La plongée
six ou sept heures à une vingtaine de mètres de profondeur, se plaignent d’attaques de « froid et de
douleurs rhumatismales ». Le colonel Pasley et ses
hommes ne peuvent pas savoir que ce qu ils prennent pour des rhumatismes est en réalité un mal de
la plongée qui ne sera identifié que plusieurs années
plus tard : la maladie de la décompression.
► Un plongeur se prépare à
participer à des opérations de
renflouement en 1870.
▼ Le monde sous-marin a
donné naissance à bien des
mythes et des légendes...
La DÉCOUVERTE DE
LA MALADIE DE LA
DÉCOMPRESSION
La maladie de la décompression est d’abord appelée « maladie des caissons ».
En effet, comme ce nom
l'indique, elle affecte surtout les plongeurs qui travaillent dans les caissons
étanches alimentés en air
comprimé, que l’on utilise
à cette époque pour percer
des tunnels ou couler les
fondations des piles de
pont. Lors des grands travaux du xixe siècle, ces
chantiers se multiplient, et,
avec eux, les cas de maladie des caissons. De toutes
les pathologies liées à la
plongée, la maladie de la
décompression est la plus connue.
C’est un physiologiste français, Paul Bert, qui, au
terme de recherches approfondies sur la maladie de
la décompression, découvre en 1878 que le fait de
respirer de l’air lorsqu’on est exposé à la pression de
l’eau entraîne la dissolution de l’azote dans le sang.
Si cette pression disparaît brusquement, l’azote dissous se gazéifie à nouveau, trop vite pour être évacué de l’organisme de façon naturelle. Des bulles de
gaz se forment alors dans tout le corps, entraînant
ces douleurs tenaces que les premiers plongeurs et
les ouvriers travaillant en immersion prennent, à
tort, pour des rhumatismes.
Pour résoudre le problème, Paul Bert conseille de
remonter vers la surface par paliers, ce qui entraîne
une amélioration immédiate de la santé des intéressés et une réduction du nombre d’accidents mortels.
Bert remarque aussi que l’on peut efficacement lutter
contre les effets d'une décompression trop brutale
en augmentant de nouveau la pression à laquelle est
soumis le plongeur. Cette découverte conduit à la
construction en 1893, en Amérique, du premier caisson de recompression. Celui-ci sera utilisé lors de la
construction d’un tunnel sous le fleuve Hudson,
entre New York et le New Jersey. Les prescriptions
de Paul Bert ne suffisent pourtant pas à résoudre
tous les problèmes. Les
plongeurs qui tentent de
travailler au-dessous de
40 m pendant une période
prolongée continuent en
effet à souffrir de la maladie de la décompression, et
leur efficacité s’en ressent.
Certains d’entre eux sont
même sujets à des pertes
de connaissance dont les
conséquences peuvent être
dramatiques.
L’élaboration des
TABLES DE PLONGÉE
C’est un physiologiste
anglais, J.-S. Haldane, qui,
à l’occasion d’une longue
campagne d’expériences
menées entre 1905 et 1907
avec les plongeurs de la
Royal Navy, découvre la
cause du problème : la ventilation insuffisante du
casque de plongée provoque une accumulation de
gaz carbonique qui finit par être toxique.
Pour résoudre cette difficulté, Haldane recommande d’accroître l’afflux régulier d’air frais dans le
casque en fonction de la pression, c’est-à-dire de la
profondeur du plongeur. Il élabore également une
série de tables qui indiquent la durée maximale de
plongée en fonction du niveau atteint. Il met enfin
au point une procédure de décompression qui, si elle
est correctement observée, limite les effets physiologiques de la remontée. Même si les tables de
Haldane ont été revues et modifiées au fil des
années, leurs principes de base restent valables
aujourd’hui encore.
