ZONE D’ETUDE
102
I.6.8.5 Préoccupations pour la santé publique
La contamination des poissons et fruits de mer à la suite d’un déversement majeur
d’hydrocarbures peut donner lieu à des préoccupations pour la santé publique et à la restrictio n
de la pêche. Ces préoccupations découlent principalement de la présence d’hydrocarbures
aromatiques polycycliques (HAP) dans le polluant. Tous les HAP n’ont pas les mêmes effets
en raison des différences de structure moléculaire, qui affectent leur métabolisme. Les
déversements de pétrole brut contaminent principalement par des HAP à faible masse
moléculaire qui ne présentent généralement que peu de potentiel cancérogène, voire aucun. Ils
n’en restent pas moins préoccupants en raison de leur toxicité aiguë ou de leurs capacités
d’altération organoleptique. En revanche, les fiouls lourds contiennent généralement une plus
forte proportion d’HAP à forte masse moléculaire, dont ceux qui peuvent être activeme nt
cancérogènes. L’un des principaux facteurs qui influent sur la mutagénicité des HAP est la
formation de métabolites réactifs qui s’attachent à l’ADN et peuvent entraîner des mutatio ns
génétiques, phénomène particulièrement préoccupant chez les HAP comprenant entre 3 et 7
cycles benzéniques. Fait cependant important, en raison des caractéristiques physiques des
fiouls et des émulsions qui leur sont associées, y compris leur haute viscosité et leur faible
dispersibilité, ils sont moins facilement incorporés dans les tissus vivants du fait de leur plus
faible biodisponibilité (Hafez Abdelaziz T, 2021).
Les concentrations d’HAP (hydrocarbures aromatiques polycyclique) normalement présentes
dans l’eau, dans le sédiment et dans les tissus sont très variables et peuvent provenir de sources
diverses, y compris pyrogènes (liées à la combustion), anthropiques chroniques (liées aux
activités humaines) et naturelles. L’apport normal en HAP par la consommation de poissons et
fruits de mer varie considérablement d’un individu et d’une population à l’autre, selon la portion
moyenne ingérée, la fréquence de consommation de poissons et fruits de mer et le poids
corporel individuel. Le risque posé par les cancérogènes dérivés d’un déversement
d’hydrocarbures pour un individu ou une population dépend donc du schéma de consommatio n
de produits de la pêche à un endroit donné. Bien qu’il ne soit pas possible de définir un apport
sans risque pour les humains, des « niveaux acceptables » d’HAP dans les poissons et fruits de
mer peuvent être établis pour des régions spécifiques, à partir du niveau et des schémas typiques
de consommation. En conséquence, plusieurs autorités ont désormais adopté des valeurs limites
d’HAP pour les produits de la mer. Par exemple, au sein de l’Union européenne, la valeur limite
pour le Benzo[a]pyrène (BaP) dans le poisson est de <2 μg/kg et de <10 μg/kg dans les
mollusques bivalves (Hafez Abdelaziz T, 2021).
Aux États-Unis, l’EPA (Environmental Protection Agency) a répertorié 16 HAP constitua nt
des polluants dits « prioritaires », qui sont souvent ciblés dans l’analyse d’échantillo ns
environnementaux Des valeurs guides ont été établies à partir de la somme de ces 16 HAP
prioritaires à la suite de déversements. Or, étant donné que les HAP forment un mélange
complexe de milliers de composés, une valeur dite « total HAP » est souvent employée comme
mesure de contamination. Le total HAP est toutefois souvent difficile à interpréter car il dépend
de la nature des composants particuliers qui ont été ajoutés les uns aux autres pour obtenir la
102
I.6.8.5 Préoccupations pour la santé publique
La contamination des poissons et fruits de mer à la suite d’un déversement majeur
d’hydrocarbures peut donner lieu à des préoccupations pour la santé publique et à la restrictio n
de la pêche. Ces préoccupations découlent principalement de la présence d’hydrocarbures
aromatiques polycycliques (HAP) dans le polluant. Tous les HAP n’ont pas les mêmes effets
en raison des différences de structure moléculaire, qui affectent leur métabolisme. Les
déversements de pétrole brut contaminent principalement par des HAP à faible masse
moléculaire qui ne présentent généralement que peu de potentiel cancérogène, voire aucun. Ils
n’en restent pas moins préoccupants en raison de leur toxicité aiguë ou de leurs capacités
d’altération organoleptique. En revanche, les fiouls lourds contiennent généralement une plus
forte proportion d’HAP à forte masse moléculaire, dont ceux qui peuvent être activeme nt
cancérogènes. L’un des principaux facteurs qui influent sur la mutagénicité des HAP est la
formation de métabolites réactifs qui s’attachent à l’ADN et peuvent entraîner des mutatio ns
génétiques, phénomène particulièrement préoccupant chez les HAP comprenant entre 3 et 7
cycles benzéniques. Fait cependant important, en raison des caractéristiques physiques des
fiouls et des émulsions qui leur sont associées, y compris leur haute viscosité et leur faible
dispersibilité, ils sont moins facilement incorporés dans les tissus vivants du fait de leur plus
faible biodisponibilité (Hafez Abdelaziz T, 2021).
Les concentrations d’HAP (hydrocarbures aromatiques polycyclique) normalement présentes
dans l’eau, dans le sédiment et dans les tissus sont très variables et peuvent provenir de sources
diverses, y compris pyrogènes (liées à la combustion), anthropiques chroniques (liées aux
activités humaines) et naturelles. L’apport normal en HAP par la consommation de poissons et
fruits de mer varie considérablement d’un individu et d’une population à l’autre, selon la portion
moyenne ingérée, la fréquence de consommation de poissons et fruits de mer et le poids
corporel individuel. Le risque posé par les cancérogènes dérivés d’un déversement
d’hydrocarbures pour un individu ou une population dépend donc du schéma de consommatio n
de produits de la pêche à un endroit donné. Bien qu’il ne soit pas possible de définir un apport
sans risque pour les humains, des « niveaux acceptables » d’HAP dans les poissons et fruits de
mer peuvent être établis pour des régions spécifiques, à partir du niveau et des schémas typiques
de consommation. En conséquence, plusieurs autorités ont désormais adopté des valeurs limites
d’HAP pour les produits de la mer. Par exemple, au sein de l’Union européenne, la valeur limite
pour le Benzo[a]pyrène (BaP) dans le poisson est de <2 μg/kg et de <10 μg/kg dans les
mollusques bivalves (Hafez Abdelaziz T, 2021).
Aux États-Unis, l’EPA (Environmental Protection Agency) a répertorié 16 HAP constitua nt
des polluants dits « prioritaires », qui sont souvent ciblés dans l’analyse d’échantillo ns
environnementaux Des valeurs guides ont été établies à partir de la somme de ces 16 HAP
prioritaires à la suite de déversements. Or, étant donné que les HAP forment un mélange
complexe de milliers de composés, une valeur dite « total HAP » est souvent employée comme
mesure de contamination. Le total HAP est toutefois souvent difficile à interpréter car il dépend
de la nature des composants particuliers qui ont été ajoutés les uns aux autres pour obtenir la
