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L’AGROÉCOLOGIE : RECHERCHES POUR LA TRANSITION DES FILIÈRES ET DES TERRITOIRES
●
Quelques exemples
❚
❚ Évolution de la vulnérabilité des élevages laitiers
au cours de leur conversion à l’agriculture biologique
Ce projet a été conduit de 2005 à 2018. Des éleveurs laitiers conventionnels font face
à un contexte incertain et changeant, comme illustré par la crise aiguë du prix du lait
consécutive à la fin des quotas laitiers, ou par la fréquence et l’intensité croissante des
aléas climatiques. Pour sortir de situations économiques délicates et de la vulnérabilité
qui en découle, nombre d’entre eux ont fait le choix d’une conversion à l’agriculture biologique, vue comme une alternative prometteuse avec des prix du lait hauts et stables
payés aux éleveurs, soutenus par un marché en croissance. Cependant, s’intégrer dans
cette filière nécessite des changements de la part des éleveurs, dans leurs valeurs, leurs
pratiques, leurs rapports sociaux sur la ferme et avec l’extérieur, la commercialisation,
etc., qui peuvent être source d’incertitudes, notamment dans les premières années de
conversion (1 an et demi à 2 ans), sans valorisation immédiate du lait au prix de la filière
biologique. Ce qui amène à s’interroger sur l’évolution de la vulnérabilité des élevages
lors de leur conversion à l’agriculture biologique, c’est-à-dire leur capacité à faire face,
à s’adapter ou à surmonter des effets de divers aléas pendant et à l’issue de la conversion à l’agriculture biologique.
Dans ce contexte, le travail de thèse de Maëlys Bouttes, conduit en partenariat avec des
acteurs du conseil agricole en Bretagne
28 et en Aveyron
29
, a eu pour but de caractériser
ce type d’évolution et d’identifier les stratégies de conversion limitant la vulnérabilité
des élevages. Ce travail a reposé sur des enquêtes en élevage lors de la dernière année
de production laitière conventionnelle jusqu’au début de la production biologique (soit
entre 3 et 5 ans selon les cas). Des données ont été collectées sur l’évolution des structures (surfaces, tailles de troupeau, etc.), des pratiques (gestion du pâturage, complémentation, etc.), des performances (productivité laitière, résultats économiques, etc.) et
de la satisfaction des éleveurs. Pendant la conversion, la vulnérabilité perçue par ces éleveurs a diminué sur les plans économique, agronomique, zootechnique et social, quelles
que soient les pratiques mises en œuvre. Ainsi, une éleveuse témoignait : « J’ai le sentiment d’être plus en phase avec ce que veut la société, d’être plus sereine pour l’avenir
même s’il y a aussi des risques. » Aucun des éleveurs n’a mentionné que des perceptions négatives ou neutres, et seulement 6 % des réponses révélaient de l’insatisfaction
en lien avec des problèmes agronomiques, zootechniques ou liés aux conditions de travail qui n’avaient pas été anticipés. La vulnérabilité évaluée par des indicateurs technicoéconomiques a également diminué lors de la conversion, avec des améliorations de la
28. Avec la Fédération régionale des agriculteurs biologiques (FRAB) et le Groupement d’agriculteurs biologiques de Côtes-d’Armor (GAB22).
29. Avec la Chambre d’agriculture et l’Association pour la promotion de l’agriculture biologique en Aveyron
(APABA).
L’AGROÉCOLOGIE : RECHERCHES POUR LA TRANSITION DES FILIÈRES ET DES TERRITOIRES
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Quelques exemples
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❚ Évolution de la vulnérabilité des élevages laitiers
au cours de leur conversion à l’agriculture biologique
Ce projet a été conduit de 2005 à 2018. Des éleveurs laitiers conventionnels font face
à un contexte incertain et changeant, comme illustré par la crise aiguë du prix du lait
consécutive à la fin des quotas laitiers, ou par la fréquence et l’intensité croissante des
aléas climatiques. Pour sortir de situations économiques délicates et de la vulnérabilité
qui en découle, nombre d’entre eux ont fait le choix d’une conversion à l’agriculture biologique, vue comme une alternative prometteuse avec des prix du lait hauts et stables
payés aux éleveurs, soutenus par un marché en croissance. Cependant, s’intégrer dans
cette filière nécessite des changements de la part des éleveurs, dans leurs valeurs, leurs
pratiques, leurs rapports sociaux sur la ferme et avec l’extérieur, la commercialisation,
etc., qui peuvent être source d’incertitudes, notamment dans les premières années de
conversion (1 an et demi à 2 ans), sans valorisation immédiate du lait au prix de la filière
biologique. Ce qui amène à s’interroger sur l’évolution de la vulnérabilité des élevages
lors de leur conversion à l’agriculture biologique, c’est-à-dire leur capacité à faire face,
à s’adapter ou à surmonter des effets de divers aléas pendant et à l’issue de la conversion à l’agriculture biologique.
Dans ce contexte, le travail de thèse de Maëlys Bouttes, conduit en partenariat avec des
acteurs du conseil agricole en Bretagne
28 et en Aveyron
29
, a eu pour but de caractériser
ce type d’évolution et d’identifier les stratégies de conversion limitant la vulnérabilité
des élevages. Ce travail a reposé sur des enquêtes en élevage lors de la dernière année
de production laitière conventionnelle jusqu’au début de la production biologique (soit
entre 3 et 5 ans selon les cas). Des données ont été collectées sur l’évolution des structures (surfaces, tailles de troupeau, etc.), des pratiques (gestion du pâturage, complémentation, etc.), des performances (productivité laitière, résultats économiques, etc.) et
de la satisfaction des éleveurs. Pendant la conversion, la vulnérabilité perçue par ces éleveurs a diminué sur les plans économique, agronomique, zootechnique et social, quelles
que soient les pratiques mises en œuvre. Ainsi, une éleveuse témoignait : « J’ai le sentiment d’être plus en phase avec ce que veut la société, d’être plus sereine pour l’avenir
même s’il y a aussi des risques. » Aucun des éleveurs n’a mentionné que des perceptions négatives ou neutres, et seulement 6 % des réponses révélaient de l’insatisfaction
en lien avec des problèmes agronomiques, zootechniques ou liés aux conditions de travail qui n’avaient pas été anticipés. La vulnérabilité évaluée par des indicateurs technicoéconomiques a également diminué lors de la conversion, avec des améliorations de la
28. Avec la Fédération régionale des agriculteurs biologiques (FRAB) et le Groupement d’agriculteurs biologiques de Côtes-d’Armor (GAB22).
29. Avec la Chambre d’agriculture et l’Association pour la promotion de l’agriculture biologique en Aveyron
(APABA).