Les découvertes de Haldane permettent de descendre à - 65 m, profondeur au-delà de laquelle les
pompes manuelles de cette époque ne peuvent plus
envoyer l’air. Toutefois, à partir d’une trentaine de
12
six ou sept heures à une vingtaine de mètres de profondeur, se plaignent d’attaques de « froid et de
douleurs rhumatismales ». Le colonel Pasley et ses
hommes ne peuvent pas savoir que ce qu ils prennent pour des rhumatismes est en réalité un mal de
la plongée qui ne sera identifié que plusieurs années
plus tard : la maladie de la décompression.
► Un plongeur se prépare à
participer à des opérations de
renflouement en 1870.
▼ Le monde sous-marin a
donné naissance à bien des
mythes et des légendes...
La DÉCOUVERTE DE
LA MALADIE DE LA
DÉCOMPRESSION
La maladie de la décompression est d’abord appelée « maladie des caissons ».
En effet, comme ce nom
l'indique, elle affecte surtout les plongeurs qui travaillent dans les caissons
étanches alimentés en air
comprimé, que l’on utilise
à cette époque pour percer
des tunnels ou couler les
fondations des piles de
pont. Lors des grands travaux du xixe siècle, ces
chantiers se multiplient, et,
avec eux, les cas de maladie des caissons. De toutes
les pathologies liées à la
plongée, la maladie de la
décompression est la plus connue.
C’est un physiologiste français, Paul Bert, qui, au
terme de recherches approfondies sur la maladie de
la décompression, découvre en 1878 que le fait de
respirer de l’air lorsqu’on est exposé à la pression de
l’eau entraîne la dissolution de l’azote dans le sang.
Si cette pression disparaît brusquement, l’azote dissous se gazéifie à nouveau, trop vite pour être évacué de l’organisme de façon naturelle. Des bulles de
gaz se forment alors dans tout le corps, entraînant
ces douleurs tenaces que les premiers plongeurs et
les ouvriers travaillant en immersion prennent, à
tort, pour des rhumatismes.
Pour résoudre le problème, Paul Bert conseille de
remonter vers la surface par paliers, ce qui entraîne
une amélioration immédiate de la santé des intéressés et une réduction du nombre d’accidents mortels.
Bert remarque aussi que l’on peut efficacement lutter
contre les effets d'une décompression trop brutale
en augmentant de nouveau la pression à laquelle est
soumis le plongeur. Cette découverte conduit à la
construction en 1893, en Amérique, du premier caisson de recompression. Celui-ci sera utilisé lors de la
construction d’un tunnel sous le fleuve Hudson,
entre New York et le New Jersey. Les prescriptions
de Paul Bert ne suffisent pourtant pas à résoudre
tous les problèmes. Les
plongeurs qui tentent de
travailler au-dessous de
40 m pendant une période
prolongée continuent en
effet à souffrir de la maladie de la décompression, et
leur efficacité s’en ressent.
Certains d’entre eux sont
même sujets à des pertes
de connaissance dont les
conséquences peuvent être
dramatiques.
L’élaboration des
TABLES DE PLONGÉE
C’est un physiologiste
anglais, J.-S. Haldane, qui,
à l’occasion d’une longue
campagne d’expériences
menées entre 1905 et 1907
avec les plongeurs de la
Royal Navy, découvre la
cause du problème : la ventilation insuffisante du
casque de plongée provoque une accumulation de
gaz carbonique qui finit par être toxique.
Pour résoudre cette difficulté, Haldane recommande d’accroître l’afflux régulier d’air frais dans le
casque en fonction de la pression, c’est-à-dire de la
profondeur du plongeur. Il élabore également une
série de tables qui indiquent la durée maximale de
plongée en fonction du niveau atteint. Il met enfin
au point une procédure de décompression qui, si elle
est correctement observée, limite les effets physiologiques de la remontée. Même si les tables de
Haldane ont été revues et modifiées au fil des
années, leurs principes de base restent valables
aujourd’hui encore.
Les découvertes de Haldane permettent de descendre à - 65 m, profondeur au-delà de laquelle les
pompes manuelles de cette époque ne peuvent plus
envoyer l’air. Toutefois, à partir d’une trentaine de
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