La tracéologie, telle qu'elle est actuellement conçue, procède de plusieurs
démarches.
Soit elle tente de répondre à un certain nombre de questions :
- quelle matière a travaillé cet objet?
- combien de temps a-t-il travaillé?
- quel mouvement lui a été imprimé?
- y a-t-il eu un emmanchement?
Son but est alors essentiellement d'éclairer sur l'utilisation des "outils", voire de
confronter les résultats avec la typologie.
Soit elle recherche l'origine, la cause, des stigmates d'utilisation. Elle peut alors
être un instrument privilégié pour cerner la notion même d'outil. En effet, l'étude des
traces d'usure a fait progresser le problème de l'emmanchement en permettant la
reconstitution d'outil qu'il faut le plus souvent percevoir comme composite.
L'étude des traces doit aussi permettre de déceler les altérations naturelles.
Gardons en mémoire cependant que tel ou tel résultat obtenu sur un site n'est
pas transposable dans le temps, ni dans l'espace, sans vérification.
L'étude des traces d'utilisation s'intègre désormais dans toutes les recherches à
caractère palethnologique, puisqu'elle est bien souvent le seul moyen de vérifier les
hypothèses concernant les activités domestiques, économiques, artistiques, etc. Le
domaine agricole
96
est certainement celui qui a élargi le plus son champ d'interprétation
grâce aux études combinées des traces d'utilisation, des techniques de taille (concernant
le choix des supports), de la paléobotanique et de l'archéozoologie.
4. Comportement s technique s
La lecture technologique est une des voies privilégiées pour transcrire le matériel
lithique en activités techniques, puis en comportements techniques, à partir d'une
évaluation des habiletés.
4.1. Evaluatio n
L'évaluation des habiletés est primordiale car elle engage la valeur et la crédibilité
de toutes les interprétations. Elle doit pouvoir se réaliser dans tous les cas, quels que
soient les cultures et les groupes humains concernés ; elle est toujours possible à partir
de la production lithique de toutes les espèces fossiles, tout comme il est possible de
procéder à des évaluations sur les comportements de subsistance des hommes
préhistoriques en examinant le matériel faunique mis au jour dans les sites. Mais elle
dépend à la fois de la qualité des fouilles et du matériel lui-même, et aussi, pour une
très grande part, de la nature du gisement : il y a peu à dire sur le matériel provenant
d'une halte de chasse n'ayant livré que quelques objets, et bien davantage sur un atelier
de taille où plusieurs chaînes opératoires peuvent être présentes
97 . Rien n'interdit
cependant de mener ce type de travail sur des collections anciennes pour lesquelles on
dispose d'informations suffisantes.
Comme on Fa vu dans l'introduction, transformer un bloc de matière première
pour obtenir un ou des outils, c'est avant tout avoir un proje t et le mener à bien. Selon
J. Pelegrin
98 , le raisonnement du tailleur correspond à un enchaînement d'opérations
cognitives et sensori-motrices, et les différentes étapes de la mise en œuvre du projet
s'organisent de la manière suivante : perception de la tâche à accomplir, choix parmi
toutes les possibilités connues stockées en mémoire de la solution "idéale" (représentation
mentale de l'objet à fabriquer). C'est à cette étape du projet que s'élabore le schém a
conceptuel et se déterminent les moyens d'actions sur la matière pour y parvenir. Se
met alors en place un schém a opératoir e que le tailleur va suivre en mettant en œuvre
96 Anderson, 1992.
97 Karlin, Ploux, 1994.
98 Pelegrin, 1991b, 1995.
102
démarches.
Soit elle tente de répondre à un certain nombre de questions :
- quelle matière a travaillé cet objet?
- combien de temps a-t-il travaillé?
- quel mouvement lui a été imprimé?
- y a-t-il eu un emmanchement?
Son but est alors essentiellement d'éclairer sur l'utilisation des "outils", voire de
confronter les résultats avec la typologie.
Soit elle recherche l'origine, la cause, des stigmates d'utilisation. Elle peut alors
être un instrument privilégié pour cerner la notion même d'outil. En effet, l'étude des
traces d'usure a fait progresser le problème de l'emmanchement en permettant la
reconstitution d'outil qu'il faut le plus souvent percevoir comme composite.
L'étude des traces doit aussi permettre de déceler les altérations naturelles.
Gardons en mémoire cependant que tel ou tel résultat obtenu sur un site n'est
pas transposable dans le temps, ni dans l'espace, sans vérification.
L'étude des traces d'utilisation s'intègre désormais dans toutes les recherches à
caractère palethnologique, puisqu'elle est bien souvent le seul moyen de vérifier les
hypothèses concernant les activités domestiques, économiques, artistiques, etc. Le
domaine agricole
96
est certainement celui qui a élargi le plus son champ d'interprétation
grâce aux études combinées des traces d'utilisation, des techniques de taille (concernant
le choix des supports), de la paléobotanique et de l'archéozoologie.
4. Comportement s technique s
La lecture technologique est une des voies privilégiées pour transcrire le matériel
lithique en activités techniques, puis en comportements techniques, à partir d'une
évaluation des habiletés.
4.1. Evaluatio n
L'évaluation des habiletés est primordiale car elle engage la valeur et la crédibilité
de toutes les interprétations. Elle doit pouvoir se réaliser dans tous les cas, quels que
soient les cultures et les groupes humains concernés ; elle est toujours possible à partir
de la production lithique de toutes les espèces fossiles, tout comme il est possible de
procéder à des évaluations sur les comportements de subsistance des hommes
préhistoriques en examinant le matériel faunique mis au jour dans les sites. Mais elle
dépend à la fois de la qualité des fouilles et du matériel lui-même, et aussi, pour une
très grande part, de la nature du gisement : il y a peu à dire sur le matériel provenant
d'une halte de chasse n'ayant livré que quelques objets, et bien davantage sur un atelier
de taille où plusieurs chaînes opératoires peuvent être présentes
97 . Rien n'interdit
cependant de mener ce type de travail sur des collections anciennes pour lesquelles on
dispose d'informations suffisantes.
Comme on Fa vu dans l'introduction, transformer un bloc de matière première
pour obtenir un ou des outils, c'est avant tout avoir un proje t et le mener à bien. Selon
J. Pelegrin
98 , le raisonnement du tailleur correspond à un enchaînement d'opérations
cognitives et sensori-motrices, et les différentes étapes de la mise en œuvre du projet
s'organisent de la manière suivante : perception de la tâche à accomplir, choix parmi
toutes les possibilités connues stockées en mémoire de la solution "idéale" (représentation
mentale de l'objet à fabriquer). C'est à cette étape du projet que s'élabore le schém a
conceptuel et se déterminent les moyens d'actions sur la matière pour y parvenir. Se
met alors en place un schém a opératoir e que le tailleur va suivre en mettant en œuvre
96 Anderson, 1992.
97 Karlin, Ploux, 1994.
98 Pelegrin, 1991b, 1995.
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