La plongée
poumons le temps d’évacuer l’azote des tissus, il faut
respecter certains équilibres entre profondeur de
plongée, temps d’immersion et vitesse de remontée.
C’est le physiologiste britannique Haldane qui, au
XIXe siècle, fut le premier à élaborer des tables indiquant les limites à respecter pour plonger sans risque.
L’apparition de nouvelles théories sur l’absorption
et l’élimination gazeuses a conduit à corriger ces tables
et à en publier de nouvelles qui fixent des normes de
sécurité de plus en plus rigoureuses. Mais aucune
table n'est totalement fiable. En effet, tous les individus sont différents et leur condition physique et psychique varie de jour en jour, tandis que les
conditions de plongée changent suivant les sites et
les heures. Par ailleurs,
la plupart des tables
sont calculées pour un
maximum de deux plongées par jour et non pour
des plongées successives.
Voilà pourquoi, même si les
tables disent que vous êtes dans
la norme, il se peut que votre
organisme ne soit pas d’accord.
Il existe de nombreux modèles de
tables de plongée issus d’organismes
professionnels, de la Marine, etc., plus
ou moins contraignants selon les usagers auxquels ils sont destinés. Chacun indique une ou
plusieurs vitesses de remontée et, en fonction de la
durée et de la profondeur de la plongée, la durée et la
profondeur des paliers à réaliser. Pour être assuré
d'une désaturation suffisante en azote, le plongeur
doit respecter scrupuleusement les données de sa
table. S’il n'est pas équipé d’un ordinateur de plongée,
il a donc besoin d’une montre et d’un profondimètre.
En quelques années, les ordinateurs ont fait une
percée remarquable. Leurs capacités de calcul leur
permettent de prendre en compte davantage de
paramètres que les tables de plongée, ce qui les rend
plus pratiques et plus précis. Ils ne sont pas pour
autant infaillibles. Ici comme ailleurs, quand la réalité contredit la théorie, c’est la réalité qui a raison !
Précautions à prendre
Beaucoup d’accidents de décompression surviennent
à l’occasion de plongées multiples ou lorsque les
plongées se succèdent plusieurs jours d’affilée.
a. ► La plupart des grandes
organisations de plongée ont
élaboré leurs propres tables.
Méfiez-vous des stages intensifs et des vacances de
plongée qui peuvent conduire à une accumulation
d’azote dans votre organisme. L’idéal est de s’en
tenir à deux plongées quotidiennes, en commençant
par la plongée la plus profonde. Certains préconisent de prendre une journée de repos après trois
jours de plongée.
Les chercheurs ont également constaté que la
déshydratation pouvait aggraver la maladie de la
décompression, en particulier lors de plongées successives, car elle provoque un épaississement du
sang qui ralentit la circulation,
diminue l’irrigation des tissus et
entraîne une mauvaise élimination de l’azote. Les causes de
déshydratation les plus courantes sont les vomissements, l’alcool et une
sudation excessive. Il
est donc déconseillé
de plonger après
avoir vomi (si les
vomissements se
produisent au
retour en surface, boire sans
tarder et en abondance).
L’alcool est un diurétique : si l’on en a
abusé la veille, on compensera en buvant des boissons non alcoolisées ou l’on s’abstiendra carrément
de plonger. Enfin, une transpiration excessive peut
conduire à la déshydratation, aussi vaut-il mieux éviter les gros efforts physiques avant de plonger.
Par ailleurs, la pressurisation normale dans la
cabine des appareils des lignes aériennes commerciales correspond à la pression qui règne entre 1500
et 3000 m d’altitude, ce qui risque de provoquer un
accident de décompression si l’on prend l’avion trop
tôt après une plongée. Les recommandations varient
selon les organismes de plongée. Les plus sévères
conseillent d’attendre :
• 12 heures après une journée de plongée sans
palier de décompression,
• de 12 à 24 heures après une journée ou plusieurs
jours d’affilée de plongées successives sans palier de
décompression,
• de 24 à 48 heures après toute plongée avec paliers
de décompression obligatoires.
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