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Introduction
La figure 2 illustre le fait que, dans les décennies passées, les systèmes agricoles se
sont spécialisés et ont été optimisés selon des principes d’éco-efficience. La transition
agroécologique, qui vise la substitution des intrants par des processus biologiques, les
rend temporairement plus vulnérables, mais pour aboutir à des systèmes plus divers,
mieux adaptés aux milieux et aux attentes sociétales, plus résilients, fondés sur des
principes d’écologie.
L’agroécologie côtoie le concept d’économie circulaire, au sens où toutes deux s’inscrivent dans le cadre du développement durable et s’inspirent notamment des notions
d’économie verte, d’économie de l’usage, voire d’écologie industrielle, du bouclage des
cycles en évitant au maximum le « stade déchet », limitant d’autant la consommation de
matières premières et d’énergie. L’agroécologie partage avec la bioéconomie l’objectif
de remplacer l’usage de ressources et de productions non renouvelables d’origine fossile par leur recyclage partiel, par la mobilisation de ressources renouvelables (photosynthèse, biologie des sols) pour leur transformation en aliments, fertilisants organiques,
matériaux, bases chimiques et bioénergies variées. Si l’agroécologie partage avec l’économie circulaire et la bioéconomie l’ambition de servir une agriculture durable économe
en ressources, elle s’en distingue par la place centrale qu’elle donne à la valorisation de
la diversité du vivant.
●
Des attentes sociétales nationales et internationales
Le domaine de l’agroécologie a connu un essor important depuis les années 2000,
avec comme caractéristique la poursuite d’une coexistence de plusieurs visions, que ce
soit en termes académiques, de méthodes de recherche ou de pratique. C’est pourquoi
son périmètre et sa définition restent flous : elle n’est pas une fin en soi, mais porte des
principes pour accompagner des transitions mettant les processus écologiques au cœur
de la conception et de la conduite des agroécosystèmes. L’agroécologie s’inscrit dans un
contexte sociétal national et international porteur. Citons-en quelques cadres de référence.
❚
❚ Le projet agroécologique du gouvernement français
Le projet agroécologique du ministère français en charge de l’Agriculture a été conçu,
avec pour objectif d’encourager les modes de production performants à la fois sur le plan
économique et environnemental, promouvant le fait d’aborder de manière articulée les
différentes dimensions de l’exploitation, et au-delà celles des filières et des territoires.
Il vise à produire autrement, en repensant les systèmes de production. Cela suppose
un changement des pratiques agricoles, mais c’est aussi une autre façon de penser,
une mutation progressive et profonde qui met l’accent sur la dimension systémique de
l’activité agricole, sur des échelles larges et des pas de temps long. Il constitue désormais un cadre mobilisateur pour l’agriculture française pour repenser la formation et le
Introduction
La figure 2 illustre le fait que, dans les décennies passées, les systèmes agricoles se
sont spécialisés et ont été optimisés selon des principes d’éco-efficience. La transition
agroécologique, qui vise la substitution des intrants par des processus biologiques, les
rend temporairement plus vulnérables, mais pour aboutir à des systèmes plus divers,
mieux adaptés aux milieux et aux attentes sociétales, plus résilients, fondés sur des
principes d’écologie.
L’agroécologie côtoie le concept d’économie circulaire, au sens où toutes deux s’inscrivent dans le cadre du développement durable et s’inspirent notamment des notions
d’économie verte, d’économie de l’usage, voire d’écologie industrielle, du bouclage des
cycles en évitant au maximum le « stade déchet », limitant d’autant la consommation de
matières premières et d’énergie. L’agroécologie partage avec la bioéconomie l’objectif
de remplacer l’usage de ressources et de productions non renouvelables d’origine fossile par leur recyclage partiel, par la mobilisation de ressources renouvelables (photosynthèse, biologie des sols) pour leur transformation en aliments, fertilisants organiques,
matériaux, bases chimiques et bioénergies variées. Si l’agroécologie partage avec l’économie circulaire et la bioéconomie l’ambition de servir une agriculture durable économe
en ressources, elle s’en distingue par la place centrale qu’elle donne à la valorisation de
la diversité du vivant.
●
Des attentes sociétales nationales et internationales
Le domaine de l’agroécologie a connu un essor important depuis les années 2000,
avec comme caractéristique la poursuite d’une coexistence de plusieurs visions, que ce
soit en termes académiques, de méthodes de recherche ou de pratique. C’est pourquoi
son périmètre et sa définition restent flous : elle n’est pas une fin en soi, mais porte des
principes pour accompagner des transitions mettant les processus écologiques au cœur
de la conception et de la conduite des agroécosystèmes. L’agroécologie s’inscrit dans un
contexte sociétal national et international porteur. Citons-en quelques cadres de référence.
❚
❚ Le projet agroécologique du gouvernement français
Le projet agroécologique du ministère français en charge de l’Agriculture a été conçu,
avec pour objectif d’encourager les modes de production performants à la fois sur le plan
économique et environnemental, promouvant le fait d’aborder de manière articulée les
différentes dimensions de l’exploitation, et au-delà celles des filières et des territoires.
Il vise à produire autrement, en repensant les systèmes de production. Cela suppose
un changement des pratiques agricoles, mais c’est aussi une autre façon de penser,
une mutation progressive et profonde qui met l’accent sur la dimension systémique de
l’activité agricole, sur des échelles larges et des pas de temps long. Il constitue désormais un cadre mobilisateur pour l’agriculture française pour repenser la formation et le
