- l’eau réutilisée est de toute façon épurée au point d'avoir la qualité
requise par l'administration californienne pour le contact corporel
(eau de baignade] ;
- tous les organes du réseau d’eau réutilisée, par rapport au réseau
d’eau potable, sont de type différent ou portent des marques distinctives ;
- les services du district supervisent de près toutes les opérations
faites sur le réseau d’eau réutilisée, et en tiennent un registre
spécial ;
- les particuliers raccordés à ce réseau, outre qu’ils sont informés de
ses dangers, ne peuvent utiliser l’eau non potable que dans leurs jardins avec des installations d'arrosage fixes, situées loin de l’habitation ou à son aval ; l'emploi de tuyaux souples sur ces installations
est rendu impossible ;
- l’eau réutilisée n'est fournie aux particuliers qu’à certaines heures
(grâce à des vannes munies d’horloges), de façon à en interdire la
fourniture pendant les heures de forte consommation domestique.
Compte-tenu du caractère très contraignant de cette règlementation, il
n'est pas impossible qu’elle soit assouplie après quelques années d’expérience .
5.3.
Lacs artificiels
Les risques sanitaires sont liés aux micro-organismes et aux polluants
à effet cumulatif.
Bien que n’importe quel lac ait en général un effet favorable sur la
disparition des germes pathogènes, cet effet n'est pas suffisant pour
garantir en tous temps l’innocuité de ses eaux pour des utilisations
comme la pêche ou la baignade. L’expérience californienne aboutit à la
conclusion qu’une désinfection efficace de l'eau entrante est nécessaire, avec une teneur résiduelle en chlore assez forte qui, vu l'usage
ultérieur de l’eau, n’est pas génératrice de nuisances. Même dans les
cas où le traitement tertiaire aura été particulièrement efficace contre
les germes (bassins d'infiltration, par exemple), la désinfection de
contrôle s'impose, ne fut-ce que pour prévenir les risques inhérents à
la baignade elle-même.
L’expérience du Lac de Santee, en Californie (alimenté quasi uniquement
par des eaux usées épurées et post-traitées), est un bon exemple de la
prudence dont les autorités sanitaires ont fait preuve. La mise en eau
du lac a eu lieu en 1961 ; les études de l'eau ont commencé et se sont
poursuivies pendant quatre ans, au cours desquels le public a successivement été autorisé à se promener sur la berge, à canoter et à pêcher,
jusqu’à l’autorisation de baignade en 1965. Celle-ci a d’ailleurs été
lifnitée au départ (limitation du nombre des baigneurs pendant trois semaines, abandonnée au vu du maintien de bonnes conditions d'hygiène) ;
les études de l’eau sont poursuivies, et l'identité des baigneurs est
enregistrée.
Dans cet exemple, les contraintes sanitaires dérivent de la règle suivante : la baignade n'est autorisée que si l'eau du lac a la qualité
requise des eaux de piscine quant au pH, à la turbidité, au nombre de
conformes et au chlore résiduel (au moins 0,4 mg/1 de chlore libre).
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