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6. Contribution des agroéquipements et du numérique à l’agroécologie
❚
❚ Diagnostiquer le potentiel de mobilisation des régulations
biologiques
Les régulations biologiques constituent un pilier de l’agroécologie. Pour autant, il
reste difficile de qualifier l’état de ces régulations ou de leur potentiel de mobilisation.
Actuellement, pour décider du bien-fondé d’intervenir, les agriculteurs peuvent avoir
recours à des pièges (connectés ou non) qui vont informer précocement de la démographie d’un ravageur majeur (par exemple, cuvette jaune pour quantifier les méligèthes ou
usage de phéromone pour capturer certains lépidoptères). Cependant, une importante
littérature scientifique construite sur la relation prédateur-proie, sa prédictibilité et son
fonctionnement cyclique peine encore à se traduire dans des pratiques en faveur de la
fixation de populations d’auxiliaires prédateurs. Certaines infrastructures agroécologiques
telles que les haies peuvent jouer un rôle de maintien des auxiliaires en apportant « le
gîte et le couvert ». On peut imaginer qu’une partie des actions de biocontrôle consiste
à quantifier en temps réel le potentiel de prédation et couple l’observation à un lâcher
éventuel de ressources à même de maintenir des prédateurs à des densités élevées. Il
manque actuellement toute la chaîne d’équipements adaptée pour évaluer les besoins
des auxiliaires, réaliser le conditionnement et le lâcher des ressources alimentaires susceptible de stabiliser sur la parcelle la population d’auxiliaires en couvrant une période
de disette qui conduirait sinon à ce qu’elle quitte massivement la parcelle.
❚
❚ Gérer les hétérogénéités, moduler les risques
L’agroécologie, loin d’orienter les espèces et les systèmes vers une spécialisation et une
sélection univoque, promeut la variabilité et la diversité comme moyen d’accroître la performance des systèmes face à un environnement moins artificialisé par différents intrants
susceptibles de déséquilibrer les écosystèmes.
Il coexiste actuellement deux visions de la prise en compte des hétérogénéités. Dans la
première, la connaissance des hétérogénéités appelle une action différenciée pour mieux
les absorber, les niveler et offrir une production la plus homogène possible en phase avec
les standards du marché. Dans la seconde vision, les hétérogénéités signent l’existence
sous-jacente d’une variation donnant lieu à une réponse différenciée. Tenir compte des
hétérogénéités revient alors à adopter une démarche qui entretienne la meilleure adaptation possible à chacune des dimensions du gradient observé. Dans cette seconde vision, la
prise en considération des interactions génétique × environnement × conduite vise plutôt
à entretenir, voire à amplifier la différenciation. Elle est vue comme un gage de meilleure
répartition des risques, de moindre concurrence entre individus, de complémentarités et
d’offres d’une réponse biologique adaptée aux conditions du milieu. Il est à peu près certain qu’à brève échéance, le déploiement des pratiques agroéco logiques signera la fin du
paradigme d’un troupeau homogène mené avec une règle unique pour l’ensemble de la
cohorte et d’une seule culture d’une variété unique par parcelle et par an. Actuellement,
les agroéquipements commencent tout juste à savoir gérer cette diversité locale.
6. Contribution des agroéquipements et du numérique à l’agroécologie
❚
❚ Diagnostiquer le potentiel de mobilisation des régulations
biologiques
Les régulations biologiques constituent un pilier de l’agroécologie. Pour autant, il
reste difficile de qualifier l’état de ces régulations ou de leur potentiel de mobilisation.
Actuellement, pour décider du bien-fondé d’intervenir, les agriculteurs peuvent avoir
recours à des pièges (connectés ou non) qui vont informer précocement de la démographie d’un ravageur majeur (par exemple, cuvette jaune pour quantifier les méligèthes ou
usage de phéromone pour capturer certains lépidoptères). Cependant, une importante
littérature scientifique construite sur la relation prédateur-proie, sa prédictibilité et son
fonctionnement cyclique peine encore à se traduire dans des pratiques en faveur de la
fixation de populations d’auxiliaires prédateurs. Certaines infrastructures agroécologiques
telles que les haies peuvent jouer un rôle de maintien des auxiliaires en apportant « le
gîte et le couvert ». On peut imaginer qu’une partie des actions de biocontrôle consiste
à quantifier en temps réel le potentiel de prédation et couple l’observation à un lâcher
éventuel de ressources à même de maintenir des prédateurs à des densités élevées. Il
manque actuellement toute la chaîne d’équipements adaptée pour évaluer les besoins
des auxiliaires, réaliser le conditionnement et le lâcher des ressources alimentaires susceptible de stabiliser sur la parcelle la population d’auxiliaires en couvrant une période
de disette qui conduirait sinon à ce qu’elle quitte massivement la parcelle.
❚
❚ Gérer les hétérogénéités, moduler les risques
L’agroécologie, loin d’orienter les espèces et les systèmes vers une spécialisation et une
sélection univoque, promeut la variabilité et la diversité comme moyen d’accroître la performance des systèmes face à un environnement moins artificialisé par différents intrants
susceptibles de déséquilibrer les écosystèmes.
Il coexiste actuellement deux visions de la prise en compte des hétérogénéités. Dans la
première, la connaissance des hétérogénéités appelle une action différenciée pour mieux
les absorber, les niveler et offrir une production la plus homogène possible en phase avec
les standards du marché. Dans la seconde vision, les hétérogénéités signent l’existence
sous-jacente d’une variation donnant lieu à une réponse différenciée. Tenir compte des
hétérogénéités revient alors à adopter une démarche qui entretienne la meilleure adaptation possible à chacune des dimensions du gradient observé. Dans cette seconde vision, la
prise en considération des interactions génétique × environnement × conduite vise plutôt
à entretenir, voire à amplifier la différenciation. Elle est vue comme un gage de meilleure
répartition des risques, de moindre concurrence entre individus, de complémentarités et
d’offres d’une réponse biologique adaptée aux conditions du milieu. Il est à peu près certain qu’à brève échéance, le déploiement des pratiques agroéco logiques signera la fin du
paradigme d’un troupeau homogène mené avec une règle unique pour l’ensemble de la
cohorte et d’une seule culture d’une variété unique par parcelle et par an. Actuellement,
les agroéquipements commencent tout juste à savoir gérer cette diversité locale.
