à l'étude d'un ensemble lithique, car il ne faut jamais présumer d'un matériau avant de
l'avoir travaillé.
Pour une roche donnée (fig. 2) :
- les préhistoriques auteurs de ces assemblages auraient-ils pu faire plus ou
mieux ?
- est-ce qu'ils auraient pu obtenir des outils de dimensions différentes, beaucoup
plus grands ou beaucoup plus petits (selon les dimensions et la qualité de la roche)?
- quelles étaient les limites des techniques et les méthodes possibles?
- quelles étaient les qualités physiques de la roche?
Si d'évidence un gisement offre une grande richesse d'outils bien taillés en
relation avec une excellente matière première locale, l'intérêt est relatif. En revanche,
devant des ensembles apparemment "mal venus", il est essentiel de tester les matériaux
pour en connaître les possibilités réelles quant aux différentes techniques constatées, avant
de juger l'adresse, voire de "l'archaïsme" des préhistoriques. Dans certains quartzites
(par exemple les "arénites silicifiées" du Brésil) il n'est pas aisé de faire des lames et
il est très difficile de réaliser des lames de faible épaisseur qui ne cassent pas au débitage.
Or au seul vu de ces matières premières, un tailleur, même averti, ne peut le prévoir.
L'exemple de certaines sanukites japonaises illustre aussi ce point de vue : la bonne
aptitude à la taille de cette roche exclut pourtant le débitage systématique de lames.
Cela a entraîné obligatoirement une méthode originale d'obtention de certains outils
allongés. Les couteaux à bord abattu du Setouchi (Paléolithique supérieur) au Japon
88
sont ainsi souvent obtenus à partir d'éclats débités intentionnellement plus larges que
longs, les uns au-dessus des autres, sur une face inférieure convexe d'éclat (donc
"Kombewa" pour le premier au moins, p. 71).
Des techniques ou des méthodes à redécouvrir
Un diagnostic exact des techniques est impératif, particulièrement dans le cas
des innovations.
La fiabilité d'un diagnostic dépend des tests expérimentaux, et si la technique
ne peut honnêtement être précisée, du moins aurons nous des limites (à remettre en
question) : différencier le punch de la pression est désormais possible grâce à la mise
en évidence de caractères significatifs.
Cette fiabilité dépend aussi de l'importance numérique du matériel archéologique
pour pouvoir multiplier les observations. Cependant un diagnostic crédible doit
impérativement venir d'un spécialiste expérimenté. On ne s'intitule pas tailleur en
quelques mois. L'apprentissage est très long, il faut, comme dans de nombreuses
disciplines, plusieurs années pour devenir un expert, et beaucoup reste encore à vérifier :
- nous ne savons pas encore reproduire les très grandes lames (jusqu'à 60 cm)
en silex du Magdalénien d'Ile-de-France, ni celles, en obsidienne des tombes aztèques.
- le débitage de lames par percussion directe à la pierre commence seulement à
être testé sérieusement
89
(p. 32).
- le "levier" (et toutes ses variantes) est encore très peu publié
90
(p. 32).
Il est d'autre part clair que nos progrès s'accélèrent dès que plusieurs
expérimentateurs travaillent sur un point précis : on sait maintenant "flûter" une pointe
de Folsom par percussion directe, par percussion indirecte et par pression
91 .
L'analyse des chaînes opératoires d'un assemblage archéologique associée à la
démarche expérimentale permettent de reconstituer avec précision les schémas de taille
des préhistoriques et donc de définir les différentes méthodes utilisées.
88 Akazawa et al, 1980.
89 Pelegrin, 1991a.
90 Volkof, Guiria, 1991.
91 Crabtree, 1966.
100
l'avoir travaillé.
Pour une roche donnée (fig. 2) :
- les préhistoriques auteurs de ces assemblages auraient-ils pu faire plus ou
mieux ?
- est-ce qu'ils auraient pu obtenir des outils de dimensions différentes, beaucoup
plus grands ou beaucoup plus petits (selon les dimensions et la qualité de la roche)?
- quelles étaient les limites des techniques et les méthodes possibles?
- quelles étaient les qualités physiques de la roche?
Si d'évidence un gisement offre une grande richesse d'outils bien taillés en
relation avec une excellente matière première locale, l'intérêt est relatif. En revanche,
devant des ensembles apparemment "mal venus", il est essentiel de tester les matériaux
pour en connaître les possibilités réelles quant aux différentes techniques constatées, avant
de juger l'adresse, voire de "l'archaïsme" des préhistoriques. Dans certains quartzites
(par exemple les "arénites silicifiées" du Brésil) il n'est pas aisé de faire des lames et
il est très difficile de réaliser des lames de faible épaisseur qui ne cassent pas au débitage.
Or au seul vu de ces matières premières, un tailleur, même averti, ne peut le prévoir.
L'exemple de certaines sanukites japonaises illustre aussi ce point de vue : la bonne
aptitude à la taille de cette roche exclut pourtant le débitage systématique de lames.
Cela a entraîné obligatoirement une méthode originale d'obtention de certains outils
allongés. Les couteaux à bord abattu du Setouchi (Paléolithique supérieur) au Japon
88
sont ainsi souvent obtenus à partir d'éclats débités intentionnellement plus larges que
longs, les uns au-dessus des autres, sur une face inférieure convexe d'éclat (donc
"Kombewa" pour le premier au moins, p. 71).
Des techniques ou des méthodes à redécouvrir
Un diagnostic exact des techniques est impératif, particulièrement dans le cas
des innovations.
La fiabilité d'un diagnostic dépend des tests expérimentaux, et si la technique
ne peut honnêtement être précisée, du moins aurons nous des limites (à remettre en
question) : différencier le punch de la pression est désormais possible grâce à la mise
en évidence de caractères significatifs.
Cette fiabilité dépend aussi de l'importance numérique du matériel archéologique
pour pouvoir multiplier les observations. Cependant un diagnostic crédible doit
impérativement venir d'un spécialiste expérimenté. On ne s'intitule pas tailleur en
quelques mois. L'apprentissage est très long, il faut, comme dans de nombreuses
disciplines, plusieurs années pour devenir un expert, et beaucoup reste encore à vérifier :
- nous ne savons pas encore reproduire les très grandes lames (jusqu'à 60 cm)
en silex du Magdalénien d'Ile-de-France, ni celles, en obsidienne des tombes aztèques.
- le débitage de lames par percussion directe à la pierre commence seulement à
être testé sérieusement
89
(p. 32).
- le "levier" (et toutes ses variantes) est encore très peu publié
90
(p. 32).
Il est d'autre part clair que nos progrès s'accélèrent dès que plusieurs
expérimentateurs travaillent sur un point précis : on sait maintenant "flûter" une pointe
de Folsom par percussion directe, par percussion indirecte et par pression
91 .
L'analyse des chaînes opératoires d'un assemblage archéologique associée à la
démarche expérimentale permettent de reconstituer avec précision les schémas de taille
des préhistoriques et donc de définir les différentes méthodes utilisées.
88 Akazawa et al, 1980.
89 Pelegrin, 1991a.
90 Volkof, Guiria, 1991.
91 Crabtree, 1966.
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