• Roches dures présentes sous un gabarit permettant d'obtenir tous les supports
désirés (lames, lamelles, pièces de grandes dimensions...).
Corollaire : le gisement correspond-il à une occupation liée à la richesse des
gîtes ? La réponse est aisée si le gisement est bien uniquement un atelier de taille, elle
est malaisée si le gisement est composé d'ateliers et d'habitats.
• Roches présentes sous une forme utilisable pour des morphologies précises
d'outils, ou nature de la matière première satisfaisante pour certains types d'outils
seulement : il est fréquent que dans une même région la matière première ait été exploitée
différemment selon les groupes qui se sont succédés.
Exemple : au Ténéré, à l'Adrar Bous (Niger), des civilisations distantes dans le
temps ont occupé le même emplacement géographique; les Atériens ont beaucoup plus
utilisé la roche locale (microgrenue, gris foncé) que les néolithiques qui ont recherché
les gîtes naturels de la fameuse "roche verte" (dacite); or ces gîtes sont distants de
plusieurs dizaines de kilomètres de la plupart des sites d'habitat néolithiques. Dans ce
dernier cas, l'explication technique peut être retenue, la roche verte utilisée par les
néolithiques pour leurs armatures de chasse se prêtant bien à la retouche bifaciale.
La modification du paysage, l'altération des roches disponibles, sont peut-être la
raison de cette différence, qui peut aussi traduire des traditions qu'il convient d'établir
en prenant en compte toutes les contraintes naturelles décelables.
3. Acheminemen t a u campemen t
Une voie de recherche, pressentie depuis longtemps mais en plein essor depuis
peu, a trait à l'acheminement au campement de la matière première. Il y a lieu, dans
un premier temps, de mesurer les contraintes imposées par les sources
d'approvisionnement elles-mêmes, en termes d'accessibilité, de facilité d'extraction et
de possibilité de transport. Devant des nucléus sur éclat, se poser d'abord le problème
de l'existence d'une matière première sous une forme naturelle intransportable avant
d'en déduire qu'il s'agit d'un fait culturel.
Ensuite on recherchera la forme sous laquelle la matière première a circulé : les
blocs bruts ont-ils été amenés tels quels ou y a-t-il eu seulement un premier
dégrossissage? Les préformes et/ou les nucléus mis en forme ont-ils été taillés sur le
lieu d'approvisionnement? Les outils ont-ils été fabriqués sur place ou tout au long
d'étapes intermédiaires?
Les éléments de réponses à ces questions peuvent se déduire de l'observation
technologique : observation raisonnée des proportions des surfaces corticales,
dénombrement comparé des déchets caractéristiques de débitage et de taille bifaciale, et
surtout pratique des remontages (ch. 6).
Il y a de nombreuses façons de concevoir théoriquement l'apport au campement
de la matière première; nous en retenons quatre (fig. 3) :
A - la matière est apportée au campement sous forme brute ou très peu modifiée
(testée par un ou très peu d'enlèvements);
B - la matière première est apportée au campement sous forme de nucléus
seulement mis en forme (non débités) et/ou de pièces bifaciales préformées inachevées ;
C - seuls les produits de débitage bruts, et/ou les préformes de pièces bifaciales
sont apportés au campement;
D - seuls les outils, retouchés ou non, et les pièces bifaciales achevées sont
apportées au campement.
Chacun de ces cas, chacune de ces stratégies, peuvent être décelés quand les
conditions s'y prêtent; ils peuvent être plausiblement supposés dans presque tous les cas
de fouille importante. Il s'agit simplement de constater la présence à bon nombre
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