Interaction des sucres avec l’eau liquide
191
thylsulfoxyde est décomposé par le méthanol bouillant, puis exposé à la vapeur
d’iode en atmosphère saturée d’humidité. II prend à ce moment-là la coloration
bleu intense caractéristique. On peut décrire la structure ainsi : une droite ou une
ligne presque rectiligne sur laquelle s’alignent des atomes d’iode, séparés par
295 f 4 pm, pratiquement équidistants. Tout autour s’enroule l’amylose en une
hélice à gauche dont chaque tour correspond à six unités a-D-glucopyranose. I1 y
a trois atomes d’iode par tour d’hélice. Les atomes d’iode sont alignés ; il n’y a
pas de contact avec des atomes d’oxygène et la couleur est bleue, tandis que dans
le complexe du paranitrophényl a-D-maltohexaoside avec I;, la chaîne d’iode est
zigzagante, il y a des contacts avec les atomes d’oxygène et la couleur est brune.
Selon un article récent, la complexation de l’amylose rigoureusement anhydre
(ce qui évite la formation d’anion iodure) donnerait un complexe de l’iode moléculaire‘ 1 ~ 1 .
11.6 INTERACTION DES SUCRES AVEC L’EAU LIQUIDE
11.6.1 Importance du problème
La place de cette question dans le chapitre ne doit pas faire juger qu’elle est
secondaire. On l’a reportée à la fin à cause de l’incertitude qui plane sur les interprétations. Nous exposerons essentiellement des hypothèses et des tentatives de
réponse expérimentale. Rappelons une banalité : le glucose et la majorité des
sucres libres sont très solubles dans l’eau. I1 reste une part de vérité dans le vieux
nom d’hydrate de carbone, car c’est la famille organique la plus voisine de l’eau.
Aussi, les molécules de sucres, attachées à la périphérie des cellules vivant en
milieu aqueux assurent-elles une espèce de continuité entre une membrane hydrophobe dans ses parties profondes et le milieu aqueux extérieur. L‘universalité du
glucose dans le monde vivant suggère une origine très ancienne. Doit-il son émergence à une adaptation particulière à l’eau de << l’océan primordial >> ? Ceci est
pure spéculation, mais il y a aussi des problèmes de notre monde contemporain.
Bon nombre d’interactions entre une cellule et son milieu reposent sur l’attachement d’un oligosaccharide membranaire qui baigne dans un milieu aqueux à un
récepteur lipidique ou protéique. On peut en général mesurer les paramètres thermodynamiques de cette réaction mais leur interprétation concrète exige que l’on
connaisse bien le type de liaison impliqué dans l’état initial. En forçant un peu les
mots, on pourrait dire que l’eau liquide est le récepteur primordial et universel de
tous les sucres et voir les interactions sucre-récepteur protéiques en milieu aqueux
comme le passage d’un récepteur 2 un autre.
11.6.2 Le modèle d’hydradation stéréospécifique des hexopyranoses
Elucider les détails de l’interaction entre le sucre et l’eau revient à séparer le
comportement d’une mince pellicule au contact du soluté de celui de la masse des
191
thylsulfoxyde est décomposé par le méthanol bouillant, puis exposé à la vapeur
d’iode en atmosphère saturée d’humidité. II prend à ce moment-là la coloration
bleu intense caractéristique. On peut décrire la structure ainsi : une droite ou une
ligne presque rectiligne sur laquelle s’alignent des atomes d’iode, séparés par
295 f 4 pm, pratiquement équidistants. Tout autour s’enroule l’amylose en une
hélice à gauche dont chaque tour correspond à six unités a-D-glucopyranose. I1 y
a trois atomes d’iode par tour d’hélice. Les atomes d’iode sont alignés ; il n’y a
pas de contact avec des atomes d’oxygène et la couleur est bleue, tandis que dans
le complexe du paranitrophényl a-D-maltohexaoside avec I;, la chaîne d’iode est
zigzagante, il y a des contacts avec les atomes d’oxygène et la couleur est brune.
Selon un article récent, la complexation de l’amylose rigoureusement anhydre
(ce qui évite la formation d’anion iodure) donnerait un complexe de l’iode moléculaire‘ 1 ~ 1 .
11.6 INTERACTION DES SUCRES AVEC L’EAU LIQUIDE
11.6.1 Importance du problème
La place de cette question dans le chapitre ne doit pas faire juger qu’elle est
secondaire. On l’a reportée à la fin à cause de l’incertitude qui plane sur les interprétations. Nous exposerons essentiellement des hypothèses et des tentatives de
réponse expérimentale. Rappelons une banalité : le glucose et la majorité des
sucres libres sont très solubles dans l’eau. I1 reste une part de vérité dans le vieux
nom d’hydrate de carbone, car c’est la famille organique la plus voisine de l’eau.
Aussi, les molécules de sucres, attachées à la périphérie des cellules vivant en
milieu aqueux assurent-elles une espèce de continuité entre une membrane hydrophobe dans ses parties profondes et le milieu aqueux extérieur. L‘universalité du
glucose dans le monde vivant suggère une origine très ancienne. Doit-il son émergence à une adaptation particulière à l’eau de << l’océan primordial >> ? Ceci est
pure spéculation, mais il y a aussi des problèmes de notre monde contemporain.
Bon nombre d’interactions entre une cellule et son milieu reposent sur l’attachement d’un oligosaccharide membranaire qui baigne dans un milieu aqueux à un
récepteur lipidique ou protéique. On peut en général mesurer les paramètres thermodynamiques de cette réaction mais leur interprétation concrète exige que l’on
connaisse bien le type de liaison impliqué dans l’état initial. En forçant un peu les
mots, on pourrait dire que l’eau liquide est le récepteur primordial et universel de
tous les sucres et voir les interactions sucre-récepteur protéiques en milieu aqueux
comme le passage d’un récepteur 2 un autre.
11.6.2 Le modèle d’hydradation stéréospécifique des hexopyranoses
Elucider les détails de l’interaction entre le sucre et l’eau revient à séparer le
comportement d’une mince pellicule au contact du soluté de celui de la masse des
