Fascinants récifs
L’acanthaster, fléau des récifs coralliens
Si la couronne du Christ n'exerçait pas de tels
ravages parmi les coraux, cette superbe étoile de
mer, qui atteint 40 cm de diamètre au stade adulte et
dont les couleurs varient du bleu-vert à l'orangé et au
pourpre, serait l'une des attractions des fonds sousmarins. Encore faut-il savoir que les robustes et redoutables piquants (3 à 5 cm) qui couvrent sa face dorsale et ses nombreux bras (souvent plus de 20) sont
venimeux et peuvent provoquer éruptions, nausées et
douleurs aiguës, surtout chez les sujets allergiques.
À la différence d'autres destructeurs du corail, tel
le poisson-perroquet, la couronne du Christ ne s'en
prend pas aux squelettes calcaires, mais aux tissus
vivants. Sa préférence va aux tables des acropores
qui lui offrent un « garde-manger » commode : cette
astérie dévagine en effet son estomac sur la surface
du corail de sorte que ses enzymes digèrent les
polypes sans même avoir besoin de les extraire. Après
rochers, ce qui complique la tâche des services chargés de réguler leurs populations - d'autant que les
couronnes du Christ sont quasiment indestructibles en
raison de leurs incroyables capacités de régénération : elles peuvent reconstituer un individu complet à
partir d'un seul segment de patte !
Les biologistes n'ont pas encore découvert pourquoi les populations d'Acanthaster planci ont récemment connu de spectaculaires explosions. Certains y
voient la conséquence de la disparition de ses prédateurs naturels, tels le triton, dont les coquilles sont très
recherchées par les collectionneurs, ou encore le
poisson-boule, le baliste et le labre, victimes d'une
pêche au filet trop intensive. D'autres mettent en
cause les effets néfastes de la pêche aux explosifs ou
à la drague, de la multiplication des ports de plaisance et de la pollution sur différentes espèces qui se
nourrissaient des œufs et des larves de la couronne
Parmi les méthodes de destruction expérimentées,
l'injection de formol s'est révélée un processus long et
onéreux. On a également envisagé d'attirer en
masse les couronnes du Christ vers la côte pour les
brûler. Mais les scientifiques craignent que le choc
causé par la capture ne libère du sperme et des
œufs, ce qui relancerait un cycle de reproduction.
Actuellement, des essais ont été faits avec des produits de traitement pour piscines, solution à la fois plus
efficace et moins coûteuse que le formol, qui oblige
en outre à retirer les animaux de l'eau. Reste qu'il est
difficile d'évaluer à long terme les effets de cette destruction massive sur l'équilibre du milieu marin, et certains spécialistes émettent les plus vives réserves. Leurs
arguments s'opposent à ceux des responsables du
tourisme, pour qui il est urgent de limiter les populations, faute de quoi les plongeurs cesseront de fréquenter les récifs ravagés.
son passage, il ne reste plus que des coraux morts...
du Christ. Toutefois, des prélèvements effectués dans
En outre, dès qu'un individu s'attaque à une colonie, d'autres ne tardent pas à affluer sur les lieux, attirés, semble-t-il, par les signaux chimiques qu'il émet
pendant son « repas », et cette concentration
aggrave évidemment les dégâts. Habituellement, ces
fléaux du monde sous-marin se nourrissent de nuit et
restent cachés tout le jour dans les anfractuosités des
la Grande Barrière de corail australienne semblent
indiquer que de tels accroissements se sont déjà produits au cours de l'histoire, si bien qu'il s'agit peut-être
d'un phénomène cyclique naturel, dont on s'émeut
seulement aujourd'hui en raison du succès croissant
de la plongée sous-marine et de la prise de
conscience des problèmes liés à l'environnement.
bras extrêmement longs
dont le nombre est invariablement un multiple de
cinq (certaines espèces en
possèdent plus de 100).
Constitués de segments calcaires articulés
recouverts d’une fine membrane, ces bras
portent de fines ramifications latérales,
pourvues de ventouses pédonculées et d’une
gouttière garnie de cils chargés d’acheminer
la nourriture jusqu’à la bouche, qui voisine
avec le cône anal. Bien qu’elles soient
capables de ramper et même de nager, les
comatules sont des organismes essentiellement sédentaires, qui vivent le plus souvent
ancrés sur les fonds marins grâce à des
appendices situés sous leur disque central.
a Cet acanthaster,
ou couronne du Christ,
est en train de dévaster
une colonie de coraux.
◄ Cette ophiure rayée se
déplace, un peu comme les
serpents, par ondulations de
ses longs bras minces.
