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3. Valoriser les processus écologiques et hydrobiogéochimiques
●
Des avancées scientifiques récentes
La capacité à rendre compte de la complexité de processus biophysiques à différentes
échelles spatiales et dans des environnements hétérogènes s’est accrue ces dernières
années du fait de différentes avancées.
Des progrès ont été faits pour mieux prendre en compte l’hétérogénéité spatiale et temporelle des pratiques agricoles dans l’étude des processus biophysiques. Les modèles de flux
abiotiques dans les paysages se complexifient avec la prise en compte des systèmes de
production et des contraintes des exploitations agricoles (par exemple, modèle Casimod’N
des projets sous l’égide de l’Agence nationale de la recherche, ANR, Acassya et Escapade
sur la cascade de l’azote
34
). La représentation des activités agricoles dans l’étude des processus écologiques à l’échelle des paysages devient plus élaborée, avec notamment la
notion d’hétérogénéité cachée, la prise en compte plus explicite des pratiques agricoles
allant au-delà de la dichotomie entre agriculture biologique et agri culture conventionnelle.
Les études semi-expérimentales à l’échelle des paysages ont pris de l’essor et permettent
l’analyse des interactions entre des variables paysagères, des processus écologiques et
la production agricole. On note également un intérêt renouvelé pour l’écologie du mouvement, avec des avancées sur la façon dont la structure du paysage impacte les mouvements des organismes d’intérêt comme les arthropodes. De même, la description du rôle
fonctionnel d’organismes d’intérêt et de leurs réponses à la configuration du paysage est
mieux connue, par exemple le rôle de biocontrôle des oiseaux insectivores en viticulture.
L’exposition d’organismes vivants à des contaminants est une dimension qui commence
à être intégrée dans l’étude de la résilience des paysages agricoles (Réseau Écotox
35
).
Ces évolutions se sont accompagnées de la mise en œuvre d’outils qui ont augmenté notre
capacité à appréhender le fonctionnement des paysages. Par exemple, les méthodes de
métagénomique du sol en routine identifient désormais les effets de l’usage des sols sur
la distribution spatiale des communautés telluriques (Ranjard et al., 2013). De nouveaux
outils moléculaires permettent aussi de reconstituer les réseaux trophiques des agroécosystèmes et d’étudier la réponse structurelle et fonctionnelle de réseaux d’inter action
à des gradients paysagers (Bohan et al., 2013). On peut enfin citer les récentes simulations de paysages virtuels, avec des outils qui visent à s’affranchir en partie de l’expérimentation et d’identifier de nouvelles stratégies de gestion des assolements, prenant
en compte à la fois les processus biophysiques et les contraintes socio- économiques
des acteurs (Poggi et al., 2018).
Récemment, des connaissances génériques ont été acquises sur le fonctionnement
écologique des paysages. La publication de plusieurs méta-analyses sur les effets de
l’organisation des paysages sur la régulation des bioagresseurs (par exemple, Veres
et al., 2013) met en évidence le rôle majeur des habitats semi-naturels et de l’hétérogénéité spatiale et temporelle des mosaïques de cultures dans le paysage. Des travaux
34. Voir https://www6.rennes.inra.fr/umrsas/Productions/Outils/TNT2-CASIMOD-N-CSAM.
35. Voir https://www.recotox.eu/.
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