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6. Contribution des
agroéquipements et du
numérique à l’agroécologie :
renforcer la prise
en considération du vivant
Divers documents d’orientation de la recherche abordent la place des agroéquipements sensu lato dans le contexte de l’adaptation de l’agriculture aux nouveaux enjeux. Les
rapports « Agriculture et innovation 2025 » (Bournigal et al., 2015) ou « Agroéquipements
et triple performance : freins et leviers pour la transition agroécologique » (Machenaud
et al., 2014) proposent des actions ciblées sur le numérique et la robotique agricole pour
porter l’ambition d’une performance élargie sur les dimensions économiques, environnementales et sociales. La logique est simple : si par une meilleure connaissance des
besoins des plantes et des animaux, on peut moduler au plus juste les interventions et
les apports d’intrants, alors le système sera plus vertueux car plus économe, évitant les
gaspillages et les pollutions inutiles, plus favorable à l’environnement car moins dispendieux en énergie fossile et générateur de moins de fuites, plus juste socialement car réduisant la pénibilité du travail, mieux adapté aux spécificités de chaque situation, plus en
phase avec les cahiers des charges, les circuits courts, les attentes des consommateurs.
Ces documents se font l’éloge de la technologie, porteuse de progrès.
Paradoxalement, la capacité du numérique et des agroéquipements à porter spécifiquement un modèle d’agriculture agroécologique reste un pari, car ces évolutions technologiques peuvent aussi renforcer une industrialisation plus poussée de l’agriculture,
dans la continuité de soixante ans de développement dans la visée d’un gain de productivité. Il est donc nécessaire de réfléchir spécifiquement aux apports possibles des agroéquipements et du numérique aux démarches agroécologiques. Pour que l’agroécologie
tire bénéfice de ces technologies, il est primordial qu’elle outille la biologie et valorise
les hétérogénéités des milieux rencontrées à différentes échelles. Alors que l’agriculture
cherchait à masquer les hétérogénéités pour aller vers une standardisation des pratiques
culturales, l’agroécologie vise en effet à tirer profit des conditions locales pour mieux les
valoriser, pour répartir les risques et les complémentarités entre animaux ou entre cultures.
La technologie peut, si elle est utilisée convenablement, être une source majeure de progrès (Bellon-Maurel et Huyghe, 2017), voire parée de multiples vertus. Toutes les agricultures du monde n’y ont pas accès, tous les agriculteurs ne sont pas équipés, toutes
6. Contribution des
agroéquipements et du
numérique à l’agroécologie :
renforcer la prise
en considération du vivant
Divers documents d’orientation de la recherche abordent la place des agroéquipements sensu lato dans le contexte de l’adaptation de l’agriculture aux nouveaux enjeux. Les
rapports « Agriculture et innovation 2025 » (Bournigal et al., 2015) ou « Agroéquipements
et triple performance : freins et leviers pour la transition agroécologique » (Machenaud
et al., 2014) proposent des actions ciblées sur le numérique et la robotique agricole pour
porter l’ambition d’une performance élargie sur les dimensions économiques, environnementales et sociales. La logique est simple : si par une meilleure connaissance des
besoins des plantes et des animaux, on peut moduler au plus juste les interventions et
les apports d’intrants, alors le système sera plus vertueux car plus économe, évitant les
gaspillages et les pollutions inutiles, plus favorable à l’environnement car moins dispendieux en énergie fossile et générateur de moins de fuites, plus juste socialement car réduisant la pénibilité du travail, mieux adapté aux spécificités de chaque situation, plus en
phase avec les cahiers des charges, les circuits courts, les attentes des consommateurs.
Ces documents se font l’éloge de la technologie, porteuse de progrès.
Paradoxalement, la capacité du numérique et des agroéquipements à porter spécifiquement un modèle d’agriculture agroécologique reste un pari, car ces évolutions technologiques peuvent aussi renforcer une industrialisation plus poussée de l’agriculture,
dans la continuité de soixante ans de développement dans la visée d’un gain de productivité. Il est donc nécessaire de réfléchir spécifiquement aux apports possibles des agroéquipements et du numérique aux démarches agroécologiques. Pour que l’agroécologie
tire bénéfice de ces technologies, il est primordial qu’elle outille la biologie et valorise
les hétérogénéités des milieux rencontrées à différentes échelles. Alors que l’agriculture
cherchait à masquer les hétérogénéités pour aller vers une standardisation des pratiques
culturales, l’agroécologie vise en effet à tirer profit des conditions locales pour mieux les
valoriser, pour répartir les risques et les complémentarités entre animaux ou entre cultures.
La technologie peut, si elle est utilisée convenablement, être une source majeure de progrès (Bellon-Maurel et Huyghe, 2017), voire parée de multiples vertus. Toutes les agricultures du monde n’y ont pas accès, tous les agriculteurs ne sont pas équipés, toutes
