Données du problème
dique), avec un atome de deutérium à chacune des positions x et y.
L‘interprétation est la suivante : le réactif coupe le trisulfure, en séparant l’atome
de soufre du côté de l’aglycone, qui se trouve alors sous la forme thiolate.
L‘addition de Michael du thiolate sur la cyclohexènone engendre le dihydrothiophène, 18.3. Dans cet intermédiaire, le système ène-diyne est déstabilisé et il se
cyclise en biradical benzénique, 18.2, où x et y représentent, cette fois, des électrons célibataires, principalement localisés en ces deux sites. Ce biradical arrache
deux atomes de deutérium au solvant.
Avant d’examiner l’action sur l’ADN, nous rappellerons quelques conventions
d’écriture dans ce domaine. Les majuscules A, G, C et T représentent respectivement les monosphosphates de la 2‘-désoxyadénosine, la 2’-désoxyguanosine, la
2‘-désoxycytidine et la thymidine (voir le paragraphe 3.6.3). Le symbole TCCT
représente un fragment d’ADN de quatre nucléotides, où chaque nucléoside est
relié à son voisin par un pont phosphodiester entre la fonction alcool en 5’ de l’un
des sucres et en 3‘ de l’autre. Les primes sont réservées aux numéros des carbones
du désoxyribose. La notation STCCT signifie que le pont phosphodiester relie la
fonction alcool en 3’ d’un nucléoside à la fonction alcool en 5’ du suivant, dans
l’ordre de la lecture. Cette convention s’applique bien sûr à n’importe quelle longueur ou composition du polynucléotide. Dans la double hélice de l’ADN, deux
chaînes de polynucléotides sont associées, avec la correspondance bien connue
des bases en vis-à-vis : adénine-thymine, guanine-cytosine. Au tétranucléotide
TCCT correspond AGGA. Les deux chaînes sont disposées en sens inverse, si
bien que, sur cette dernière séquence, lue dans cet ordre, le pont phosphodiester
relie la fonction alcool en 5’ d’un nucléoside à la fonction alcool en 3’ de celui qui
suit. En conséquence, le symbole complet est 3’AGGA. La figure 18.1 représente
un fragment d’ADN en double hélice, où l’on a représenté plus précisément les
tétranucléotides complémentaires, STCCT et 3’AGGA, qui jouent un rôle dans les
phénomènes décrits ci-dessous. L‘identité des autres nucléotides, N, n’a provisoirement pas besoin d’être précisée. L‘aglycone de la calichéamicine se loge dans le
petit sillon entre les deux chaînes polynucléotidiques, de la façon indiquée par le
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