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4. Valoriser la diversité
génétique en sélection
végétale et animale
Un système agroécologique doit considérer la contribution possible de la diversité
biologique à tous ses niveaux d’organisation et de fonctionnalité, y compris en incluant
la domestication de nouvelles espèces. Or les travaux scientifiques s’arrêtent souvent au
niveau taxonomique, c’est-à-dire au niveau de la diversité spécifique et des interactions
entre espèces. Réfléchir à l’apport et au rôle de la diversité génétique intra spécifique est
un enjeu fort de l’agroécologie.
Il s’agit d’évaluer la contribution de la diversité génétique à la performance des systèmes
agroécologiques des cultures et des élevages, de comprendre les mécanismes d’action
de cette diversité, ses interactions avec le contexte environnemental, d’identifier les traits
d’intérêt majeurs impliqués dans les interactions entre les plantes d’une part, et entre
les animaux d’autre part, pour le maintien de la diversité et pour la performance agroécologique de la culture et/ou de l’élevage. Il s’agit in fine de définir la gamme de diversité permettant l’expression des mécanismes favorables à la mise en œuvre de systèmes
de production plus résilients.
Ces enjeux de connaissance s’articulent avec des enjeux finalisés, comme celui de définir
des critères de sélection, et les gammes nécessaires de variabilité génétique de ces critères pour le fonctionnement agroécologique de l’unité de production. Il s’agit de créer
des schémas de sélection qui prennent en compte des objectifs de diversité à l’échelle
de l’individu (plasticité), mais aussi du groupe d’individus composant le couvert ou le
troupeau, de définir le déploiement de la diversité, en relation avec le service écosystémique attendu adapté au contexte environnemental, c’est-à-dire décliné dans l’espace et
dans le temps dans un milieu donné. Pour cela, il faudra lever certains verrous, comme
celui de l’évaluation et de l’inscription au catalogue de cultures diversifiées. Prendre en
compte une plus grande diversité peut entraîner des difficultés de gestion des systèmes
agricoles, augmenter le travail de l’agriculteur ou de l’éleveur, diminuer la capacité à
garantir la qualité de produits agricoles, plus hétérogènes, et par là même remettre en
cause l’automatisation des processus de transformation et la standardisation attendue
pour le produit final. La diversification génétique est donc à évaluer sur l’ensemble de
la chaîne, de l’unité de production au produit agricole et alimentaire, en passant par le
mode de production.
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