Autres configurations de sucres
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cycle pentose-heptose, plus compliquée, mais qui n’implique pas le carbone
pénultième). Le désoxyribose est fabriqué par désoxygénation du D-ribose sur
C(2). Lamination du D-fructose, suivie d’acétylation donne la N-acétylglucosamine, épimérisée en N-acétylgalactosamine et N-acétylmannosamine. La
condensation aldolique de 1’ acide pyruvique sur la N-acétylmannosamine donne
l’acide sialique.
Seul parmi les sucres 1.5 à 1.14, le fucose présente la configuration du L-glycéraldéhyde sur son carbone pénultième. Le précurseur biologique est le D-mannose. I1 se forme un dérivé de structure 1.15 intermédiaire. Celui-ci subit des épimérisations en 3 et 5, conformes à l’intuition du chimiste organicien, puisque ces
carbones sont contigus à un carbonyle, et la réduction en alcool du carbonyle. I1
est peut-être significatif qu’on observe aussi la configuration du L-glycéraldéhyde sur le carbone pénultième d’autres sucres naturels désoxygénés en C(6). Pour
éviter toute erreur d’interprétation, on doit souligner que les substrats réels des
enzymes dans ces voies biosynthétiques ne sont pas les sucres libres, mais des
phosphates, ou des phosphates complexes. Toutefois, ceci n’infirme en rien nos
déductions.
Quittons la biochimie pour la géométrie. On a pris l’habitude de classer le
D-glucose et ses quinze isomères de configuration stable en deux groupes de huit :
la série D, où C(5) présente la configuration du D-glycéraldéhyde et la série L, où
C(5) présente la configuration du L-glycéraldéhyde. On fait précéder le nom des
sucres de la série D du préfixe D : D-glucose, D-mannose, etc. Les énantiomères
de ces hexoses, qui appartiennent à la série L sont appelés L-glucose, L-mannose, etc. Enfin, lorsque dans un texte, ou un nom de dérivé de sucre en nomenclature officielle (voir le chapitre 4) on veut désigner la configuration, par opposition
à la molécule, on emploie les symboles en italiques D-manno, D-gluco, D-galacto,
L-manno, etc. dérivés des noms courants des sucres. Ces conventions s’étendent
sans difficulté aux pentoses. I1 y a huit pentoses, deux à deux énantiomères, répartis dans deux séries, D et L, selon que le carbone pénultième a la configuration du
D-glycéraldéhyde ou la configuration opposée. La configuration du pentose
D-ribose se désigne par D-ribo.
On remarquera que les mots << série D >> et G série L >> ne recouvrent pas la
même réalité biologique suivant qu’il s’agit de sucres ou d’acides aminés. Les
acides aminés des protéines, une vingtaine en tout, appartiennent exclusivement à
<< la série L des acides aminés ». Les séquences des oligosaccharides, architectures parallèles aux polypeptides dans les tissus (mais non directement codées),
peuvent être bâties aussi bien de sucres D que de sucres L, quoique les premiers
prédominent en général. On peut suggérer une explication : le carbone des acides
aminés dont la configuration détermine la série est directement lié aux deux fonctions, amine et carboxyle, directement impliquées dans la liaison peptidique. En
revanche, le carbone pénultième des sucres, dont la configuration fixe la série, est
plutôt passif dans la création de la liaison entre monosaccharides, dite glycosidique.
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