43
2. La transition agroécologique de l’exploitation agricole
solutions et production de sens. Les recherches se sont structurées en Île-de-France au
sein du centre de ressources Ideas.
2. Développer des modes d’accompagnement de la transition agroécologique, de conduite
de projets et de gouvernance (recherche, conseil, formation) en favorisant la participation, les apprentissages croisés, le partage d’expériences et l’investigation scientifique
dans l’action. Il s’agit de questionner la relation entre le collectif et l’individuel, après
avoir mis l’accent sur l’action collective.
3. Travailler sur les liens entre recherche, conseil et formation en partageant les modes
d’investigation qui favorisent l’apprentissage : les méthodes d’enquêtes et d’apprentissage dans l’action renouvellent l’intérêt d’une proximité entre la recherche et l’enseignement qui jusqu’à présent visait surtout à favoriser le transfert des connaissances.
4. Analyser et proposer les indicateurs de gestion, les raisonnements tactiques et stratégiques et leurs interactions pour aider l’agriculteur à réduire la complexité de la conduite
des agroécosystèmes et ainsi mieux les piloter.
●
Le développement d’une nécessaire transdisciplinarité
Les questions de recherche détaillées précédemment nécessitent clairement des
pratiques de recherche interdisciplinaires, voire transdisciplinaires, c’est-à-dire avec les
acteurs. Plusieurs chantiers sont en cours pour :
• travailler sur les liens entre agriculture numérique, modélisation et apprentissage social
afin d’accompagner la transition agroécologique des exploitations agricoles ;
• articuler les travaux réalisés dans plusieurs disciplines (figure 4). Ces travaux ont été
effectués avec des postures de recherche parfois difficilement compatibles, tant les différences de pratiques entre disciplines peuvent être importantes dans la façon de poser
les problèmes, de les traiter, d’administrer la preuve et de présenter les résultats (Hazard
et al., 2019) ;
• poursuivre le développement méthodologique des approches transdisciplinaires qui font
travailler ensemble des chercheurs et des non-chercheurs. Les écoles-chercheurs telles
que « Produire et mobiliser différentes formes de connaissances pour et sur la transformation des systèmes agricoles : regards interdisciplinaires » (2015) et « Sciences participatives » (2018) ainsi que la mission « Sciences en société » soutenue par l’Inra ont
lancé la dynamique.
Ces initiatives doivent être étendues à nos partenaires de terrain, car l’essor de ces
approches se heurte à la vision persistante d’une science descendante qui doit donner
les réponses à leurs problèmes. Les chercheurs comme les non-chercheurs peinent à se
détacher de cette pratique très normée de la science pour mettre en œuvre des approches
participatives, ce que montrent des expériences comme Co-create à Bruxelles ou les
projets des Centres d’initiatives pour valoriser l’agriculture et le milieu rural (Civam).
Précédent

- 45/107

Suivant