ZONE D’ETUDE
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Les compositions chimiques des hydrocarbures légers, plus biodisponibles, par exemple le
kérosène, sont quant à eux plus susceptibles d’entrainer des dommages par toxicité. Cependant,
grâce à la dissipation rapide par évaporation et dispersion, les hydrocarbures légers peuvent être
moins nuisibles dans l’ensemble, à conditions que les ressources sensibles soient suffisamme nt
éloignées du site du déversement. En revanche, des effets plus graves et plus durables peuvent
être observés dans les situations ou la dilution est ralentie, par exemple quand le polluant est
piégé dans des sédiments vaseux ou des zones confinées, notamment les lagons peu profonds
avec faible échange d’eau. A des niveaux d’exposition inférieurs aux niveaux mortels, la
présence de composants toxiques peut donner lieu à des effets subletéau, tels que des troubles
de l’alimentation ou de la reproduction (Cusson, M, Archambault P, Lemarchand K, Verreault,
J, Pelletie, É, 2017).
L’environnement marin est extrêmement complexe et les fluctuations naturelles de la
composition, de l’abondance et de la répartition des espèces dans le temps et dans l’espace sont
une caractéristique fondamentale de son fonctionnement normal. Au sein de cet environneme nt,
les animaux et les végétaux marins manifestent des degrés variés de résistance naturelle à
l’altération de leurs habitats. L’adaptation naturelle des organismes au stress environnementa l,
ainsi que leurs stratégies reproductives, sont des mécanismes importants qui entrent en eu pour
supporter les fluctuations quotidiennes et saisonnières des conditions ambiantes. C’est cette
résilience innée qui permet à certains végétaux et animaux de supporter un certain niveau de
contamination par les hydrocarbures. Les déversements ne constituent néanmoins pas la seule
pression anthropogénique exercée sur les habitats marins. La surexploitation généralisée des
ressources naturelles et la pollution urbaine et industrielle chronique contribuent elles aussi
considérablement au degré de variabilité constaté au sein des écosystèmes marins. Sur fond de
forte variabilité naturelle, les dommages plus subtils infligés par un déversement
d’hydrocarbures, tels que la baisse du succès reproducteur, de la productivité ou de la
biodiversité, peuvent être difficiles à détecter.
I.6.6.5 Rétablissement de l’environnement marin
La capacité de l’environnement marin à se rétablir à la suite de graves perturbations est fonction
de sa complexité et de sa résilience. Le rétablissement suite à des phénomènes extrêmeme nt
destructeurs, tels que les ouragans et les tsunamis, démontre que l’écosystème sont capables de
se reconstituer avec le temps, même après de graves perturbations accompagnées de mortalités
importantes. Si la définition de rétablissement et du point auquel un écosystème peut être
considéré comme rétabli est largement débattue, le fait que la variabilité naturelle des
écosystèmes rend un retour identique aux conditions initiales peu probable est générale me nt
accepté. La plupart des définitions du rétablissement tendent plutôt à être centrées sur la notion
de reconstruction d’une communauté végétale ou animale caractéristique de l’habitat et
fonctionnant normalement en termes de biodiversité et de productivité (Sahnine, S. 2020).
Ce principe peut être illustré par le cas des opérations de nettoyages inappropriées à la suite du
naufrage du pétrolier Torrey Canyon au large de l’Angleterre en 1967, au cours desquelles
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