La réaction immunochimique in vitro
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rents sur la molécule d’antigène. Plusieurs techniques très fines démontrent l’hétérogénéité de l’anticorps polyclonal, mais la séparation des constituants monoclonaux en quantité suffisante pour étudier leurs propriétés n’est pas praticable.
La préparation des anticorps monoclonaux repose sur un autre principe. Le lecteur
reconnaîtra au passage que, comme dans toutes les autres branches, plus traditionnelles, de la chimie, l’obtention de composés purs est source de progrès considérables. Nous avons vu que l’immunisation avec un antigène Ag amène la prolifération de clones de lymphocytes B, chacun spécialisé dans la production de l’un
des anticorps anti-Ag, soient X, X’, X“, etc. Si l’on pouvait cultiver ces cellules in
vitro, des méthodes éprouvées permettraient de séparer ces clones.
Malheureusement il n’est pas possible de cultiver les lymphocytes B in vitro. On
a tourné la difficulté en utilisant les propriétés d’une lignée de cellules myélomateuses. Le myélome multiple est une maladie qui résulte de la transformation
maligne d’un clone unique de plasmocytes, dont la prolifération s’effectue essentiellement dans la moelle osseuse. Ces cellules synthétisent et excrètent une
immunoglobuline monoclonale. On peut les propager indéfiniment par culture. En
les fusionnant avec les cellules de la population de lymphocytes activés par l’antigène, on obtient les hybridomes, des cellules hybrides, cultivables in vitro, et
exprimant l’une des immunoglobulines X, X , X”,. . . Les étapes successives de la
préparation de l’anticorps monoclonal X à l’état pur sont les suivantes. On immunise des souris avec l’antigène. On recueille les lymphocytes B en prélevant la
rate de l’animal et on les mélange avec les cellules myélomateuses dans une solution aqueuse à 50 % de polyéthylèneglycol, pH 8,O. Après quelques heures, on a
un mélange d’hybridomes avec les deux types de cellules d’origine. Les cellules
de la rate non hybridées meurent en un ou deux jours. Quant aux cellules myélomateuses, elles ont été génétiquement programmées pour qu’on puisse les tuer
sélectivement. Ne restent que les hybridomes exprimant les immunoglobulines X,
X’, X”,. . . I1 faut vérifier à cette étape que ces cellules sont effectivement productrices d’anticorps. La dernière étape est le clonage, technique qui permet de préparer des cultures homogènes, issues chacune d’une seule cellule et exprimant
chacune un anticorps monoclonal déterminé.
15.3 LA RÉACTION IMMUNOCHIMIQUE IN VITRO
Le lecteur aura compris en lisant le paragraphe précédent que l’immunisation
d’un animal pour obtenir un anticorps polyclonal et la séparation de ses constituants en unités monoclonales homogènes font appel à des techniques apparentées
à la biologie. En revanche, l’étude de l’association entre antigène et anticorps chimiquement définis in vitro est typiquement une branche de la chimie, science dont
le domaine doit recouvrir toute espèce de combinaisons, même si elles n’impliquent pas de liaisons covalentes. Sauf indication contraire, il ne sera plus question
dans la suite que d’anticorps monoclonaux.
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