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L’AGROÉCOLOGIE : RECHERCHES POUR LA TRANSITION DES FILIÈRES ET DES TERRITOIRES
Ces différentes questions sont explorées, que ce soit en épidémiologie végétale et animale, en écologie du paysage appliquée au biocontrôle et à la pollinisation (approche
d’écologie comparative et d’expérimentation) ou sur les flux d’éléments chimiques (pesticides, nutriments). Les recherches impliquent une communauté de chercheurs dont
le point commun est la compréhension de processus biophysiques et écologiques à
l’échelle des paysages.
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❚ Développer des approches intégrées
pour traiter de la multifonctionnalité des paysages
Les processus abiotiques sont généralement considérés de manière compartimentée, par
élément chimique ou par objet du paysage. Peu de processus écologiques sont considérés
de façon simultanée. Les flux entre sol, eau et air sont de mieux en mieux couplés, mais
cela reste l’exception (cas de l’azote). Les travaux traitant d’un ensemble de flux dans
une vision intégrative sont rares. Finalement, la question de la complémentarité ou de
la synergie entre différentes fonctions n’est encore que peu abordée. Et cela limite notre
capacité à analyser plusieurs questions cruciales en agroécologie, par exemple la question de la coexistence de systèmes de production différents au sein d’un même territoire
et des synergies qui s’opèrent entre eux. La réalisation d’études intégrées pour évaluer,
à l’échelle paysagère, les impacts des systèmes de production sur les ressources et les
organismes reste donc un défi majeur. Les approches de modélisation intégrée, visant un
couplage, d’une part, entre des processus pédologiques, hydrologiques et atmosphériques
et, d’autre part, entre ces processus et des processus écologiques sont prometteuses.
L’étude des interactions entre des flux abiotiques et biotiques reste embryonnaire, mais
une réflexion récente a permis la présentation d’un cadre de modélisation (Vinatier et
al., 2016). Le recours à la simulation de paysages nécessite des recherches, notamment
pour intégrer les rétroactions entre le processus d’intérêt et la structure du paysage, pour
prendre en compte la diversité des acteurs, ou pour accroître le réalisme des modèles de
décision. Intégrer cette complexité dans un modèle demeure difficile et d’autres pistes
peuvent aussi être explorées. Dans ces approches intégrées, il semble essentiel d’associer les sciences économiques et sociales dès l’amont, et non a posteriori.
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❚ Rendre compte de la diversité des acteurs dans l’analyse
des processus biophysiques à l’échelle des paysages
La participation des acteurs est un facteur clé à l’échelle du paysage, d’où l’importance
des recherches sur les instruments de politiques publiques, les instruments plus volontaires tels les incitations non économiques (nudges) et les processus de construction
de cadrage commun et d’apprentissage collectif (community building) entre les acteurs
des paysages. L’identification de mécanismes incitatifs permettant la coordination des
différents acteurs d’un territoire pour promouvoir une gestion agroécologique du paysage demeure un enjeu majeur.
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