3.
Devenir des eaux dans les lacs artificiels
L'effet propre d'un lac -naturel ou artificiel - sur les eaux qu'il reçoit est un effet de storage. Sa nature et son caractère bénéfique ou
défavorable dépendent de très nombreux facteurs dont les influences se
renforcent ou se contrarient, sans qu'il soit toujours possible d'en
évaluer les poids relatifs : à ce point de vue, la limnologie est une
science trop jeune pour permettre une prédiction précise du devenir des
eaux usées épurées dans les lacs.
Une approche de la question peut se trouver dans les études entreprises
depuis dix ans environ dans divers pays dont la France, sur les barrages
destinés à l'alimentation en eau potable, et rendues nécessaires à cause
de l'accroissement de la pollution naturelle des eaux ruisselées. D’une
étude faite par la SLEE en 1976-1977 sur quatre retenues de barrage de
3 000 000 m3 de capacité moyenne, il ressort que les petits lacs présentent certaine fragilité qui se manifeste à des signes divers (baisse de
teneur en oxygène en fond de lac, proliférations d'algues, peu d’élimination de l'azote, sensibilité aux phosphates, risque d'apparition de
fer et de manganèse). De cette étude se dégage la conclusion, applicable à tous les lacs de volume de quelques millions de mètres cubes, que
des profondeurs supérieures à quinze mètres sont contre-indiquées à
cause des risques d’anaérobiose.
Par contre, il semble que le storage ait toujours un .effet bénéfique sur
les populations bactériennes, notamment les pathogènes.
Bien que des précautions puissent se révéler nécessaires pour vidanger
le fond d’un lac, le trop-plein d’utilisation peut être restitué directement au réseau hydrographique. On peut donc envisager de réutiliser
l'écoulement aval d'un lac comme une ressource superficielle de qualité
correspondante, avec la nécessité de surveiller de plus près les paramètres susceptibles d'être influencés par l’alimentation d'un lac.
4,
Problèmes liés au sol et au site (lacs artificiels)
4.1.
Influence des sols constituant le fond du lac
□n peut rattacher à la question du devenir des eaux dans un lac l’influence des sols qui en constituent le fond. Dans le premier lac artificiel mis en service en Californie, on a constaté une turbidite et une
couleur brune de l'eau supérieures aux normes fixées, et dues à la mise
en suspension d’éléments fins du sol et à des réactions humiques du fer
et du manganèse de l'eau entrante. De tels phénomènes sont toujours possibles et pas toujours faciles à éliminer.
4.2.
Problèmes liés au site
La constitution d'un lac artificiel de quelque usage que ce soit pose
toujours le problème de l'étachéité de la cuvette. Usuellement, les conséquences restent au niveau des quantités : une perte d'eau par le fond
signifie moins d'hectares irrigués ou d'électricité produite.
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