CHAPITRE 15
Antigènes et anticorps. Lectines
15.1 AVERTISSEMENT
Les lecteurs qui ont reçu une formation biochimique ou médicale reconnaîtront
de suite que les paragraphes 15.2 et 15.3 ne se situent pas au même niveau que les
autres exposés de ce livre. Cet exposé sommaire de l’immunochimie est destiné
avant tout aux lecteurs qui ont suivi le cursus traditionnel en chimie organique.
Actuellement une forte proportion des chimistes travaillant sur les sucres ont des
relations plus ou moins étroites avec des groupes d’immunologistes. Dans cet
ouvrage même, des termes tels que antigène, anticorps, anticorps monoclonal,
déterminant, épitope, etc., se rencontrent en différents paragraphes ; il est fait également référence à certaines méthodes analytiques de l’immunologie quantitative.
La lecture des paragraphes 15.2 et 15.3 doit donner au chimiste organicien une
vision plus concrète de ces notions et de ces expériences. On espère ainsi faciliter
le dialogue avec les immunologistes.
15.2 ANTIGÈNES ET ANTICORPS
L‘introduction d’une macromolécule étrangère dans la circulation sanguine
d’un vertébré supérieur (souris, lapin, cobaye, mouton, chèvre.. .) peut éventuellement susciter l’apparition dans le sérum d’une collection de protéines particulières. C’est le plus souvent un mélange hétérogène de molécules douées d’une
propriété commune : elles se combinent de façon non covalente à la macromolécule qui a entraîné leur apparition. On dit alors que cette macromolécule s’est
comportée comme un antigène dans les circonstances exactes de l’expérience et
les protéines réactives apparues dans le sérum s’appellent anticorps. I1 faut préciser le protocole de l’injection - molécule homogène, ou liée à un support macromoléculaire, ou solidaire d’une paroi cellulaire - et l’animal injecté - lapin,
souris, etc. - car une même molécule peut être antigénique ou non suivant les
conditions de son administration.
L’étude de la structure des anticorps a été possible grâce à une technique, décrite plus loin dans ce chapitre, qui a permis d’obtenir des protéines homogènes. Ces
protéines appartiennent à la famille générale des globulines, les immunoglobulines I,.
Elles se répartissent en classe et sous-classes sur lesquelles nous reviendrons.
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