60
L’AGROÉCOLOGIE : RECHERCHES POUR LA TRANSITION DES FILIÈRES ET DES TERRITOIRES
●
Des avancées scientifiques récentes
Les travaux considérant la contribution de la diversité génétique intraspécifique au
développement de systèmes agroécologiques sont récents. Ils ont émergé un peu plus tôt
chez les plantes que chez les animaux. Cette approche est explorée et discutée dans des
articles de synthèse, chez les plantes en 2015 (Litrico et Violle, 2015), chez les animaux en
2016 (Phocas et al., 2016a, 2016b). Chez les plantes, une seule variété homo zygote représente souvent la majeure partie des cultures d’une espèce (le blé par exemple). Chez les
animaux, il existe d’ores et déjà une part importante de diversité à l’intérieur même du
troupeau, même dans les races fortement sélectionnées (vaches laitières par exemple).
Malgré cette différence, les concepts mobilisés et les constats présentent de nombreux
points communs entre la sélection végétale et la sélection animale.
❚
❚ Les plantes, les peuplements cultivés
Chez les plantes, dans les peuplements cultivés, les principales avancées sont la mise en
évidence du rôle positif de la diversité génétique, d’une part, sur la stabilité de la production de biomasse et la résistance à la sécheresse (Prieto et al., 2015), d’autre part, sur
l’abondance des espèces composant un mélange cultivé (Meilhac et al., 2019).
Prendre en compte cette diversité génétique dans les schémas de sélection est encore
peu fréquent dans la littérature récente. Certains projets en cours ou récemment terminés s’appuient sur de la méthodologie ancienne développée pour les mélanges
variétaux ou les populations composites pour traiter de ce sujet. Un exemple récent
(Sampoux et al., in press) porte sur la sélection d’une association d’espèces, à partir
de l’évaluation de trois schémas de sélection, pour juger de l’aptitude à l’assemblage
interspécifique :
• un schéma basé sur la sélection de chaque espèce sur sa performance en culture pure ;
• un schéma basé sur la sélection de duos d’espèces sur leur performance en culture
mélangée (sélection sur l’aptitude réciproque à l’association, S-ARA) ;
• un schéma basé sur la sélection d’une espèce qui donne de bonnes performances en
association avec n’importe quelle autre espèce (sélection sur l’aptitude générale à l’association, S-AGA).
La comparaison des gains attendus de la S-ARA ou de la S-AGA par rapport à ceux d’une
sélection pratiquée en culture pure a montré une supériorité des méthodes tenant compte
de l’aptitude à l’association lorsque la sélection porte sur des traits soumis à des effets
de compétition ou de coopération entre plantes, génétiquement déterminés. Ainsi, il est
préférable d’utiliser des méthodes conçues pour l’amélioration des performances en
mélange afin de valoriser les associations entre espèces.
Les recherches sur les mécanismes favorables à la diversité et les traits à sélectionner
pour des cultures diversifiées valorisent la littérature de l’écologie des communautés.
Litrico et Violle (2015) proposent de relier certains traits majeurs à la dynamique de
L’AGROÉCOLOGIE : RECHERCHES POUR LA TRANSITION DES FILIÈRES ET DES TERRITOIRES
●
Des avancées scientifiques récentes
Les travaux considérant la contribution de la diversité génétique intraspécifique au
développement de systèmes agroécologiques sont récents. Ils ont émergé un peu plus tôt
chez les plantes que chez les animaux. Cette approche est explorée et discutée dans des
articles de synthèse, chez les plantes en 2015 (Litrico et Violle, 2015), chez les animaux en
2016 (Phocas et al., 2016a, 2016b). Chez les plantes, une seule variété homo zygote représente souvent la majeure partie des cultures d’une espèce (le blé par exemple). Chez les
animaux, il existe d’ores et déjà une part importante de diversité à l’intérieur même du
troupeau, même dans les races fortement sélectionnées (vaches laitières par exemple).
Malgré cette différence, les concepts mobilisés et les constats présentent de nombreux
points communs entre la sélection végétale et la sélection animale.
❚
❚ Les plantes, les peuplements cultivés
Chez les plantes, dans les peuplements cultivés, les principales avancées sont la mise en
évidence du rôle positif de la diversité génétique, d’une part, sur la stabilité de la production de biomasse et la résistance à la sécheresse (Prieto et al., 2015), d’autre part, sur
l’abondance des espèces composant un mélange cultivé (Meilhac et al., 2019).
Prendre en compte cette diversité génétique dans les schémas de sélection est encore
peu fréquent dans la littérature récente. Certains projets en cours ou récemment terminés s’appuient sur de la méthodologie ancienne développée pour les mélanges
variétaux ou les populations composites pour traiter de ce sujet. Un exemple récent
(Sampoux et al., in press) porte sur la sélection d’une association d’espèces, à partir
de l’évaluation de trois schémas de sélection, pour juger de l’aptitude à l’assemblage
interspécifique :
• un schéma basé sur la sélection de chaque espèce sur sa performance en culture pure ;
• un schéma basé sur la sélection de duos d’espèces sur leur performance en culture
mélangée (sélection sur l’aptitude réciproque à l’association, S-ARA) ;
• un schéma basé sur la sélection d’une espèce qui donne de bonnes performances en
association avec n’importe quelle autre espèce (sélection sur l’aptitude générale à l’association, S-AGA).
La comparaison des gains attendus de la S-ARA ou de la S-AGA par rapport à ceux d’une
sélection pratiquée en culture pure a montré une supériorité des méthodes tenant compte
de l’aptitude à l’association lorsque la sélection porte sur des traits soumis à des effets
de compétition ou de coopération entre plantes, génétiquement déterminés. Ainsi, il est
préférable d’utiliser des méthodes conçues pour l’amélioration des performances en
mélange afin de valoriser les associations entre espèces.
Les recherches sur les mécanismes favorables à la diversité et les traits à sélectionner
pour des cultures diversifiées valorisent la littérature de l’écologie des communautés.
Litrico et Violle (2015) proposent de relier certains traits majeurs à la dynamique de
