La mer en mouvement
Les courants de marée
La marée montante s’appelle le flux; la marée descendante, le reflux, ou jusant. Ascendante ou descendante, la marée induit un courant horizontal
dont la force varie selon le marnage et la topographie. Ces courants de marée peuvent être très puissants lorsque le flux et le reflux sont canalisés dans
une passe étroite ou un goulet. Seul un plongeur
expérimenté peut s’y aventurer, et non sans risque.
Il est toujours préférable de faire coïncider la plongée avec la période de l’étale qui intervient avant
chaque changement de marée, entre le flux et le
reflux ou vice versa : il est donc indispensable de se
procurer l’annuaire local des marées et d’établir
avec précision votre plan de plongée car, dans certains endroits, l’étale dure à peine 15 ou 20 minutes.
Assurez-vous en tout cas que vous n’aurez à aucun
Les courants de retour
Le phénomène des courants
de retour illustre une loi
élémentaire de la nature :
une masse liquide
rééquilibre toujours
son niveau. L’eau
qui est projetée
en avant par le
déferlement
monte à l’assaut
de la plage, mais
finit toujours par
refluer au large,
' plage
Types de courants
DE RETOUR
tantôt en s’écoulant en nappe sur le fond, tantôt sous forme de courant de retour, en formant une sorte de colonne qui
moment à nager à contre-courant.
traverse la zone de ressac sur toute l’épaisseur de la
On distingue habituellement quatre
La dérive littorale
Le plongeur doit aussi apprendre à se méfier du
courant parallèle au rivage, que l’on appelle dérive
littorale et qui est engendré par les vagues déferlantes lorsqu’elles abordent le rivage obliquement.
Généralement inférieure à 2 km/h, la vitesse de ce
courant peut néanmoins varier suivant la force des
vagues et leur angle d’approche, ou selon la pente
de la plage. La dérive littorale, dont l’intensité décroît
à mesure que l’on s’éloigne du rivage, est toujours
plus forte à l’intérieur de la zone de ressac et peut
alors vous précipiter sur des rochers ou vous entraîner vers un endroit où il sera malaisé de sortir de
l’eau. Ce type de courant, qui joue un rôle important
dans le façonnement des plages, peut aussi creuser de
véritables entonnoirs dans le sable (en particulier
si la pente est abrupte), et le plongeur qui
reprend pied risque de se retrouver brusquement la tête dans l’eau... Enfin, ce
courant diminue la visibilité subaquatique en raison de la quantité de
sédiments qu’il brasse.
On peut détecter l’existence d’une dérive littorale et évaluer sa force en
observant le mouvement
des oiseaux de mer et des
objets flottants. Si elle est
trop accentuée, mieux vaut
renoncer à plonger.
nappe d’eau. Les courants de retour, dont le flux
parcourt des distances allant de 25 m à 1 km, remodèlent souvent le relief du fond en y creusant
entonnoirs ou chenaux. Ils atteignent leur force
maximale lors des périodes d’accalmie des vagues.
En règle générale, plus la zone de ressac est étendue, plus le courant est intense.
Un courant de retour comprend trois sections : le
goulet, la colonne et la tête. Le goulet, proche du
rivage, canalise le flux. Le courant atteint ensuite sa
vitesse maximale dans la colonne. La tête est le
point où le flux perd son impulsion et se disperse
dans la masse liquide.
Il est très utile de savoir repérer les courants de
retour, que ce soit pour les utiliser à son profit, si
l’on est un plongeur expérimenté, ou pour éviter
leurs pièges. On les reconnaît aux
types de courants de retour.
1. Permanent : le reflux vers le large
se fait dans une étroite passe
rocheuse ou le long d'une vallée du
fond marin qui forme chenal. Les
courants permanents peuvent aussi
suivre la ligne d'une jetée, d'une
digue ou d'un pipeline.
2. Temporaire : ce type de courant
naît d'une modification du relief
sous-marin ou côtier, par exemple
d'un entonnoir creusé par les
vagues. Sa durée varie de quelques
heures à plusieurs mois.
3. Courant-éclair : si l'eau du ressac
s'accumule plus vite
qu'elle ne s'écoule, il
peut se former un violent courant de retour,
qui disparaît aussi vite qu'il
est né et d'autant plus dangereux qu'il est imprévisible.
4. Itinérant : induit en général par
une dérive littorale, ce courant aux
trajets capricieux peut parcourir de
longues distances avant de s'interrompre subitement.
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