CHAPITRE 18
Y a-t-il une interaction
de reconnaissance
entre les oligosaccharides et l’ADN ?
18.1 DONNÉES DU PROBLÈME
A la forme interrogative de ce titre, le lecteur aura compris qu’il s’agit d’acquis
récents, dont l’interprétation définitive n’est peut-être pas assurée. Le problème a
été posé par les propriétés d’une famille d’antibiotiques, les calichéamicines[’] et
espéramicines[2], qui ont une cytotoxicité puissante et sont antitumorales. Nous
consacrerons essentiellement ce chapitre à la calichéamicine y:, la plus étudiée,
que nous désignerons simplement par le mot calichéamicine. Sur la structure 18.1
de ce composé, le lecteur reconnaîtra plusieurs éléments exceptionnels. C’est
avant tout un glycoside, dont l’aglycone bicyclique, la calichéamicinone, contient
un système ène-diyne dans un cycle à 10 carbones. On notera aussi le rare enchaînement trisulfure. La partie oligosaccharidique est également très particulière. Le
résidu B est glycosidé par une hydroxylamine, si bien que la liaison entre A et B
est un pont -NH-O. Les résidus B et D sont liés par l’intermédiaire d’un benzène
complètement substitué, C.
La cytotoxicité de la calichéamicine et de ses congénères est due à une rupture, apparemment irréparable, de la double hélice de l’ADN, conséquence d’une
transformation remarquable de l’aglycone. On peut l’observer en l’absence
d’ADN. Le traitement de la calichéamicine en solution dans CD,C12 par la triphénylphosphine donne le produit 18.2 (où R représente le résidu oligosacchari18.1
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