CHAPITRE III
Résultats & Discussion
Dans une étude sur la biosorption des ions Cr(VI) menée par Sethuraman et al. (2010) sur B.
subtilis, P. aeruginosa et E. cloacae, il a été observé que le pourcentage maximal d’élimination
de Cr(VI) était de 63 % à 100 mg/l pour B. subtilis, de 77,9% à 25 mg/l pour P. aeruginosa et
de 86,2% à 25 mg/l pour E. cloacae. À une concentration de 200 mg/l, B. subtilis a montré le
meilleur taux d’élimination par rapport aux autres bactéries, bien que lors de la phase de croissance
initiale, l’élimination était moins efficace. À 25 mg/l, les pourcentages maximaux d’élimination
étaient respectivement de 78% pour P. aeruginosa, 86% pour E. cloacae et 33,5% pour B. subtilis.
Ces résultats mettent en évidence une diminution progressive du pourcentage d’élimination avec
l’augmentation de la concentration en métal dans toutes les bactéries en termes de capacité de biosorption.
Les travaux de Sethurman et Balasubramanian en 2010 ont mis en évidence la capacité des bactéries E. cloacae et P. aeruginosa à fixer le chrome dans des conditions de pH variées, allant de
l’acidité à l’alcalinité (pH 2 à 9). Leurs résultats indiquent une efficacité maximale d’adsorption
en milieu basique. Ce phénomène s’explique par le comportement des ions hydrogène : en milieu
acide, ces ions occupent largement les sites de liaison sur la biomasse. À l’inverse, lorsque le pH
augmente, la concentration en ions H
+ diminue. Cela permet à la surface bactérienne, chargée négativement, d’interagir plus efficacement avec les ions métalliques positifs comme le chrome. Ce
qui corrobore les résultats obtenus dans cette étude ainsi que ceux obtenus par Djarir et Nour
(2023) sur des souches isolées à partir de la sardine.
Les conditions optimales de réduction du chrome par les bactéries varient selon les espèces, comme
le montrent plusieurs études. Wang et Shen (1995) ont observé que E. coli réduit efficacement le
chrome dans une large gamme de pH (3-8) et de températures (10-45°C), avec un optimum à pH 7
et 36°C. Pour B. cereus, Singh et al. (2013) ont rapporté une réduction maximale à pH 8, avec une
baisse significative d’activité (plus de 70%) lorsque le pH s’écarte de cet optimum. De façon intéressante, Aslam et al. (2016) ont constaté que Bacillus megaterium-ASNF3 favorise la réduction
du chrome lorsque le pH d’un lixiviat passe progressivement du neutre au basique. Même constat
pour les résultats obtenus par Djarir et Nour (2023) pour S. odorifera, S. aureus et P. aeruginosa
isolées à partir de la sardine.
Ces études soulignent l’importance du pH dans l’élimination du Cr(VI), quel que soit le mécanisme
impliqué. Nos résultats s’inscrivent dans cette tendance, avec une efficacité maximale d’élimination du chrome observée à pH 9. Cette concordance avec la littérature suggère que les conditions
alcalines peuvent favoriser l’activité réductrice de certaines bactéries vis-à-vis du chrome hexavalent.
La résistance bactérienne au chrome hexavalent implique divers mécanismes, dont la réduction est
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Evaluation de la résistance aux métaux lourds et du potentiel d’élimination du chrome hexavalent chez des bactéries d’origines marines Projet de mise en place d’un procédé de traitement des effluents riches en chrome. - 103/153

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