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2. La transition agroécologique de l’exploitation agricole
rentabilité des élevages (la productivité passant en moyenne en Bretagne de 32 000 €
par travailleur et par an avant la conversion à 42 000 € après la conversion). Cette réduction est permise par des stratégies plus économes et plus autonomes basées sur une utilisation efficace des prairies par le pâturage. Aussi, les différences de vulnérabilité entre
élevages sont principalement dues aux différences de pratiques d’éleveurs, soit dans
leurs situations initiales, soit dans l’ampleur des transitions effectuées.
Ce travail a montré que les marges de réduction de la vulnérabilité des élevages laitiers
permises par la conversion à l’agriculture biologique sont importantes, à condition que
cette conversion repose sur une transition franche vers une stratégie plus économe et
autonome basée sur une utilisation efficace des prairies par le pâturage. Une série de
vidéos de témoignages d’éleveurs a été produite à partir de ces résultats pour sensibiliser aux impacts potentiels d’une conversion à l’agriculture biologique en élevage laitier et aux stratégies requises pour en bénéficier.
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❚ Transition professionnelle vers la polyculture-élevage économe
et autonome
Ce projet a été initié en 2009. Son enjeu est d’identifier les ressources (cognitives, matérielles, didactiques) intéressantes pour des agriculteurs souhaitant développer une agriculture plus économe et autonome, mettant à l’épreuve des régulations biologiques et
des pratiques qualifiées d’agroécologiques. Les questions posées sont les suivantes :
comment la transition agroécologique a-t-elle été initiée chez les agriculteurs du Réseau
agriculture durable ? Comment s’est-elle déroulée ?
Ce travail a mobilisé les sciences agronomiques et l’ergonomie. Il est basé sur l’analyse
des transitions professionnelles de 20 agricultrices et agriculteurs travaillant dans 9 fermes
de polyculture-élevage économes et autonomes adhérant au Réseau agriculture durable
et de 17 expérimentateurs travaillant sur le dispositif expérimental d’Aster- Mirecourt, où
se pratique aussi une polyculture-élevage économe et autonome. Ces agriculteurs, agricultrices et expérimentateurs avaient pratiqué antérieurement la polyculture- élevage
basée sur la mobilisation des intrants.
L’accès à l’impensable, la prise de conscience du décalage entre valeurs et pratiques,
les difficultés pratiques ou financières ou encore la volonté d’expérimenter sont autant
de facteurs d’initiation, souvent interagissant, de la transition professionnelle vers la
polyculture- élevage économe et autonome. Les souhaits relatifs au futur des agri culteurs
évoluent chemin faisant durant la transition. Les connaissances et les savoir-faire qu’ils
mobilisent lorsqu’ils travaillent avec des intrants sont, en partie, inutilisables en situation économe. Leur travail et l’objet sur lequel ils travaillent ne sont plus les mêmes.
Le processus de transition s’apparente à un dialogue avec la situation : ainsi, les agriculteurs confrontent leurs souhaits à la réalité et tentent de résoudre les problèmes qui
émergent durant la transition par la recherche de solutions efficaces. Ce processus est
outillé et stimulé par le recours à des ressources, par exemple la méthode de pâturage
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