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2. La transition agroécologique de l’exploitation agricole
(dominant) et le paysage (politique, économique…). Proposée par Geels (2004) et déclinée
au sein du secteur agricole ces dernières années (Magrini et al., 2016), elle offre un cadre
d’analyse pour penser le déverrouillage et favoriser l’innovation.
❚
❚ La transition agroécologique engendre de nouveaux objets
de gestion
L’étude des trajectoires de transition agroécologique met en exergue de nouveaux objets
de gestion (Coquil et al., 2014). Ces objets de gestion correspondent aux nouvelles catégories qui apparaissent et autour desquelles le travail va s’organiser : la santé (des
plantes, des animaux et des écosystèmes) et non plus les maladies ; l’agrobiodiversité ;
la complémentarité entre différentes productions (cultures et élevage, maraîchage et
arboriculture, ovins, bovins, agroforesterie, etc.) ; les éléments non productifs d’intérêt
écologique et leur rôle dans l’agroécosystème (haies, bois, mares, murets…). Ces changements façonnent également des propriétés attendues des systèmes agricoles comme
la résilience, l’efficience, l’autonomie ainsi que des conditions de vie au travail favorables
au bien-être des personnes.
❚
❚ Une innovation technologique utile à la transition
agroécologique de l’exploitation agricole
L’innovation technologique, si elle n’est pas le moteur de la transition, n’en est pas moins
un élément majeur, notamment :
• la sélection végétale ou animale permet d’accroître l’offre et l’efficience des services
écosystémiques, par exemple par la fixation de l’azote ou la couverture du sol, ou par
l’utilisation de races locales valorisant la diversité génétique de façon à favoriser la robustesse des systèmes ;
• la robotique permet de réduire le temps de travail des agriculteurs affecté à des activités laborieuses, les aidant dans leurs tâches, par exemple par le développement d’exosquelettes en maraîchage pour soulever sans peine des cagettes, ou bien par le désherbage automatique et mécanique des cultures ;
• les technologies de la communication et de l’information offrent de nouvelles façons
de gérer les connaissances. Elles aident, par exemple, des agriculteurs à formaliser
leurs connaissances empiriques, à les discuter et à les rendre disponibles au sein d’une
communauté plus large grâce à des applications comme GECO
25
. Cette dernière comprend
deux espaces : un espace forum, dans lequel les agriculteurs échangent sur leurs problèmes et les solutions qu’ils mettent en œuvre, et un espace wiki, dans lequel des
experts valident et mettent en forme les connaissances échangées sur le forum pour les
rendre accessibles à tous.
25. Voir https://geco.ecophytopic.fr/.
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