 : 1 et 2). Cette lame à crête a donc
toujours une section triangulaire (fig. 61 : 2). Néanmoins, si la matière première s'y prête
comme par exemple pour certaines plaquettes, il n'y a pas nécessité de préparation, la
lame d'entame est dénommée crête naturelle.
Si la préparation n'intéresse qu'un seul
versant la crête est dénommée crête à un versant préparé
(fig. 61 : 6b).
Une fois ôtée, la lame à crête crée deux nervures le long desquelles le débitage
peut se poursuivre. Les lames suivantes peuvent encore porter des négatifs d'enlèvements
de la mise en forme de la crête (fig. 61 : 3b et 4b). Il est loisible, et cela guide le
débitage, de faire cette crête plus ou moins longue, plus ou moins courbe, plus ou moins
soignée selon les besoins. Si, au cours du débitage, une partie de nucléus ne permet
plus un débitage assuré, il est possible de resculpter, de remettre en forme le nucléus,
souvent grâce à une crête créée par des enlèvements partant d'un négatif de lame
précédente (fig. 61 : 5).
On peut préformer un nucléus grâce à une, deux ou même trois crêtes. Il est
concevable de préparer un nucléus à l'aide de quatre crêtes
68 . Si toutes les crêtes
participent à la mise en forme du volume du nucléus, seules certaines sont destinées à
être des crêtes "d'entame". Celles-ci sont donc un stade essentiel dans le débitage des
lames. Ces dernières sont d'autant plus régulières (et ce d'autant plus tôt dans le
déroulement du débitage) que la (ou les) crête a été soigneusement préparée. Une remise
en forme, en cours de débitage, peut aussi être obtenue par la taille d'une crête.
La "lame à crête" fait partie des éclats caractéristiques d'une chaîne opératoire.
Le plan de frappe ou de pression
Le débitage de lames s'effectue toujours en partant d'un (ou plusieurs) plan de
frappe ou de pression, cortical, lisse ou préparé. A tous les types de plans de frappe ou
de pression peut s'appliquer l'abrasion de la corniche qui est un procédé de préparation :
il est indispensable de ne pas confondre l'abrasion de la corniche avec une éventuelle
trace d'utilisation.
Débitage d e lame s pa r percussio n
Le détachement des lames par percussion directe ou indirecte est obtenu au
percuteur à la pierre ou au percuteur tendre.
Dans la méthode de débitage laminaire par percussion, telle qu'elle est pratiquée
dans de nombreuses industries du Paléolithique supérieur, le volume du nucléus est
préparé afin de permettre son exploitation totale, les longueurs maximum des produits
laminaires sont fonction du volume initial de la matière première et iront en décroissant
jusqu'à son épuisement selon les dimensions des produits désirés.
Pour l'obtention en série de lames (ou de lamelles) certaines règles (retrouvées
par les expérimentateurs) se sont imposées aux tailleurs préhistoriques.
Ces règles tendent à :
- assurer une morphologie adéquate du bord du plan de frappe pour de courtes
séries (2, 3 lames), voire pour chaque lame, à l'aide de différents procédés techniques
qui souvent signent des traditions culturelles ;
- maintenir pour chaque enlèvement de lame une morphologie du nucléus (par
cintrage et carénage), et un parallélisme relatif des nervures, permettant chaque fois le
déroulement du débitage.
68 Crabtree , 1968.
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