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4. Valoriser la diversité génétique en sélection végétale et animale
Il s’agit de revoir les processus de transformation : utiliser la diversité pour équilibrer
le produit final, au lieu de gommer la variabilité par un processus de transformation qui
altère le matériau de base. Autrement dit, la variabilité initiale ne pourrait-elle pas être
un atout ? Les relations entre les caractéristiques génétiques initiales et la qualité du
produit final doivent être mieux établies. L’élaboration du produit étant la dernière étape
avant le consommateur, celle-ci est déterminante de l’acceptabilité de systèmes valorisant la diversité génétique.
❚
❚ Expérimentation et dispositifs de recherche
Les approches méthodologiques en génétique animale ou végétale vis-à-vis de la valorisation de la diversité génétique pour l’agroécologie convergent bien entre elles. La convergence est en revanche plus difficile avec les approches « systèmes ». Même si certains
projets récents proposent de relancer l’utilisation du croisement chez les ruminants, le
plus souvent la diversité génétique n’est pas considérée comme un paramètre prioritaire dans les expérimentations systèmes, alors que l’agroécologie se caractérise par
son approche système et que la diversité génétique est un levier à considérer et à optimiser. La même situation se rencontre dans les travaux d’économie qui n’intègrent pas
la dimension de la variabilité génétique dans les modèles développés, notamment parce
que les données manquent. Des collaborations entres sciences économiques et génétique animale ou végétale donneront accès à des données, ou du moins à des connaissances pour les simuler dans un modèle.
Traiter ces questions de recherche suppose des dispositifs particuliers pour l’acquisition
de données. La modélisation des interactions suppose de disposer de méthodes et de
coupler les modèles de génétique et d’écophysiologie, mais aussi de collecter un grand
nombre de données en intégrant différents types de données. Les dispositifs expérimentaux actuels n’offrent pas assez de combinaisons pour comprendre les mécanismes de
l’adaptation des génotypes à un système agroécologique. La sélection dans un système
changeant (environnements et espèces d’intérêt) doit mieux impliquer l’aval, associer
les agriculteurs et les éleveurs sur un mode participatif pour accroître la diversité des
situations étudiées. Des réseaux de fermes et d’autres dispositifs coconstruits avec des
acteurs sont nécessaires pour l’étude de l’adaptation. Ces deux niveaux d’acquisition de
données, la collecte de données en milieu expérimental bien connu (phénotypage fin) et
la collecte de données à la ferme, doivent être combinés. Modéliser les interactions au
sein des peuplements est utile, avec par exemple des modèles centrés sur l’individu qui
représentent les interactions d’individu à individu, qui intègrent les pressions de sélection locales dues à l’individu voisin et à ses effets sur les paramètres abiotiques. Leur
échelle d’application est en principe la parcelle ou le troupeau, mais ce niveau d’intégration est encore peu présent, notamment en génétique animale, qui utilise plutôt des
modèles à l’échelle de la population en sélection.
Les approches fonctionnelles, en conditions expérimentales, permettent, de façon
complémentaire, de déterminer les traits majeurs de la réponse des individus aux
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