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L’AGROÉCOLOGIE : RECHERCHES POUR LA TRANSITION DES FILIÈRES ET DES TERRITOIRES
bassin versant) et des échelles écologiques (du centimètre carré au paysage agricole) se
combinent, car si l’échelle du paysage est un niveau d’organisation idéal pour mettre en
regard ces deux échelles, la prise en compte d’échelles plus fines ou plus larges est parfois nécessaire. La question de la complémentarité de différents leviers, assemblant différents milieux et différents systèmes de production, est primordiale à l’échelle du territoire.
La dimension temporelle des processus est importante pour réfléchir à des paysages
multi fonctionnels résilients. Les paysages agricoles évoluent rapidement dans le temps,
et cette évolution est souvent indissociable de la dimension spatiale, sous-tendue par
des stratégies spatio-temporelles de déploiement des cultures, des variétés et des habitats semi-naturels. À plus long terme, un enjeu fort est d’anticiper les effets des changements globaux, dont le changement climatique avec ses conséquences sur l’utilisation des
terres et l’urbanisation. Des points de vigilance particuliers peuvent apparaître, comme
la propagation d’espèces envahissantes et de maladies émergentes.
La question des synergies et des antagonismes entre fonctions écosystémiques est prégnante, et cela à différentes échelles spatiales et temporelles. À l’échelle du paysage, il
s’agit notamment d’examiner en quoi la coexistence de systèmes agricoles différents au
sein d’un même territoire engendre une synergie de certaines fonctions (recyclage, complémentarités…). La question des arbitrages sociaux entre des fonctions et des services
écosystémiques, de leurs déterminants et de leurs conséquences sur la gestion des ressources naturelles est un pan de recherche en expansion.
Les enjeux sociétaux sont, d’une part, d’évaluer dans quelle mesure l’organisation spatiale et temporelle des paysages représente un levier pour leur multifonctionnalité et
leur résilience aux changements globaux. Il s’agit par exemple de répondre aux questions suivantes : quelles sont les compositions, les agencements spatiaux et les types
de gestion des éléments du paysage ? Quelle est la complémentarité entre les systèmes
de production au sein d’un territoire ?
Ils sont, d’autre part, de progresser dans la conception de paysages multifonctionnels
et résilients. Il s’agit par exemple de répondre aux questions suivantes : quels sont les
instruments de politiques publiques susceptibles de promouvoir des paysages multifonctionnels et résilients ? Quel est le potentiel d’une gestion concertée et entre quels
acteurs pour obtenir ces paysages ? Quel mode de gouvernance faut-il mettre en place ?
Les enjeux de recherche sont d’accroître la connaissance des interactions entre les différents
processus biotiques qui sous-tendent les différentes fonctions écosystémiques des paysages agricoles. Il s’agit aussi d’analyser et d’intégrer les interactions entre les processus
abiotiques et biotiques, d’accroître notre compréhension des effets de la composition, de
la configuration et de la gestion des paysages agricoles sur les processus, les fonctions
et services, de mieux comprendre leur dynamique temporelle, notamment pour évaluer la
résilience des paysages agricoles. Il s’agit également d’avancer dans la compréhension des
déterminants économiques et sociaux de la gestion des ressources abiotiques et biotiques
dans les paysages et d’analyser les déterminants des préférences relatives des acteurs
vis-à-vis de différents aspects de la multifonctionnalité pour comprendre leurs arbitrages.
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