sont apparemment locales. Il est en effet important de déchiffrer les attitudes des
préhistoriques face aux matériaux indispensables à leur survie : la pierre, quelles que
soient sa nature et sa position dans le contexte géologique, en est un, car elle a, de plus,
le privilège d'être quasi impérissable.
On a aussi trop affirmé, sans réellement le démontrer l'assertion suivante : plus
l'homme évolue, plus il choisit, sélectionne, transporte, moins il se laisse dominer par
les contraintes de son environnement. Cette proposition est globalement vraie sur le plan
des tendances, mais elle reste à préciser pour chaque période, chaque région, chaque
site, en considérant un nombre (croissant) de paramètres qui doivent notamment nous
éclairer sur les stratégies d'acquisition des
matières premières.
Les questions essentielles qui sont un préalable à toute étude sur les
comportements sociaux et économiques relèvent d'une part de l'environnement naturel,
d'autre part des besoins de la culture étudiée.
• L'identification des gîtes et la reconnaissance de la morphologie du paysage
dont dépendent les voies de circulation appartiennent au domaine des sciences de la
terre. Les réflexions suivantes permettent plus spécifiquement d'éliminer des contraintes
liées à l'environnement et par conséquent de préciser les choix :
- comment se présente la matière première, est-elle rare, ou au contraire
abondante ?
- existe-t-il une seule ou plusieurs variétés?
- est-elle aisément accessible et/ou facile à se procurer, ou au contraire difficile
d'accès et d'extraction?
- de quelle qualité est-elle, sous quelle forme et selon quelles dimensions se
présente-t-elle ?
- quelles furent les possibilités de transport?
• L'homme préhistorique a des tâches à accomplir, des besoins à satisfaire, des
compétences techniques qui ont leurs limites, une tradition culturelle à respecter, qui
peuvent s'exprimer aussi sous forme de préférences ou de contraintes. L'analyse des
stratégies d'acquisitions des matières premières, au travers de l'étude des assemblages
lithiques, doit permettre d'expliquer des traits spécifiquement culturels.
Les problèmes posés, apparemment simples, entraînent des réponses multiples,
voire complexes, de nombreuses combinaisons et des hypothèses à large éventail. Nous
nous limitons à trois problèmes incontournables.
1. Origin e de s matière s première s
Dans une même région, les gîtes peuvent être multiples et variés (coupes
naturelles, pointements, filons, dépôts de pente, cônes de déjection, coulées volcaniques,
terrasses fluviátiles, moraines, dépôts marins, etc.). Il ne faut pas non plus oublier que
l'accessibilité des matières premières a pu varier selon les époques en fonction des
modifications du paysage géologique.
Situer les gîtes en assurant un relevé précis permet d'apprécier les territoires
d'approvisionnement lithique de chaque palethnie. Il s'agit ensuite d'identifier les modes
d'approvisionnement (ramassage, prélèvement à l'affleurement, extraction dans des
mines, etc.).
2. Disponibilit é prè s de s site s
La présence ou l'absence de roches dures taillables à proximité des gisements
préhistoriques est à elle seule une donnée primordiale déjà très complexe.
L'absence de toute roche dure taillable est rare, mais sa présence, accessible aux
hommes préhistoriques, offre de nombreuses interprétations qui engagent obligatoirement
les dimensions et parfois la morphologie des outils réalisés.
Cependant l'alternative la plus fréquente est la suivante.
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