CHAPITRE I : SYNTHESE BIBLIOGRAPHIQUE
25
l’activité de l’homme). Les espèces aquatiques envahissantes peuvent s’introduire par voie
naturelle, présentant ainsi une discontinuité spatiale de leur aire de répartition d’origine (par la
nage par exemple) ou par l’action anthropique de l’homme. Les principales voies d’introduction
en milieu marin sont : la navigation maritime, les canaux de navigation, la mariculture et la pêche.
À l'échelle mondiale, les navires sont largement reconnus comme le principal vecteur des
introductions d’espèces aquatiques (CARLTON, 1985; RUIZ et al., 2000; HEWITT et al., 2004a;
GOLLASCH, 2006). En outre, les navires contiennent des sous-vecteurs, notamment les eaux de
ballast (CARLTON, 1985), les sédiments de ballast (BAILEY et al., 2005), l'encrassement
biologique de la coque (ALLEN, 1953; ASHTON et al., 2016), l'encrassement biologique des
réservoirs internes de ballasts (DRAKE et al., 2005), les caissons de prise d’eau de mer (COUTTS,
1999) et les systèmes internes de canalisation d'eau de mer (les systèmes de tuyauterie internes)
(CARLTON, 1985; LEWIS et DIMAS, 2007). Par conséquent, tous les navires sont différents en
termes de risque vectoriel, et il existe des différences dans l'accumulation, le transfert et la
libération des espèces entre les différents types de navires (DAVIDSON et al., 2018).
En mers méditerranéennes, différentes voies d’introduction ont été démontrées. Les vecteurs et
l'ampleur du transfert et les sources géographiques de ces espèces diffèrent d'une région à l'autre,
ce qui affecte à la fois le pool d'espèces et le nombre de propagules délivrées. Cette variation est
peut-être plus prononcée entre les bassins orientaux et occidentaux de la Méditerranée. La majorité
des espèces exotiques enregistrées au Levant sont entrées par le canal de Suez, alors que la
mariculture et le transport maritime ont été à l’origine d'introduction d'espèces exotiques dans le
nord-ouest de la Méditerranée et dans la mer Adriatique (MARCHINI et al., 2015b).
I.6.1 La Pêche
L’activité de pêche est aussi impliquée dans l’introduction des NIS, notamment par la
reconstitution des stocks et l’installation de nouvelles populations. En effet, le développement de
la pêche en reconstruisant les stocks et en installant de nouvelles populations a introduit plusieurs
espèces non-indigènes de poissons, de crustacés et de mollusques dans les mers du monde,
notamment les mers boréales, tempérées et tropicales. Beaucoup de ces populations établies
intentionnellement ont eu des répercussions néfastes et désastreuse sur les espèces et les habitats
indigènes, à qui s’ajoute l’introduction de parasites et de maladies associés (MINCHIN, 2007).
Dans certains cas, les projets de pêche ont introduit des espèces exotiques qui ont été mal gérées
comme espèces cibles. Par ailleurs, il existe un vaste commerce mondial de poissons appâts
vivants, de vers d’appât et d’autres organismes d’appât ayant la possibilité de s’établir dans le
Précédent

La biosalissure « biofouling » de la coque des navires, une menace pour la biodiversité du milieu marin - 37/217

Suivant