La maîtrise d'un débitage de lames passe par le contrôle des parties distales, qui
ne doivent pas être réfléchies (sous peine de ne pouvoir, très vite, continuer le débitage),
et des courbures longitudinales (carénage), selon le produit recherché.
Si une certaine courbure distale du support est soit recherchée - pour retoucher
un grattoir par exemple -, soit indifférente, on entretient la morphologie opposée au plan
de frappe par la création d'un deuxième plan de frappe. Ce plan de frappe "opposé" est
destiné à corriger les défauts, très souvent des négatifs de réfléchissements, par des
enlèvements de rectification. Il y a donc lieu de distinguer ce deuxième plan de frappe
accessoire du véritable plan de frappe de débitage des lames.
Si les lames recherchées sont voulues plus rectilignes, on crée alors deux plans
de frappe opposés, tous deux opérationnels pour le débitage de lames. On les utilise
alors alternativement pour de courtes séries, afin que les terminaisons distales se
chevauchent, créant ainsi des surfaces de débitage très peu convexes, comme dans les
nucléus du Périgordien supérieur (fig. 29 : 2) ou dans les nucléus naviformes du
Proche-Orient.
Il faut aussi garder en mémoire qu'un débitage systématique, enchaîné, de lames
ne peut être obtenu que si le cintrage (convexité transversale perpendiculaire aux
nervures) est bien marqué. On ne peut, en effet, débiter de lames si la surface de débitage
est devenue trop plate. De même la convexité des parties distales des nervures (carène)
doit être maintenue par le débitage lui-même, soit entretenue par des enlèvements à
l'opposé du plan de frappe principal. Cela impose, en temps voulu, des enlèvements de
lames dans les parties des surfaces de débitage adjacentes aux "flancs" (préparés ou
corticaux) du nucléus.
Percussion directe au percuteur de pierre
C'est évidemment la plus ancienne technique connue, vers 100000 ans, dans des
contextes du Paléolithique moyen avec des plans de frappe préparés. Cette technique
existe ensuite, dans l'Azilien européen par exemple, le plus souvent avec des plans de
frappe lisses, et dans des industries beaucoup plus récentes : c'est au percuteur dur que
de grandes lames (30 cm) ont été débitées sur obsidienne au Mexique septentrional et
en Ethiopie. Les stigmates sont les mêmes que pour les éclats : talon relativement grand
(même s'il y a enlèvement du surplomb dû aux contre-bulbes), point d'impact, bulbe et
esquillements presque toujours bien marqués.
Il faut tenir compte des différentes duretés de la pierre qui laissent des stigmates
désormais reconnaissables sur les produits
69 . Le débitage à la pierre tendre est une
technique qui semble s'être développée à la fin du Paléolithique supérieur en Europe;
elle semble aussi concerner le débitage naviforme du Levant.
Percussion directe au percuteur tendre
Cette technique, qui domine au Paléolithique supérieur donne, à l'instar des éclats,
des talons réduits, avec un angle d'éclatement toujours largement supérieur à 90°, et un
bulbe diffus. La percussion directe au percuteur tendre est très fréquemment accompagnée
d'une abrasion de la corniche, quel que soit le procédé technique : saillie par préparation
sur la surface de débitage, contre-bulbe(s) sur le plan de frappe par des ravivages
localisés, voire éperons. L'importance de ces procédés dépend de la nature des produits
recherchés, surtout si de grandes dimensions sont désirées.
Conformément aux débitages expérimentaux et en l'état actuel des connaissances,
les plus grandes lames préhistoriques en silex obtenues par percussion ont plus de 50 cm
alors que celles obtenues par pression n'atteignent pas 20 cm. Toutefois pour les périodes
récentes l'utilisation du levier est à envisager lorsqu'il s'agit de lames de très grande
longueur, surtout lorsqu'elles sont très régulières (p. 32).
