tels schémas, il est nécessaire de capter toute cette information et de dégager les
régularités
16 d'abord à l'intérieur d'un assemblage puis dans les ensembles comparables.
En effet, sans l'observation répétée de phénomènes, de faits semblables, l'archéologue
est privé de comparaisons et reste confiné dans l'anecdote.
• La technologie a aussi pour vocation l'étude des relations du système technique
avec les phénomènes socio-économiques. C'est l'une des voies les plus fructueuses,
actuellement en plein essor, pour aborder les modes de vie préhistoriques.
L'industrie lithique peut s'étudier en termes d'économie. Par économie, nous
entendons une gestion différentielle de la matière première, des supports, des outils. Par
exemple, si dans un gisement, plusieurs matières premières ont été collectées et que les
différents types d'outils ont été indifféremment fabriqués sur n'importe quelle matière,
on ne parle pas d'économie de la matière première. En revanche, s'il est possible de
mettre en évidence des choix, on peut parler d'une économie de la matière première,
du débitage ou de l'outillage, selon les cas. Pour définir ces choix, il est cependant
primordial de s'assurer de la qualité et de la disponibilité d'une matière première : avant
de proposer le microlithisme comme un choix culturel, il est prudent de s'assurer si la
matière première disponible permettait ou non de fabriquer une industrie de plus grande
dimension. Une industrie peut donc être étudiée dans sa totalité en ces termes
techno-économiques, en gardant en mémoire ce qui vient d'être énoncé : les variantes
techniques peuvent correspondre à des choix culturels.
Une lectur e
Elle s'élabore à deux niveaux.
• Un premier niveau d'observation, c'est-à-dire une lecture technique initiale de
chaque objet, du simple éclat ou déchet à l'outil le plus élaboré, quel que soit le contexte
archéologique, afin de pouvoir estimer sa place dans la chaîne opératoire. Cette chaîne,
on l'a vu, ne concerne pas seulement le moment de la fabrication de l'objet mais aussi,
à l'amont, la quête des matières premières, puis son utilisation éventuelle et son rejet,
enfin son histoire totale jusqu'à son analyse.
• Un second niveau d'inférence consiste à interpréter l'interdépendance des objets
dans la chaîne, même s'il manque des maillons : présence et absence ont une signification.
Par exemple, l'absence ou la faible représentation numérique d'éclats corticaux dans un
atelier de taille indique que la matière première a été testée ou dégrossie dans un autre
lieu. Ou encore : un atelier de débitage laminaire peut ne pas comporter de lames ; la
seule présence de produits caractéristiques, comme les nucléus, les crêtes, etc., est
néanmoins suffisante pour définir l'activité et le projet de taille réalisé à cet endroit. Ce
niveau d'inférence doit aussi être mis en relation avec les autres activités techniques
concernées par l'industrie lithique.
La valeur des inférences dépend non seulement de la nature des vestiges livrés
mais aussi de la reconnaissance des techniques et des méthodes, donc de notre propre
maîtrise des chaînes opératoires.
Dans un gisement, il peut n'y avoir qu'une seule chaîne opératoire; il y en a en
général plusieurs, selon que les préhistoriques auront mis en œuvre différentes stratégies,
en fonction d'activités diverses ou d'activités différées dans le temps. Toutes les phases
de chaque chaîne opératoire ne sont pas toujours représentées dans un site ou dans la
surface fouillée d'un site.
Une terminologi e
Le problème d'un langage descriptif uniforme se pose d'emblée. Toute lecture
serait opération stérile si elle n'était suivie d'une expression, d'un échange, d'une
communication avec autrui.
16 Gallay, 1986: 115.
16
régularités
16 d'abord à l'intérieur d'un assemblage puis dans les ensembles comparables.
En effet, sans l'observation répétée de phénomènes, de faits semblables, l'archéologue
est privé de comparaisons et reste confiné dans l'anecdote.
• La technologie a aussi pour vocation l'étude des relations du système technique
avec les phénomènes socio-économiques. C'est l'une des voies les plus fructueuses,
actuellement en plein essor, pour aborder les modes de vie préhistoriques.
L'industrie lithique peut s'étudier en termes d'économie. Par économie, nous
entendons une gestion différentielle de la matière première, des supports, des outils. Par
exemple, si dans un gisement, plusieurs matières premières ont été collectées et que les
différents types d'outils ont été indifféremment fabriqués sur n'importe quelle matière,
on ne parle pas d'économie de la matière première. En revanche, s'il est possible de
mettre en évidence des choix, on peut parler d'une économie de la matière première,
du débitage ou de l'outillage, selon les cas. Pour définir ces choix, il est cependant
primordial de s'assurer de la qualité et de la disponibilité d'une matière première : avant
de proposer le microlithisme comme un choix culturel, il est prudent de s'assurer si la
matière première disponible permettait ou non de fabriquer une industrie de plus grande
dimension. Une industrie peut donc être étudiée dans sa totalité en ces termes
techno-économiques, en gardant en mémoire ce qui vient d'être énoncé : les variantes
techniques peuvent correspondre à des choix culturels.
Une lectur e
Elle s'élabore à deux niveaux.
• Un premier niveau d'observation, c'est-à-dire une lecture technique initiale de
chaque objet, du simple éclat ou déchet à l'outil le plus élaboré, quel que soit le contexte
archéologique, afin de pouvoir estimer sa place dans la chaîne opératoire. Cette chaîne,
on l'a vu, ne concerne pas seulement le moment de la fabrication de l'objet mais aussi,
à l'amont, la quête des matières premières, puis son utilisation éventuelle et son rejet,
enfin son histoire totale jusqu'à son analyse.
• Un second niveau d'inférence consiste à interpréter l'interdépendance des objets
dans la chaîne, même s'il manque des maillons : présence et absence ont une signification.
Par exemple, l'absence ou la faible représentation numérique d'éclats corticaux dans un
atelier de taille indique que la matière première a été testée ou dégrossie dans un autre
lieu. Ou encore : un atelier de débitage laminaire peut ne pas comporter de lames ; la
seule présence de produits caractéristiques, comme les nucléus, les crêtes, etc., est
néanmoins suffisante pour définir l'activité et le projet de taille réalisé à cet endroit. Ce
niveau d'inférence doit aussi être mis en relation avec les autres activités techniques
concernées par l'industrie lithique.
La valeur des inférences dépend non seulement de la nature des vestiges livrés
mais aussi de la reconnaissance des techniques et des méthodes, donc de notre propre
maîtrise des chaînes opératoires.
Dans un gisement, il peut n'y avoir qu'une seule chaîne opératoire; il y en a en
général plusieurs, selon que les préhistoriques auront mis en œuvre différentes stratégies,
en fonction d'activités diverses ou d'activités différées dans le temps. Toutes les phases
de chaque chaîne opératoire ne sont pas toujours représentées dans un site ou dans la
surface fouillée d'un site.
Une terminologi e
Le problème d'un langage descriptif uniforme se pose d'emblée. Toute lecture
serait opération stérile si elle n'était suivie d'une expression, d'un échange, d'une
communication avec autrui.
16 Gallay, 1986: 115.
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