La plongée
D'origine terrestre, les serpents de mer se sont parfaitement adaptés au milieu marin en accroissant
considérablement leur capacité pulmonaire et en
réduisant leur métabolisme. Leurs besoins en oxygène
sont ainsi limités, et ils peuvent rester immergés pendant deux heures. Leurs narines sont dotées d'opercules qui bouchent leurs voies respiratoires en plongée, tandis que leur queue s’est aplatie et est devenue
un organe de propulsion.
Peu craintifs, les serpents de mer peuvent devenir
agressifs s’ils se sentent menacés. Bien que leur venin
soit très toxique, les glandes qui le sécrètent sont peu
développées. Les statistiques montrent qu'un quart
seulement des sujets mordus présentent des signes cliniques d'empoisonnement.
Les symptômes mettent généralement plusieurs
heures à se manifester et affectent d'abord le psychisme : la personne mordue commence par se sentir
« différente », euphorique, agitée ou dépressive.
Suivent une sensation de sécheresse dans la gorge et
des nausées. Peu à peu, l'impression de faiblesse se
transforme en paralysie. Le constriction pénible des
mâchoires et la lourdeur des paupières sont également
des signes caractéristiques.
▼ Le cône capture ses proies
grâce au venin paralysant
qu 'il inocule en projetant sa
trompe, au bout de laquelle se
trouve un dard empoisonné.
Premiers soins
1. Essuyez le venin resté sur la peau, en essayant d’en
recueillir une petite quantité que vous conserverez à
des fins d'identification : l'idéal serait d'attraper le serpent; à défaut, si vous l'avez aperçu, essayez de le
décrire avec précision...
2. Appliquez un bandage de contention sur la plaie et
immobilisez le membre atteint.
3. Calmez la victime et efforcez-vous de la rassurer.
4. Si sa respiration devient difficile ou s’arrête, pratiquez le bouche-à-bouche.
5. Appelez les services d’urgence, mais ne laissez pas
la victime sans surveillance.
Les cônes : des coquillages
AUX HARPONS EMPOISONNÉS
Après les porcelaines, les cônes sont sans doute les
coquillages les plus prisés des collectionneurs. On en a
recensé à ce jour plus de 400 espèces. Ils doivent leur
nom à leur coquille conique à axe horizontal, dont la
structure hélicoïdale propre aux gastéropodes est peu
apparente, chaque tour de la spire recouvrant presque
entièrement le précédent. Une ouverture longue et
étroite et une lèvre au bord extérieur tranchant en
sont les autres caractéristiques.
Prédateurs de poissons, tous les cônes sont pourvus
de glandes à venin, mais seules dix espèces des mers
chaudes sont dangereuses pour l’homme, à commencer par la célèbre gloire-de-la-mer (Conus gloria
mans'), jadis rarissime, qui fut longtemps le coquillage
le plus cher et qui fait aujourd’hui l’objet d’une intense
exploitation commerciale. Citons encore le grand
Conus aulicus spécifique de la Grande Barrière de
corail australienne, à la coquille brune striée de deux
larges bandes horizontales de triangles blancs ; Conus
striatus, répandu sur les côtes de Nouvelle-Calédonie ;
Conus marmoreus, presque blanc, avec d’élégantes
marbrures ; Conus tulipa, tout moucheté de brun, de
blanc et de rose, etc. Deux espèces sont considérées
comme potentiellement mortelles : Conus textile, aux
motifs en treillis, brun foncé sur fond vert bronze, très
répandu dans toute la région indo-pacifique ainsi que
sur les côtes de Floride et dans les Antilles, et Conus
geographus, à la coquille brun rouge irrégulièrement
tachetée de blanc.
Les cônes peuvent atteindre leurs proies à distance
en détendant brusquement leur très longue trompe à
l’extrémité de laquelle est fixé un dard enduit de venin
(d’autres dards sont tenus en réserve dans un sac buccal). Ce projectile vient alors se ficher dans la cible
comme un minuscule harpon empoisonné. C’est pourquoi tout cône vivant doit être manipulé avec la plus
grande prudence. Ces dards empoisonnés sont extrêmement acérés et peuvent même, chez plusieurs
espèces (c’est notamment le cas de Conus geographus),
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