La plongée à travers les âges
Deux manchons souples imperméables dans lesquels
on glisse les bras permettent de travailler au fond.
Le dispositif est mis à l’eau et manœuvré à partir
d’un bateau de la même façon qu’une cloche à plongeur. Lethbridge réussit ainsi à remonter toutes
sortes d’objets retrouvés dans des épaves. En 1749, il
écrit à un journal populaire pour expliquer que son
invention est utilisable jusqu’à - 18 m et que l’on
peut sans problème rester immergé à cette profondeur pendant 34 minutes. L’appareil présente
cependant les mêmes inconvénients que la cloche : il
est peu maniable et n’assure pas un approvisionnement continu en air frais.
La récupération de trésors engloutis est une activité des plus lucratives, ce qui contribue à stimuler
la recherche en matière de techniques et d’équipements d’immersion. On attribue en générai la mise
au point de la première tenue de plongée vraiment
efficace à un dénommé Augustus Siebe, mais
nombre de ses contemporains mènent des
recherches parallèles.
En 1823, les frères John et Charles Deane font
breveter un projet d’« équipement de fumée » destiné aux pompiers. Cinq ans plus tard, ils récidivent avec la « Tenue de plongée des frères
Deane », qui comprend une lourde combinaison destinée à protéger l’utilisateur
contre le froid et un casque plombé
pourvu de hublots, qui repose sur les
épaules du plongeur et qui est relié par
un tuyau à une source d’air en surface.
Le gaz carbonique expiré est évacué sous
le bord du casque, ce qui ne pose pas de
problème tant que le plongeur se maintient debout, mais, à la moindre chute,
le casque se remplit immédiatement d’eau ! Augustus
Siebe apportera un perfectionnement décisif à ce
dispositif en reliant hermétiquement le casque à
la tenue par l’entremise
d’une sorte de veste qui
descend jusqu’à la taille.
Ce système est beaucoup plus sûr, car il permet
d’évacuer l’air rejeté par-dessous cette veste tout en
empêchant l’eau de pénétrer dans le casque en cas
de perte d’équilibre du plongeur.
En 1840, ce même Siebe conçoit et réalise la première valve d’évacuation efficace, créant par là
même - enfin ! - un costume de plongée étanche de
la tête aux pieds : la « Tenue de plongée améliorée
de Siebe », précurseur direct de l’actuel scaphandre
de plongée sous-marine alimenté en air de surface.
Bien qu’il ait existé beaucoup d’autres équipements à l’époque, c’est le costume de Siebe qui est
choisi par les British Royal Engineers pour le renflouement de l’épave du HMS Royal George (le
navire obstrue un important mouillage de la flotte,
juste à la sortie du port de Portsmouth, en
Angleterre). Cette opération fait une énorme publicité à l’invention de Siebe, d’autant plus que l’officier responsable des opérations, le colonel William
Pasley, préconise l’adoption de la « Tenue de plongée améliorée » pour toutes les futures missions
sous-marines de la Royal Navy. L’historien officiel
du gouvernement britannique à qui nous devons la
description du renflouement de l’épave du Royal
George rapporte à cette occasion que les plongeurs
employés pour cette tâche, qui se relaient toutes les
▲ Mise au point vers 1690, la
cloche de Halley permettait
des plongées sous-marines
prolongées. Elle était alimentée par des « tonneaux d’air ».
« Le régulateur à gaz de
Rouquayrol-Denayrouse,
breveté en 1866.
11
Deux manchons souples imperméables dans lesquels
on glisse les bras permettent de travailler au fond.
Le dispositif est mis à l’eau et manœuvré à partir
d’un bateau de la même façon qu’une cloche à plongeur. Lethbridge réussit ainsi à remonter toutes
sortes d’objets retrouvés dans des épaves. En 1749, il
écrit à un journal populaire pour expliquer que son
invention est utilisable jusqu’à - 18 m et que l’on
peut sans problème rester immergé à cette profondeur pendant 34 minutes. L’appareil présente
cependant les mêmes inconvénients que la cloche : il
est peu maniable et n’assure pas un approvisionnement continu en air frais.
La récupération de trésors engloutis est une activité des plus lucratives, ce qui contribue à stimuler
la recherche en matière de techniques et d’équipements d’immersion. On attribue en générai la mise
au point de la première tenue de plongée vraiment
efficace à un dénommé Augustus Siebe, mais
nombre de ses contemporains mènent des
recherches parallèles.
En 1823, les frères John et Charles Deane font
breveter un projet d’« équipement de fumée » destiné aux pompiers. Cinq ans plus tard, ils récidivent avec la « Tenue de plongée des frères
Deane », qui comprend une lourde combinaison destinée à protéger l’utilisateur
contre le froid et un casque plombé
pourvu de hublots, qui repose sur les
épaules du plongeur et qui est relié par
un tuyau à une source d’air en surface.
Le gaz carbonique expiré est évacué sous
le bord du casque, ce qui ne pose pas de
problème tant que le plongeur se maintient debout, mais, à la moindre chute,
le casque se remplit immédiatement d’eau ! Augustus
Siebe apportera un perfectionnement décisif à ce
dispositif en reliant hermétiquement le casque à
la tenue par l’entremise
d’une sorte de veste qui
descend jusqu’à la taille.
Ce système est beaucoup plus sûr, car il permet
d’évacuer l’air rejeté par-dessous cette veste tout en
empêchant l’eau de pénétrer dans le casque en cas
de perte d’équilibre du plongeur.
En 1840, ce même Siebe conçoit et réalise la première valve d’évacuation efficace, créant par là
même - enfin ! - un costume de plongée étanche de
la tête aux pieds : la « Tenue de plongée améliorée
de Siebe », précurseur direct de l’actuel scaphandre
de plongée sous-marine alimenté en air de surface.
Bien qu’il ait existé beaucoup d’autres équipements à l’époque, c’est le costume de Siebe qui est
choisi par les British Royal Engineers pour le renflouement de l’épave du HMS Royal George (le
navire obstrue un important mouillage de la flotte,
juste à la sortie du port de Portsmouth, en
Angleterre). Cette opération fait une énorme publicité à l’invention de Siebe, d’autant plus que l’officier responsable des opérations, le colonel William
Pasley, préconise l’adoption de la « Tenue de plongée améliorée » pour toutes les futures missions
sous-marines de la Royal Navy. L’historien officiel
du gouvernement britannique à qui nous devons la
description du renflouement de l’épave du Royal
George rapporte à cette occasion que les plongeurs
employés pour cette tâche, qui se relaient toutes les
▲ Mise au point vers 1690, la
cloche de Halley permettait
des plongées sous-marines
prolongées. Elle était alimentée par des « tonneaux d’air ».
« Le régulateur à gaz de
Rouquayrol-Denayrouse,
breveté en 1866.
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