Or nous commençons seulement à exploiter efficacement la notion de système technique
comme moyen d'aborder l'étude des comportements.
Dans cette optique l'industrie lithique taillée peut être étudiée à travers une
combinaison d'éléments identifiables tels que des outils, des matières, des gestes, des
savoir-faire.
Les outils (au sens large), finalité des opérations de taille, sont privilégiés dans
les études typologiques; ils dépendent néanmoins étroitement des matières premières,
des gestes et des savoir-faire.
Les matières premières
appartiennent à un environnement géologique. Selon leur
nature, leur taille est régie par des lois physiques spécifiques. Les matières premières
peuvent être directement transformées ou même subir des modifications de structure (par
la chauffe notamment).
Les gestes sont liés à la psycho-motricité : la main, le corps agissent en fonction
des ordres transmis par le cerveau dans le cadre des capacités motrices de l'être humain.
Les savoir-faire sont
constitués d'habiletés motrices et cognitives qui se
conjuguent avec les connaissances et sont appréciés en termes de compétences et de
performances
15
(voir p. 102). La transmission des savoir-faire passe par l'apprentissage
qui s'effectue à l'intérieur d'un groupe, ce savoir collectif pouvant aussi être transmis
à d'autres groupes. L'analyse des savoir-faire est indispensable pour apprécier un fait
technique dans une culture (ch. 6).
• Une autre notion concerne les projets et leur réalisation. Les activités de taille
sont sous-tendues par des projets plus ou moins élaborés identifiables à partir de la
reconstitution des chaînes opératoires. Dans les opérations de taille le proje t est formé
à partir d'un schém a conceptuel , d'ordre intellectuel, qui est lui-même mis en application
selon une suite d'opérations que l'on nomme schéma(s ) opératoire(s ) d e taille . Au sein
d'une chaîne opératoire, la relation entre schémas conceptuel et opératoire, connaissances
et savoir-faire, techniques et méthodes s'organise de la manière suivante :
PROJET
SCHEMA CONCEPTUEL
connaissances
savoir-faire
habileté (ch. 6)
i t
SCHEMA OPERATOIRE
acquisition de la matière première (ch. 1) méthodes
façonnage (ch. 3) et
débitage (ch. 4) techniques
retouche (ch. 5)
| (ch.
2)
fonctionnement
et fonction
abandon
Dans le débitage laminaire par exemple, il est facile d'identifier le projet du
tailleur préhistorique : fabriquer des supports allongés de telle ou telle morphologie. Or
le tailleur, selon la culture à laquelle il appartient, réalise son projet à l'aide d'un schéma
conceptuel et d'un schéma opératoire de taille spécifique. Pour démontrer l'existence de
15 Pelegrin, 1995.
15
comme moyen d'aborder l'étude des comportements.
Dans cette optique l'industrie lithique taillée peut être étudiée à travers une
combinaison d'éléments identifiables tels que des outils, des matières, des gestes, des
savoir-faire.
Les outils (au sens large), finalité des opérations de taille, sont privilégiés dans
les études typologiques; ils dépendent néanmoins étroitement des matières premières,
des gestes et des savoir-faire.
Les matières premières
appartiennent à un environnement géologique. Selon leur
nature, leur taille est régie par des lois physiques spécifiques. Les matières premières
peuvent être directement transformées ou même subir des modifications de structure (par
la chauffe notamment).
Les gestes sont liés à la psycho-motricité : la main, le corps agissent en fonction
des ordres transmis par le cerveau dans le cadre des capacités motrices de l'être humain.
Les savoir-faire sont
constitués d'habiletés motrices et cognitives qui se
conjuguent avec les connaissances et sont appréciés en termes de compétences et de
performances
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(voir p. 102). La transmission des savoir-faire passe par l'apprentissage
qui s'effectue à l'intérieur d'un groupe, ce savoir collectif pouvant aussi être transmis
à d'autres groupes. L'analyse des savoir-faire est indispensable pour apprécier un fait
technique dans une culture (ch. 6).
• Une autre notion concerne les projets et leur réalisation. Les activités de taille
sont sous-tendues par des projets plus ou moins élaborés identifiables à partir de la
reconstitution des chaînes opératoires. Dans les opérations de taille le proje t est formé
à partir d'un schém a conceptuel , d'ordre intellectuel, qui est lui-même mis en application
selon une suite d'opérations que l'on nomme schéma(s ) opératoire(s ) d e taille . Au sein
d'une chaîne opératoire, la relation entre schémas conceptuel et opératoire, connaissances
et savoir-faire, techniques et méthodes s'organise de la manière suivante :
PROJET
SCHEMA CONCEPTUEL
connaissances
savoir-faire
habileté (ch. 6)
i t
SCHEMA OPERATOIRE
acquisition de la matière première (ch. 1) méthodes
façonnage (ch. 3) et
débitage (ch. 4) techniques
retouche (ch. 5)
| (ch.
2)
fonctionnement
et fonction
abandon
Dans le débitage laminaire par exemple, il est facile d'identifier le projet du
tailleur préhistorique : fabriquer des supports allongés de telle ou telle morphologie. Or
le tailleur, selon la culture à laquelle il appartient, réalise son projet à l'aide d'un schéma
conceptuel et d'un schéma opératoire de taille spécifique. Pour démontrer l'existence de
15 Pelegrin, 1995.
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