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L’AGROÉCOLOGIE : RECHERCHES POUR LA TRANSITION DES FILIÈRES ET DES TERRITOIRES
d’échelle d’espace et de temps ? Comment prendre en compte les propriétés émergentes
des modèles quand on couple les échelles, et rendre compte des nécessaires compromis
entre résilience, efficience et viabilité des systèmes ?
Le réseau d’acteurs est un élément important de la transition agroécologique des exploitations agricoles. Cela nécessite de proposer un cadre d’étude des situations de gestion
incorporant une dimension collaborative. En effet, certains objectifs, tels que maintenir
une structure du paysage favorable à la biodiversité locale et aux services de régulation
biologiques associés, ne peuvent pas être atteints par des stratégies individuelles ; plusieurs agriculteurs doivent collaborer et coordonner leurs actions. La collaboration peut
également porter sur des échanges entre les agriculteurs de produits de leurs exploitations (fourrage, fumier…) ou sur le partage de leurs ressources (machines, travail…). Ce
type de problème de coordination mêlant initiatives individuelles et approche collective
a été peu abordé, mais semble fondamental en agroécologie, notamment pour la transition agroécologique.
❚
❚ Comment produire des connaissances scientifiques
sur l’accompagnement de la transition agroécologique
de l’exploitation agricole ?
Accompagner la transition agroécologique des exploitants agricoles pose des questions sur
les processus de coconception et l’apprentissage que nécessite le changement. Au-delà
des méthodes de créativité, il s’agit de travailler sur la nature des connaissances à produire pour coconcevoir, sur la façon de les structurer, sur l’articulation entre la conception et les différentes formes d’expériences (de celle vécue par l’agriculteur aux essais
d’expérimentation analytique qu’il visite). Ce travail engage des approches participatives
fondées sur la résolution de problèmes impliquant les agriculteurs et leurs conseillers
pour mobiliser leurs savoirs et choisir démocratiquement des orientations de la transition. La méthode consiste alors à analyser le processus de changement en y participant :
cette participation procède d’itérations entre l’engagement dans l’action et la transformation des systèmes et processus réflexifs avec les acteurs pour apprendre de l’action
engagée. Cela permet une production de connaissances scientifiques tant dans le champ
des sciences humaines et sociales que dans celui des sciences biotechniques.
Ce travail peut prendre appui sur l’Association internationale sur les systèmes agricoles
33
,
en lien avec les travaux du Cirad (« Systèmes de polyculture-élevage d’Afrique de l’Ouest :
impliquer les agriculteurs dans la conception des innovations ») et de Boelie Elzen de
l’Université de Wageningen. Il se structure autour de quatre tâches.
1. Créer des méthodes de conception en lien avec la situation d’usage pour proposer
des solutions localement adaptées. Cela implique de réduire le fossé qui s’est creusé
entre concepteurs et utilisateurs, entre créativité et mise à l’épreuve, entre recherche de
33. International Farming System Association (IFSA), http://ifsa.boku.ac.at.
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