• Il y a une certaine indépendance entre les dimensions du "grain" d'une roche
et son aptitude à être taillée : certains quartzites à gros grains permettent de tailler des
pièces foliacées.
• Une matière première qui permet d'obtenir de belles et grandes lames par
percussion autorise toutes les formes possibles par percussion.
• Plus une roche est élastique, mieux elle permet le débitage par pression, le
meilleur exemple étant l'obsidienne.
2.2. Traitemen t pa r l a chaleu r
Si la majorité des roches ont été exploitées telles que la nature les a livrées, les
préhistoriens reconnaissent désormais un nombre croissant de cas où les préhistoriques
les ont chauffées afin d'améliorer leur aptitude à la taille.
Longtemps considérée comme une invention des Solutréens que n'adopteront pas,
semble-t-il, les cultures du Paléolithique supérieur leur succédant, la chauffe a d'abord
été reconnue sur les pièces retouchées par pression. L'expérimentation a montré, de
manière empirique, que sur certaines roches siliceuses, la retouche par pression était
manifestement facilitée par le traitement par la chaleur : la retouche par pression sur
silex chauffé "file" beaucoup mieux que sur un silex non traité alors que le quartzite,
le jaspe, la dacite, etc. ne sont pas (ou peu) concernés par ce procédé
20 . Il y a quelques
années, ce traitement a été mis en évidence dans le débitage par pression, tout d'abord
dans les cultures néolithiques
21 mais aussi dès le Paléolithique supérieur dans les cultures
sibériennes pratiquant cette technique de débitage
22 . Jusqu'à présent, seules des lamelles
ont été obtenues après chauffe ; aucune lame, aucun nucléus à lames chauffés n'ont encore
été observés.
Comme pour le débitage par pression, c'est à D. Crabtree que nous devons la
reconnaissance de cette technique
23
qui consiste à porter des roches siliceuses, comme
le silex, le "chert" et les calcédoines à des températures allant de 250° à 350°. Cet
expérimentateur exposera et démontrera différents types de retouches obtenus par pression
sur des roches siliceuses chauffées au préalable, lors du Congrès de Technologie lithique
(Les Eyzies, 1964)
24 . Seuls les "préhistoriens-tailleurs" se passionneront pour ce travail
et F. Bordes
25
reviendra sur ce sujet dès 1969.
Les exemples modernes, comme à Khambhat dans le Gujarat (Inde)
26 , ainsi que
les travaux expérimentaux, ont montré qu'une chauffe efficace dépendait d'une montée
et surtout d'un refroidissement très progressifs. Le principe actuel, encore en usage en
Inde et au Yémen uniquement pour le traitement des calcédoines, est facilement
envisageable pour les périodes anciennes. Il consiste à introduire des roches, déjà taillées
ou non, dans de la cendre, de mettre le feu à un combustible (sciure ou charbon de
bois, excréments d'animaux, etc.) placé au-dessus, de le laisser se consumer plusieurs
heures et de ne retirer les roches qu'après refroidissement complet. Cette opération dure
environ 24 heures. On peut réaliser la difficulté de retrouver dans les sites archéologiques
des foyers ayant servi à la chauffe de roches siliceuses, celle-ci pouvant être effectuée
efficacement dans des foyers à multiples fonctions, comme peut l'être un foyer culinaire.
Pour évaluer l'ampleur de cette technique et son (ou ses) but il est primordial
d'identifier les produits chauffés. Deux critères sont, actuellement, indispensables à cette
identification :
20 Inizan, Roche, Tixier, 1975-76 : cet article faisait pour la première fois le point entre les expérimentations
et les observations archéologiques. Parmi les travaux récents voir notamment Griffiths et al, 1987; Domanski,
Webb, 1992; Borradaile et al, 1993.
21 Binder, 1984; Inizan, Lechevallier, 1985.
22 Flenniken, 1987.
23 Crabtree, Butler, 1964.
24 Smith, 1966a.
25 Bordes, 1969.
26 Posselh, 1981.
24
et son aptitude à être taillée : certains quartzites à gros grains permettent de tailler des
pièces foliacées.
