Santé et sécurité
Accidents de la décompression
Lors de la descente du plongeur, la pression
ambiante augmente, ce qui fait pénétrer dans son
corps plus d’azote que son organisme n’en élimine.
Pris en charge par le sang au niveau des poumons,
cet azote est transporté vers les tissus, où il se dissout. Le paramètre qui commande ce processus de
dissolution (ou, en sens inverse, d’élimination) n’est
autre que la différence entre la pression partielle de
ce gaz dans le tissu de départ et sa pression partielle
dans le tissu d’arrivée (gradient). Quand ces pressions s’équilibrent, le gradient devient nul.
Le sang, le cerveau, le cœur, les os, les muscles,
les tissus graisseux... ont des capacités et des
vitesses d’absorption très variables. Par conséquent,
la période (durée, exprimée en minutes, qui est
nécessaire pour atteindre la demi-saturation) diffère
selon les « compartiments » du corps. On distingue
donc les tissus longs, qui se saturent lentement (os,
muscles...), et les tissus courts (sang, graisse...), qui,
au contraire, se saturent vite.
A la remontée, le phénomène s’inverse, aboutissant au dégazage. Si le retour du plongeur en surface est trop rapide, l’azote en excédent ne peut pas
être éliminé assez vite de son organisme, et des
bulles risquent de se former soit dans le sang, où
elles entravent la circulation, soit dans les tissus,
qu’elles déforment en se dilatant sous l’effet de la
diminution de la pression ambiante. Cette maladie
de la décompression se traduit par des symptômes
différents selon sa localisation.
Les accidents cutanés : ils se traduisent par des
démangeaisons, voire des boursouflures (on parle
de « puces » et de « moutons »). Parfois, la peau se
marbre sur tout le corps. Ces éruptions disparaissent
habituellement au bout d’une heure ou deux. Elles
sont bénignes par elles-mêmes, mais peuvent annoncer des accidents plus sérieux.
Les accidents ostéo-articulaires (bends) : ce sont
les plus courants. Ils touchent surtout les grosses
articulations (épaule, coude...) et se manifestent
par des élancements qui peuvent devenir intolérables. Typiques des tissus longs, ils peuvent
atteindre leur maximum d'intensité des heures
après le retour en surface. Ils disparaissent spontanément, mais risquent, s’ils ne sont pas traités, de
provoquer des lésions articulaires.
Les accidents neurologiques : ils affectent généralement la moelle épinière. Ils se manifestent alors par
une douleur dorsale qui peut irradier autour de
l’abdomen, suivie de picotements et de faiblesses
dans les jambes. La miction devient difficile. Puis
une paralysie s’installe, limitée à la partie inférieure
du corps, ou généralisée. Si les accidents neurologiques ont pour siège le cerveau et l’oreille interne,
ils produisent des vertiges, des troubles de la vision,
ou de la parole, une perte d’équilibre... Ces affections, typiques des tissus courts, peuvent causer des
Anatomie de l’oreille
dégâts irréversibles. 11 est donc essentiel de les identifier et de les soigner sans perdre un instant.
Pour traiter les victimes d’accidents de décompression, on leur fait respirer de l’oxygène pur, on les fait
boire abondamment (environ 1 1 par heure), on leur
administre de l’aspirine, ce qui favorise l'élimination
de l’azote, et on les place dans un caisson hyperbare
où elles subissent une recompression, puis une lente
décompression en fonction de tables spéciales.
Les tables de plongée
Mieux vaut prévenir que guérir : vu les risques
qu’entraîne la maladie de la décompression, jamais
proverbe n’aura été plus approprié à la plongée... Les
troubles que nous venons de décrire sont provoqués
par un mauvais dégazage lors de la remontée. Pour
plonger en toute sécurité, c’est-à-dire pour laisser aux
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