69 Crabtree, 1972; Madsen, 1983; Pelegrin, 1991a.
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ne doivent pas être réfléchies (sous peine de ne pouvoir, très vite, continuer le débitage),
et des courbures longitudinales (carénage), selon le produit recherché.
Si une certaine courbure distale du support est soit recherchée - pour retoucher
un grattoir par exemple -, soit indifférente, on entretient la morphologie opposée au plan
de frappe par la création d'un deuxième plan de frappe. Ce plan de frappe "opposé" est
destiné à corriger les défauts, très souvent des négatifs de réfléchissements, par des
enlèvements de rectification. Il y a donc lieu de distinguer ce deuxième plan de frappe
accessoire du véritable plan de frappe de débitage des lames.
Si les lames recherchées sont voulues plus rectilignes, on crée alors deux plans
de frappe opposés, tous deux opérationnels pour le débitage de lames. On les utilise
alors alternativement pour de courtes séries, afin que les terminaisons distales se
chevauchent, créant ainsi des surfaces de débitage très peu convexes, comme dans les
nucléus du Périgordien supérieur (fig. 29 : 2) ou dans les nucléus naviformes du
Proche-Orient.
Il faut aussi garder en mémoire qu'un débitage systématique, enchaîné, de lames
ne peut être obtenu que si le cintrage (convexité transversale perpendiculaire aux
nervures) est bien marqué. On ne peut, en effet, débiter de lames si la surface de débitage
est devenue trop plate. De même la convexité des parties distales des nervures (carène)
doit être maintenue par le débitage lui-même, soit entretenue par des enlèvements à
l'opposé du plan de frappe principal. Cela impose, en temps voulu, des enlèvements de
lames dans les parties des surfaces de débitage adjacentes aux "flancs" (préparés ou
corticaux) du nucléus.
Percussion directe au percuteur de pierre
C'est évidemment la plus ancienne technique connue, vers 100000 ans, dans des
contextes du Paléolithique moyen avec des plans de frappe préparés. Cette technique
existe ensuite, dans l'Azilien européen par exemple, le plus souvent avec des plans de
frappe lisses, et dans des industries beaucoup plus récentes : c'est au percuteur dur que
de grandes lames (30 cm) ont été débitées sur obsidienne au Mexique septentrional et
en Ethiopie. Les stigmates sont les mêmes que pour les éclats : talon relativement grand
(même s'il y a enlèvement du surplomb dû aux contre-bulbes), point d'impact, bulbe et
esquillements presque toujours bien marqués.
Il faut tenir compte des différentes duretés de la pierre qui laissent des stigmates
désormais reconnaissables sur les produits
69 . Le débitage à la pierre tendre est une
technique qui semble s'être développée à la fin du Paléolithique supérieur en Europe;
elle semble aussi concerner le débitage naviforme du Levant.
Percussion directe au percuteur tendre
Cette technique, qui domine au Paléolithique supérieur donne, à l'instar des éclats,
des talons réduits, avec un angle d'éclatement toujours largement supérieur à 90°, et un
bulbe diffus. La percussion directe au percuteur tendre est très fréquemment accompagnée
d'une abrasion de la corniche, quel que soit le procédé technique : saillie par préparation
sur la surface de débitage, contre-bulbe(s) sur le plan de frappe par des ravivages
localisés, voire éperons. L'importance de ces procédés dépend de la nature des produits
recherchés, surtout si de grandes dimensions sont désirées.
Conformément aux débitages expérimentaux et en l'état actuel des connaissances,
les plus grandes lames préhistoriques en silex obtenues par percussion ont plus de 50 cm
alors que celles obtenues par pression n'atteignent pas 20 cm. Toutefois pour les périodes
récentes l'utilisation du levier est à envisager lorsqu'il s'agit de lames de très grande
longueur, surtout lorsqu'elles sont très régulières (p. 32).
69 Crabtree, 1972; Madsen, 1983; Pelegrin, 1991a.
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