• Une matière première qui permet d'obtenir de belles et grandes lames par
percussion autorise toutes les formes possibles par percussion.
• Plus une roche est élastique, mieux elle permet le débitage par pression, le
meilleur exemple étant l'obsidienne.
2.2. Traitemen t pa r l a chaleu r
Si la majorité des roches ont été exploitées telles que la nature les a livrées, les
préhistoriens reconnaissent désormais un nombre croissant de cas où les préhistoriques
les ont chauffées afin d'améliorer leur aptitude à la taille.
Longtemps considérée comme une invention des Solutréens que n'adopteront pas,
semble-t-il, les cultures du Paléolithique supérieur leur succédant, la chauffe a d'abord
été reconnue sur les pièces retouchées par pression. L'expérimentation a montré, de
manière empirique, que sur certaines roches siliceuses, la retouche par pression était
manifestement facilitée par le traitement par la chaleur : la retouche par pression sur
silex chauffé "file" beaucoup mieux que sur un silex non traité alors que le quartzite,
le jaspe, la dacite, etc. ne sont pas (ou peu) concernés par ce procédé
20 . Il y a quelques
années, ce traitement a été mis en évidence dans le débitage par pression, tout d'abord
dans les cultures néolithiques
21 mais aussi dès le Paléolithique supérieur dans les cultures
sibériennes pratiquant cette technique de débitage
22 . Jusqu'à présent, seules des lamelles
ont été obtenues après chauffe ; aucune lame, aucun nucléus à lames chauffés n'ont encore
été observés.
Comme pour le débitage par pression, c'est à D. Crabtree que nous devons la
reconnaissance de cette technique
23
qui consiste à porter des roches siliceuses, comme
le silex, le "chert" et les calcédoines à des températures allant de 250° à 350°. Cet
expérimentateur exposera et démontrera différents types de retouches obtenus par pression
sur des roches siliceuses chauffées au préalable, lors du Congrès de Technologie lithique
(Les Eyzies, 1964)
24 . Seuls les "préhistoriens-tailleurs" se passionneront pour ce travail
et F. Bordes
25
reviendra sur ce sujet dès 1969.
Les exemples modernes, comme à Khambhat dans le Gujarat (Inde)
26 , ainsi que
les travaux expérimentaux, ont montré qu'une chauffe efficace dépendait d'une montée
et surtout d'un refroidissement très progressifs. Le principe actuel, encore en usage en
Inde et au Yémen uniquement pour le traitement des calcédoines, est facilement
envisageable pour les périodes anciennes. Il consiste à introduire des roches, déjà taillées
ou non, dans de la cendre, de mettre le feu à un combustible (sciure ou charbon de
bois, excréments d'animaux, etc.) placé au-dessus, de le laisser se consumer plusieurs
heures et de ne retirer les roches qu'après refroidissement complet. Cette opération dure
environ 24 heures. On peut réaliser la difficulté de retrouver dans les sites archéologiques
des foyers ayant servi à la chauffe de roches siliceuses, celle-ci pouvant être effectuée
efficacement dans des foyers à multiples fonctions, comme peut l'être un foyer culinaire.
Pour évaluer l'ampleur de cette technique et son (ou ses) but il est primordial
d'identifier les produits chauffés. Deux critères sont, actuellement, indispensables à cette
identification :
20 Inizan, Roche, Tixier, 1975-76 : cet article faisait pour la première fois le point entre les expérimentations
et les observations archéologiques. Parmi les travaux récents voir notamment Griffiths et al, 1987; Domanski,
Webb, 1992; Borradaile et al, 1993.
21 Binder, 1984; Inizan, Lechevallier, 1985.
22 Flenniken, 1987.
23 Crabtree, Butler, 1964.
24 Smith, 1966a.
25 Bordes, 1969.
26 Posselh, 1981.
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