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Des espèces invasives, autres que le Crabe bleu, sont déjà exploitées dans différents secteurs
économiques. Généralement, ces exploitations sont pratiquées afin de compenser ou réduire
les pertes de revenus induites par l’espèce invasive.
« À l’origine des projets d’exploitation commerciale, il existe souvent une volonté de
compenser des pertes de revenus survenues dans différents secteurs économiques.
Ces pertes sont le plus souvent liées à une combinaison de facteurs économiques et
environnementaux défavorables. Parmi les facteurs environnementaux,
l’introduction d’une EEE est régulièrement citée. Par exemple, le Crabe chinois
(Eriocheir sinensis), importé d’Asie par les eaux de ballast des navires, consomme
les œufs d’espèces de poissons à forte valeur commerciale en Allemagne, impactant
60 pêcheurs professionnels sur l’Elbe et la Havel et représentant une perte estimée
à 8,4 millions d’euros sur la période 1994-2004 (soit 14 000 euros par pêcheur et
par an). En parallèle, il existe une forte demande de consommation humaine de
Crabe chinois émanant de la communauté chinoise, l’exportation de Taïwan et de
Chine n’étant plus possible (individus contaminés par diverses pollutions et surcoût).
Le produit de la vente des crabes à destination des marchés asiatiques dans cette
même période a été estimé entre 3 et 4,5 millions d’euros, permettant ainsi de
compenser une importante partie de la perte de revenus (Gollasch & Nehring,
2006). » (UICN France, 2018)
Il est alors facile de réaliser un parallèle entre le Crabe chinois et le Crabe bleu américain.
Effectivement, tous deux ont été introduits accidentellement par les eaux de ballasts et ont des
répercussions négatives sur l’activité de pêche et les pêcheurs (Concernant Callinectes sapidus
voir Marchessaux et al., soumis). Cependant, tous deux font l’objet d’une très forte
consommation et donc demande dans leur pays d’origine respectif. D’après la NOAA, le Crabe
bleu américain est surexploité aux Etats-Unis et les prises de pêches ont diminué au cours de
ces dernières années. La possibilité d’une exploitation du Crabe bleu et de son export pourrait
être envisager. Néanmoins, le Crabe bleu est une espèce invasive en Méditerranée qui a été
proposée pour être inscrite dans la liste des EEE de niveau 1 (à l’échelle nationale). Si le
classement de Callinectes sapidus est effectif, son exploitation commerciale serait encore
possible. Seul l’inscription en niveau 2 rendrait toute exploitation commerciale impossible sauf
après demande d’autorisation ministérielle. Il est à noter que la commercialisation d’une
espèce invasive peut aussi entrainer des inconvénients et certaines répercussions impactantes
(UICN France, 2018).
« Lorsqu’une EEE se transforme en une ressource économique, il devient complexe
de conserver des objectifs de réduction des effectifs et qui plus est, d’éradication
(Nuñez et al., 2012). La dépendance économique pouvant résulter de la valorisation
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