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L’acanthaster, fléau des récifs coralliens
Si la couronne du Christ n'exerçait pas de tels
ravages parmi les coraux, cette superbe étoile de
mer, qui atteint 40 cm de diamètre au stade adulte et
dont les couleurs varient du bleu-vert à l'orangé et au
pourpre, serait l'une des attractions des fonds sousmarins. Encore faut-il savoir que les robustes et redoutables piquants (3 à 5 cm) qui couvrent sa face dorsale et ses nombreux bras (souvent plus de 20) sont
venimeux et peuvent provoquer éruptions, nausées et
douleurs aiguës, surtout chez les sujets allergiques.
À la différence d'autres destructeurs du corail, tel
le poisson-perroquet, la couronne du Christ ne s'en
prend pas aux squelettes calcaires, mais aux tissus
vivants. Sa préférence va aux tables des acropores
qui lui offrent un « garde-manger » commode : cette
astérie dévagine en effet son estomac sur la surface
du corail de sorte que ses enzymes digèrent les
polypes sans même avoir besoin de les extraire. Après
rochers, ce qui complique la tâche des services chargés de réguler leurs populations - d'autant que les
couronnes du Christ sont quasiment indestructibles en
raison de leurs incroyables capacités de régénération : elles peuvent reconstituer un individu complet à
partir d'un seul segment de patte !
Les biologistes n'ont pas encore découvert pourquoi les populations d'Acanthaster planci ont récemment connu de spectaculaires explosions. Certains y
voient la conséquence de la disparition de ses prédateurs naturels, tels le triton, dont les coquilles sont très
recherchées par les collectionneurs, ou encore le
poisson-boule, le baliste et le labre, victimes d'une
pêche au filet trop intensive. D'autres mettent en
cause les effets néfastes de la pêche aux explosifs ou
à la drague, de la multiplication des ports de plaisance et de la pollution sur différentes espèces qui se
nourrissaient des œufs et des larves de la couronne
Parmi les méthodes de destruction expérimentées,
l'injection de formol s'est révélée un processus long et
onéreux. On a également envisagé d'attirer en
masse les couronnes du Christ vers la côte pour les
brûler. Mais les scientifiques craignent que le choc
causé par la capture ne libère du sperme et des
œufs, ce qui relancerait un cycle de reproduction.
Actuellement, des essais ont été faits avec des produits de traitement pour piscines, solution à la fois plus
efficace et moins coûteuse que le formol, qui oblige
en outre à retirer les animaux de l'eau. Reste qu'il est
difficile d'évaluer à long terme les effets de cette destruction massive sur l'équilibre du milieu marin, et certains spécialistes émettent les plus vives réserves. Leurs
arguments s'opposent à ceux des responsables du
tourisme, pour qui il est urgent de limiter les populations, faute de quoi les plongeurs cesseront de fréquenter les récifs ravagés.
son passage, il ne reste plus que des coraux morts...
du Christ. Toutefois, des prélèvements effectués dans
En outre, dès qu'un individu s'attaque à une colonie, d'autres ne tardent pas à affluer sur les lieux, attirés, semble-t-il, par les signaux chimiques qu'il émet
pendant son « repas », et cette concentration
aggrave évidemment les dégâts. Habituellement, ces
fléaux du monde sous-marin se nourrissent de nuit et
restent cachés tout le jour dans les anfractuosités des
la Grande Barrière de corail australienne semblent
indiquer que de tels accroissements se sont déjà produits au cours de l'histoire, si bien qu'il s'agit peut-être
d'un phénomène cyclique naturel, dont on s'émeut
seulement aujourd'hui en raison du succès croissant
de la plongée sous-marine et de la prise de
conscience des problèmes liés à l'environnement.
bras extrêmement longs
dont le nombre est invariablement un multiple de
cinq (certaines espèces en
possèdent plus de 100).
Constitués de segments calcaires articulés
recouverts d’une fine membrane, ces bras
portent de fines ramifications latérales,
pourvues de ventouses pédonculées et d’une
gouttière garnie de cils chargés d’acheminer
la nourriture jusqu’à la bouche, qui voisine
avec le cône anal. Bien qu’elles soient
capables de ramper et même de nager, les
comatules sont des organismes essentiellement sédentaires, qui vivent le plus souvent
ancrés sur les fonds marins grâce à des
appendices situés sous leur disque central.
a Cet acanthaster,
ou couronne du Christ,
est en train de dévaster
une colonie de coraux.
◄ Cette ophiure rayée se
déplace, un peu comme les
serpents, par ondulations de
ses longs bras minces.
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