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L’AGROÉCOLOGIE : DES RECHERCHES POUR LA TRANSITION DES FILIÈRES ET DES TERRITOIRES
●
Quelques exemples
❚
❚ Visualiser le « stress » des plantes et des animaux
L’agroécologie met en exergue le réseau d’interactions entre organismes qui gravitent
autour de la plante cultivée ou de l’animal d’élevage et modifient positivement ou négativement l’état sanitaire de l’élevage ou de la culture à travers des grandeurs mesurées
mobilisables pour son pilotage. Alors que les physiologistes maîtrisent de mieux en
mieux la connaissance des voix métaboliques affectées par tel ou tel stress, on ne dispose pas encore d’un moyen fiable, utilisable en routine et si possible non destructif,
pour caractériser au moment opportun l’état de stress des animaux ou des plantes. De
telles informations seraient pourtant directement exploitées par des agroéquipements
venant apporter des actions correctives de manière localisée dans le temps ou l’espace.
Cet ajustement dépasserait le stade actuel de l’agriculture de précision, en apportant
cette précision sur la base d’une information d’origine biologique. Déjà, les progrès d’analyse des signaux en lien avec le déficit azoté des plantes permettent d’envisager un pilotage de la fertilisation qui soit basé sur l’expression des besoins par la plante elle-même,
en lieu et place d’un schéma de fertilisation prédéfini en début de saison. La caractérisation de la couverture en continu des besoins azotés des cultures autorise déjà différentes pistes d’optimisation, dont une traduction largement diffusée est la cartographie
des hétérogénéités au sein des parcelles par drone. Une mesure des carences évaluée
directement sur les plantes compléterait utilement l’analyse des besoins pour conduire
des pilotages au plus près de ce que les plantes peuvent absorber et valoriser (Ravier,
2017). Le pilotage dynamique de la fertilisation, en remplacement d’une approche prédictive, peut être considéré comme emblématique de la dimension agroécologique car
il repose sur une information, en dynamique, des besoins physiologiques, et donc sur
l’expression du vivant.
En outre, la maîtrise de l’état physiologique des cultures pourrait étayer la réalité et les
mécanismes sous-jacents de certaines pratiques jugées encore peu conventionnelles,
comme celles pratiquées en biodynamie qui revendiquent de stimuler les défenses naturelles des plantes, mais sans que l’on ait pu établir de manière formelle la réalité de leur
mise en place et les conditions propices à leur réussite.
Si les avancées sont notoires, y compris dans la mise au point de normes, la transformation de ces avancées de laboratoire dans des dispositifs plus ou moins automatisés ou
rendus accessibles au plus grand nombre reste à mener. Comment rendre compte de l’état
réversible de carence d’une plante pour un pilotage dynamique de la fertilisation ? Cette
question constitue un cas d’école de ce qu’il faudrait rendre accessible aux agriculteurs.
❚
❚ Vers un usage des outils de phénotypage à large échelle
La dynamique est portée, du côté végétal, par le projet Phenome soutenu par le programme d’investissements d’avenir, et, du côté animal, par différents projets (projet
L’AGROÉCOLOGIE : DES RECHERCHES POUR LA TRANSITION DES FILIÈRES ET DES TERRITOIRES
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Quelques exemples
❚
❚ Visualiser le « stress » des plantes et des animaux
L’agroécologie met en exergue le réseau d’interactions entre organismes qui gravitent
autour de la plante cultivée ou de l’animal d’élevage et modifient positivement ou négativement l’état sanitaire de l’élevage ou de la culture à travers des grandeurs mesurées
mobilisables pour son pilotage. Alors que les physiologistes maîtrisent de mieux en
mieux la connaissance des voix métaboliques affectées par tel ou tel stress, on ne dispose pas encore d’un moyen fiable, utilisable en routine et si possible non destructif,
pour caractériser au moment opportun l’état de stress des animaux ou des plantes. De
telles informations seraient pourtant directement exploitées par des agroéquipements
venant apporter des actions correctives de manière localisée dans le temps ou l’espace.
Cet ajustement dépasserait le stade actuel de l’agriculture de précision, en apportant
cette précision sur la base d’une information d’origine biologique. Déjà, les progrès d’analyse des signaux en lien avec le déficit azoté des plantes permettent d’envisager un pilotage de la fertilisation qui soit basé sur l’expression des besoins par la plante elle-même,
en lieu et place d’un schéma de fertilisation prédéfini en début de saison. La caractérisation de la couverture en continu des besoins azotés des cultures autorise déjà différentes pistes d’optimisation, dont une traduction largement diffusée est la cartographie
des hétérogénéités au sein des parcelles par drone. Une mesure des carences évaluée
directement sur les plantes compléterait utilement l’analyse des besoins pour conduire
des pilotages au plus près de ce que les plantes peuvent absorber et valoriser (Ravier,
2017). Le pilotage dynamique de la fertilisation, en remplacement d’une approche prédictive, peut être considéré comme emblématique de la dimension agroécologique car
il repose sur une information, en dynamique, des besoins physiologiques, et donc sur
l’expression du vivant.
En outre, la maîtrise de l’état physiologique des cultures pourrait étayer la réalité et les
mécanismes sous-jacents de certaines pratiques jugées encore peu conventionnelles,
comme celles pratiquées en biodynamie qui revendiquent de stimuler les défenses naturelles des plantes, mais sans que l’on ait pu établir de manière formelle la réalité de leur
mise en place et les conditions propices à leur réussite.
Si les avancées sont notoires, y compris dans la mise au point de normes, la transformation de ces avancées de laboratoire dans des dispositifs plus ou moins automatisés ou
rendus accessibles au plus grand nombre reste à mener. Comment rendre compte de l’état
réversible de carence d’une plante pour un pilotage dynamique de la fertilisation ? Cette
question constitue un cas d’école de ce qu’il faudrait rendre accessible aux agriculteurs.
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❚ Vers un usage des outils de phénotypage à large échelle
La dynamique est portée, du côté végétal, par le projet Phenome soutenu par le programme d’investissements d’avenir, et, du côté animal, par différents projets (projet
