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L’AGROÉCOLOGIE : DES RECHERCHES POUR LA TRANSITION DES FILIÈRES ET DES TERRITOIRES
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❚ Mobiliser la boucle « capter-actionner »
pour attacher le diagnostic à une action dynamique
Différents champs scientifiques sont mobilisés pour aller du diagnostic à l’action. On en
cite classiquement quatre qui concernent la prise de mesure, son interprétation, la prise
de décision et la réalisation de l’action. Chacune des étapes peut mobiliser des expertises, des approches et des outils variés. Les communautés scientifiques qui explorent
ces différentes étapes ont leurs propres standards, et la capacité de dialoguer entre les
outils mobilisés devient alors un point d’attention majeur. Garantir l’articulation entre
l’observation interprétée et l’action dépend des métriques employées, les sorties d’une
étape devant être les entrées de la suivante. En agroécologie, du fait même de vouloir
s’affranchir au mieux de l’artificialisation du milieu et de l’apport d’intrants exogènes,
c’est le déroulement même du processus écologique qui doit être mis en avant plutôt
qu’un état absolu : est-on en train de stocker ou de déstocker du carbone ? Le potentiel
des régulations est-il mobilisable rapidement ? Etc. Les processus agroécologiques sont
par essence dynamiques : ce sont des flux de matière et d’énergie et des changements
d’état. Il y a donc lieu de choisir des grandeurs mesurables adaptées non pas pour rendre
compte du franchissement de seuils, mais pour donner la valeur (positive ou négative)
d’une tendance, autrement dit des grandeurs bâties comme des trajectoires, ou tout au
moins des écarts entre situations. L’agroécologie étant construite sur des systèmes complexes s’appuyant largement sur la fonctionnalité des interactions entre organismes, les
métriques de l’agroécologie font la part belle à des mesures relatives, des « deltas ».
Force est de constater qu’il reste beaucoup à faire d’un point de vue scientifique pour
alimenter cette approche dynamique de l’agriculture. Il s’agit donc d’instruire de quelle
manière les nouvelles technologies sont en mesure d’offrir des perspectives prometteuses pour contribuer, depuis la télédétection à haute résolution jusqu’à des capteurs
in situ, à caractériser l’environnement et ses hétérogénéités, à suivre les trajectoires de
grands processus biologiques impactant la mise en place des composantes du rendement, le bouclage des cycles, la régulation de la ressource en eau en quantité et qualité,
la dynamique d’entrée et de sortie des flux.
Pour tous ces attendus, c’est plus « le delta » entre deux points ou entre deux dates qui
devient l’objet d’attention que la valeur absolue, sauf si cette dernière conduit, via des
effets seuils, à des points de basculement du fonctionnement du système. Ces questions renvoient notamment aux besoins d’évaluation de l’activité biologique (Wells et
al., 2013) et plus largement des services écosystémiques, ceux-ci pouvant donner lieu à
des aides financières conditionnées au service rendu. Il est encore relativement difficile
de savoir quels besoins d’équipement pour l’analyse et la compréhension des processus
biologiques sous-tendant la réalisation des services écosystémiques sont nécessaires.
La masse d’informations à gérer complique le travail du décideur si des outils performants ne sont pas développés pour intégrer ces informations dans le pilotage. On peut
penser que les attentes couvrant le potentiel des interactions génétique × environnement × conduite constituent à elles seules un véritable secteur de recherche innovant
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