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L’AGROÉCOLOGIE : DES RECHERCHES POUR LA TRANSITION DES FILIÈRES ET DES TERRITOIRES
les avancées possibles ne sont pas réalisées. À titre d’illustration, la technologie des
pulvérisateurs offre des équipements dont la performance appuyée par le numérique
permet de réaliser des économies de produit phytosanitaire sans réduction de l’efficacité (encadré 6.1). Pour autant, si cela relève pleinement de l’agriculture de précision
57
,
les processus agroécologiques ne sont pas mobilisés.
Donc discuter d’agroéquipement pour l’agroécologie n’a vraiment de sens que si celle-ci
en ressort enrichie ou facilitée. Nous suggérons que le rôle majeur de la technologie doit
être de faciliter le croisement explicite de plusieurs disciplines. En effet, l’agronomie,
l’écologie, les sciences de gestion et la géographie ne sont encore que très marginalement embarquées dans cette avancée technologique, portée avant tout par les sciences
de l’ingénieur, l’algorithmique, la robotique, la géolocalisation par guidage, la connexion
sans fil de capteurs physiques, le couplage des informations dans un système pilotant
des électrovannes.
57. L’agriculture de précision vise principalement l’optimisation d’intrants essentiellement externes,
quand l’agroécologie envisage plutôt leur internalisation au système, leur intégration dans l’agroécosystème rendu plus autonome, leur disponibilité, ce qui nécessite de gérer les flux et de reconstituer les
stocks, et leur efficience, ce qui suppose leur fonctionnalité pour assurer leur potentiel de mobilisation.
Encadré 6.1. La maîtrise technologique de la pulvérisation.
La maîtrise technologique de la pulvérisation permet de moduler la dose apportée
à la vitesse d’avancement, de définir des tronçons en dessous de la zone à traiter,
pour lesquels elle ajuste automatiquement la hauteur de la rampe à celle de la végétation pour éviter les zones de double traitement ou les trous. Le mélange de l’eau
et du produit de traitement est réalisable en temps voulu ; le bouchon standardisé
vient se visser et se dévisser sur le pulvérisateur sans nécessiter aucun contact ;
des mouchards enregistrent l’intervention et pré-remplissent les fichiers informatisés de suivis. Des récupérateurs ou dispositifs permettent de mieux confiner la pulvérisation pour qu’elle ne soit pas dispersée ; des buses antidérive limitent les pertes
hors des zones ciblées. Par un couplage entre l’état de la végétation et la détection
des ravageurs, l’intervention est mieux ciblée sur la présence avérée du risque phytosanitaire et des conditions météorologiques pour que le traitement soit optimal,
et donc les doses appliquées les plus faibles possible. Sans même cumuler toutes
ces avancées et à condition d’y mettre le prix, des réductions d’intrants phytosanitaires sont possibles dans une fourchette de 10 à 30 % sans baisse d’efficacité. Qui
pourrait dénoncer les bienfaits de cette tendance ? D’autant que la majorité du parc
des pulvérisateurs reste obsolète et présente pour plus de deux tiers d’entre eux le
réglage de sortie usine, c’est-à-dire sans adaptation aux conditions locales. Il paraît
de plus difficile de dire que l’information et les savoirs nécessaires n’ont pas été délivrés, puisqu’en France les agriculteurs ont tous suivi et obtenu leur Certiphyto au
cours des cinq dernières années.
L’AGROÉCOLOGIE : DES RECHERCHES POUR LA TRANSITION DES FILIÈRES ET DES TERRITOIRES
les avancées possibles ne sont pas réalisées. À titre d’illustration, la technologie des
pulvérisateurs offre des équipements dont la performance appuyée par le numérique
permet de réaliser des économies de produit phytosanitaire sans réduction de l’efficacité (encadré 6.1). Pour autant, si cela relève pleinement de l’agriculture de précision
57
,
les processus agroécologiques ne sont pas mobilisés.
Donc discuter d’agroéquipement pour l’agroécologie n’a vraiment de sens que si celle-ci
en ressort enrichie ou facilitée. Nous suggérons que le rôle majeur de la technologie doit
être de faciliter le croisement explicite de plusieurs disciplines. En effet, l’agronomie,
l’écologie, les sciences de gestion et la géographie ne sont encore que très marginalement embarquées dans cette avancée technologique, portée avant tout par les sciences
de l’ingénieur, l’algorithmique, la robotique, la géolocalisation par guidage, la connexion
sans fil de capteurs physiques, le couplage des informations dans un système pilotant
des électrovannes.
57. L’agriculture de précision vise principalement l’optimisation d’intrants essentiellement externes,
quand l’agroécologie envisage plutôt leur internalisation au système, leur intégration dans l’agroécosystème rendu plus autonome, leur disponibilité, ce qui nécessite de gérer les flux et de reconstituer les
stocks, et leur efficience, ce qui suppose leur fonctionnalité pour assurer leur potentiel de mobilisation.
Encadré 6.1. La maîtrise technologique de la pulvérisation.
La maîtrise technologique de la pulvérisation permet de moduler la dose apportée
à la vitesse d’avancement, de définir des tronçons en dessous de la zone à traiter,
pour lesquels elle ajuste automatiquement la hauteur de la rampe à celle de la végétation pour éviter les zones de double traitement ou les trous. Le mélange de l’eau
et du produit de traitement est réalisable en temps voulu ; le bouchon standardisé
vient se visser et se dévisser sur le pulvérisateur sans nécessiter aucun contact ;
des mouchards enregistrent l’intervention et pré-remplissent les fichiers informatisés de suivis. Des récupérateurs ou dispositifs permettent de mieux confiner la pulvérisation pour qu’elle ne soit pas dispersée ; des buses antidérive limitent les pertes
hors des zones ciblées. Par un couplage entre l’état de la végétation et la détection
des ravageurs, l’intervention est mieux ciblée sur la présence avérée du risque phytosanitaire et des conditions météorologiques pour que le traitement soit optimal,
et donc les doses appliquées les plus faibles possible. Sans même cumuler toutes
ces avancées et à condition d’y mettre le prix, des réductions d’intrants phytosanitaires sont possibles dans une fourchette de 10 à 30 % sans baisse d’efficacité. Qui
pourrait dénoncer les bienfaits de cette tendance ? D’autant que la majorité du parc
des pulvérisateurs reste obsolète et présente pour plus de deux tiers d’entre eux le
réglage de sortie usine, c’est-à-dire sans adaptation aux conditions locales. Il paraît
de plus difficile de dire que l’information et les savoirs nécessaires n’ont pas été délivrés, puisqu’en France les agriculteurs ont tous suivi et obtenu leur Certiphyto au
cours des cinq dernières années.
