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2. La transition agroécologique de l’exploitation agricole
❚
❚ Comment modéliser la transition agroécologique
d’une exploitation agricole ?
Modéliser la transition agroécologique de l’exploitation agricole nécessite avant tout de
pouvoir modéliser l’exploitation agricole. Pour rendre compte du changement, la modélisation doit proposer des méthodes de scénarisation et de simulation opérationnelles.
Ainsi, pour limiter les temps de calcul lors de l’interaction avec des acteurs de terrain participant à ces scénarisations, il peut être préférable de se baser sur des modélisations
statiques plutôt que dynamiques (grille de production des cultures plutôt qu’utilisation
de modèles de croissance), de travailler à la parcimonie par couplage de méta-modèles
plutôt que d’utiliser des modèles trop complexes et coûteux en temps de calcul. Enfin,
il peut être intéressant de mobiliser d’autres informations provenant d’experts de divers
horizons afin de tester des trajectoires de transitions agroécologiques d’exploitations
agricoles, par exemple avec des jeux sérieux. Ces jeux sérieux sont ici des jeux de rôle
invitant des acteurs à simuler des pratiques de gestion de cette exploitation agricole. Ils
permettent le partage de connaissances et l’apprentissage sur la situation de gestion.
Une modélisation de l’exploitation agricole demande des simplifications pour analyser et
comprendre son fonctionnement (situation de référence), évaluer des scénarios et mettre
en débat des mesures d’accompagnement (innovation technique, changements structurels, politiques publiques…), mais également transférer des connaissances. Plusieurs
défis de modélisation se posent lorsqu’on aborde l’exploitation agricole.
De façon générale, la modélisation fonctionnelle de l’exploitation agricole est à la croisée
des modélisations des systèmes socio-écologique et sociotechnique. L’exploitation agricole peut être représentée comme un système complexe piloté. Sa modélisation nécessite
de s’intéresser aux structures cognitives (buts, plans, préférences) et aux mécanismes
par lesquels ces structures interviennent dans les processus de décision des agriculteurs
et évoluent dans le temps (adaptation par retour d’expérience). Cette modélisation doit
représenter la complexité des structures physiques (parcellaire), des structures sociales
(par exemple Groupements agricoles d’exploitation en commun, GAEC) et des options
d’organisation du travail, ainsi que la diversité des exploitations agricoles. Il faut s’intéresser à de multiples ateliers (par exemple l’intégration culture-élevage requiert de ne
pas se limiter aux grandes cultures, à un atelier de production unique, ou à une unité de
travail humain à temps plein, ou à un seul revenu). La modélisation se heurte donc à la
capacité des modèles à intégrer les multiples et nouveaux objets de gestion qui émergent des processus de transition agroécologique, et à prendre en compte des propriétés
attendues de ces systèmes telles que la résilience.
Un autre défi est de créer des cadres de modélisation qui prennent en compte l’incertitude
et l’apprentissage sur le temps long. Comment intégrer par exemple l’essai-erreur pratiqué par les agriculteurs sur leur parcellaire pour tester des innovations agro écologiques ?
Comment intégrer le cadre conceptuel de la viabilité qui s’intéresse à la dynamique d’un
système dans un espace de contraintes ? Quelles évolutions envisager pour des démarches
d’optimisation, dans un cadre désormais multicritère ? Comment intégrer les changements
2. La transition agroécologique de l’exploitation agricole
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❚ Comment modéliser la transition agroécologique
d’une exploitation agricole ?
Modéliser la transition agroécologique de l’exploitation agricole nécessite avant tout de
pouvoir modéliser l’exploitation agricole. Pour rendre compte du changement, la modélisation doit proposer des méthodes de scénarisation et de simulation opérationnelles.
Ainsi, pour limiter les temps de calcul lors de l’interaction avec des acteurs de terrain participant à ces scénarisations, il peut être préférable de se baser sur des modélisations
statiques plutôt que dynamiques (grille de production des cultures plutôt qu’utilisation
de modèles de croissance), de travailler à la parcimonie par couplage de méta-modèles
plutôt que d’utiliser des modèles trop complexes et coûteux en temps de calcul. Enfin,
il peut être intéressant de mobiliser d’autres informations provenant d’experts de divers
horizons afin de tester des trajectoires de transitions agroécologiques d’exploitations
agricoles, par exemple avec des jeux sérieux. Ces jeux sérieux sont ici des jeux de rôle
invitant des acteurs à simuler des pratiques de gestion de cette exploitation agricole. Ils
permettent le partage de connaissances et l’apprentissage sur la situation de gestion.
Une modélisation de l’exploitation agricole demande des simplifications pour analyser et
comprendre son fonctionnement (situation de référence), évaluer des scénarios et mettre
en débat des mesures d’accompagnement (innovation technique, changements structurels, politiques publiques…), mais également transférer des connaissances. Plusieurs
défis de modélisation se posent lorsqu’on aborde l’exploitation agricole.
De façon générale, la modélisation fonctionnelle de l’exploitation agricole est à la croisée
des modélisations des systèmes socio-écologique et sociotechnique. L’exploitation agricole peut être représentée comme un système complexe piloté. Sa modélisation nécessite
de s’intéresser aux structures cognitives (buts, plans, préférences) et aux mécanismes
par lesquels ces structures interviennent dans les processus de décision des agriculteurs
et évoluent dans le temps (adaptation par retour d’expérience). Cette modélisation doit
représenter la complexité des structures physiques (parcellaire), des structures sociales
(par exemple Groupements agricoles d’exploitation en commun, GAEC) et des options
d’organisation du travail, ainsi que la diversité des exploitations agricoles. Il faut s’intéresser à de multiples ateliers (par exemple l’intégration culture-élevage requiert de ne
pas se limiter aux grandes cultures, à un atelier de production unique, ou à une unité de
travail humain à temps plein, ou à un seul revenu). La modélisation se heurte donc à la
capacité des modèles à intégrer les multiples et nouveaux objets de gestion qui émergent des processus de transition agroécologique, et à prendre en compte des propriétés
attendues de ces systèmes telles que la résilience.
Un autre défi est de créer des cadres de modélisation qui prennent en compte l’incertitude
et l’apprentissage sur le temps long. Comment intégrer par exemple l’essai-erreur pratiqué par les agriculteurs sur leur parcellaire pour tester des innovations agro écologiques ?
Comment intégrer le cadre conceptuel de la viabilité qui s’intéresse à la dynamique d’un
système dans un espace de contraintes ? Quelles évolutions envisager pour des démarches
d’optimisation, dans un cadre désormais multicritère ? Comment intégrer les changements
